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Frères et soeurs
1. Nous voilà réunis, évêques et prêtres de Jérusalem ou de
passage à Jérusalem, pour célébrer la mémoire du Christ, prêtre éternel,
qui en ce jour institua notre sacerdoce, et nous invita, dans la personne des
apôtres, à perpétuer la mémoire de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection.
Aujourd’hui, notre vie spirituelle de prêtres de Jésus-Christ, notre
société en lutte sanglante, nos fidèles partie de cette lutte et la ville
de Jérusalem demandent des prêtres qui croient en leur sacerdoce, qui
croient dans le mandat reçu: “Faites cela en mémoire de moi”, des
prêtres qui puissent dans cette mémoire du Seigneur, qui opère la Rédemption
de l’humanité, manifester la présence de Dieu dans cette ville, qui
puissent le faire voir, et faire voir son amour. Nous sommes ici à Jérusalem. Dieu nous a appelés à être prêtres à Jérusalem, pour
toute notre vie, pour une partie de notre vie, ou pour un bref passage, pour
prier ou étudier ou pour tout autre aspect de service: notre mandat est le
suivant: “Faites cela en mémoire de moi, et aimez vous les uns les
autres”. Offrir le
sacrifice pour toute la ville sainte et aimer tous les hommes et les femmes
qui eux aussi sont appelés à vivre à Jérusalem, par leur naissance ou par
leur résidence. Notre mandat est d’offir le sacrifice pour eux, et de
les aider à voir Dieu: juifs, musulmans et chrétiens; les aider à découvrir,
au milieu de tant de troubles et de souffrances, que Dieu est amour et qu’il
est possible pour les hommes aussi de vivre dans l’amour et le respect
mutuels.
Pour cela il faut que nous acceptions chaque jour notre sacerdoce, que
nous le prenions au sérieux: car ce n’est pas pour nous que nous avons été
appelés, mais pour vivre avec les hommes, pour souffrir avec eux et pour leur
apprendre à découvrir l’Esprit en eux-mêmes et dans tous les événements
qu’ils vivent, et par la découverte de l’Esprit les aider à découvrir
le sens de leur vie dans cette ville sainte.
2. Le Saint-Père, cette année aussi, n’a pas manqué à sa tradition
d’envoyer en ce Jeudi Saint un message particulier aux prêtres du monde. Il
y réfléchit d’abord sur le Jubilé: “Le véritable héritage du grand
Jubilé est l’expérience d’une rencontre plus intense avec le Christ.
Parmi les nombreux aspects de cette rencontre, il me plaît aujourd’hui de
choisir, pour la présente réflexion, celui de la réconciliation
sacramentelle”. “Le Jeudi Saint, journée spéciale de notre vocation,
nous invite à réfléchir surtout sur notre “être” et en particulier sur
notre chemin de sainteté”.
Plus loin, il dit: “A cette fin, il est important pour nous de redécouvrir
le sacrement de la Réconciliaiton comme moyen fondamental de notre
sanctification. Nous approcher d’un frère prêtre pour lui demander
l’absolution que nous-mêmes donnons tant de fois à nos fidèles nous fait
vivre cette grande et consolante vérité: avant même d’en être les
ministres, nous sommes les membres d’un unique peuple, un peuple de sauvés”
“Si la crise du sacrement de la Réconciliation dépend de multiples
facteurs – de l’amoindrissement du sens du péché à la perception
appauvrie de l’économie sacramentelle par laquelle Dieu nous sauve – nous
devons reconnaître peut-être que parfois a pu jouer aussi en défaveur du
sacrement un certain affaiblissement de notre enthousiasme ou de notre
disponibilité dans l’exercice de ce ministère exigeant et délicat”.
“Il nous faut redécouvrir
notre vocation comme “mystère de miséricorde” et il faut faire redécouvrir le sacrement de la réconciliation au
peuple de Dieu”.
“Chers frères prêtres, allons de l’avant dans la joie de notre
ministère, sachant que nous avons à nos côtés Celui qui nous a appelés et
qui ne nous abandonne pas. Que la certitude de sa présence nous soutienne et
nous console. Amen.
+ Michel Sabbah
Patrairche Latin de Jérusalem |