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1.
Salut à vous tous, frères et sœurs, chrétiens, musulmans et juifs, réunis
en cette cathédrale, lieu de prière et de présence devant Dieu. Je remercie
S.E.Mgr. Doré, archevêque de Strasbourg pour son aimable et fraternelle
invitation qui me permet de vous rencontrer ce soir et de vivre ce moment de
fraternité avec vous à l’ombre de cette cathédrale et avec l’esprit de
l’Avent qui nous prépare à la joie et à la sainteté de Noël.
Frères
et sœurs, quelques uns d’entre vous ont vu dans ma présence parmi vous
l’an dernier une crainte : de ma part je vois en vous tous
indistinctement des frères et des sœurs ; en vous tous, qui que vous
soyez, je vois l’image de Dieu et son amour pour vous, juifs, chrétiens
et musulmans. Quelques uns parmi vous, peut-être, ont des opinions contraires
à ce que je vais dire ; vous restez avec toutes ces différences
l’image de Dieu, objet de son amour et donc de mon amour et de mon respect
La
Terre Sainte est la terre choisie par Dieu pour être le lieu de rencontre et
d’adoration de tous les peuples de la terre, comme dit le prophète Isaïe:
« Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de
Dieu sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des
collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle » (Is 2,2).
Aujourd’hui, Dieu, dans son profond mystère l’a voulue la ville de
rencontre des trois religions monothéistes, christianisme, islam et judaïsme.
Et nous sommes tous aujourd’hui dans la ville sainte pour adorer Dieu et
aimer indistinctement tous les enfants de Dieu, musulmans, juifs et chrétiens.
Et, cependant, la ville de Dieu est une ville disputée aujourd’hui par les
croyants en Dieu.
2.
Je vais vous parler d’abord de l’Eglise de Jérusalem, des chrétiens de
Terre Sainte et de leur rôle dans la paix. Je parlerai ensuite du conflit et
du cycle de violence dans lequel nous sommes tous pris aujourd’hui,
Palestiniens et Israéliens à la fois.
3.
Les chrétiens de Terre Sainte
A
Jérusalem nous sommes treize Eglises et treize chefs d’Eglise, trois
patriarches, grec orthodoxe, arménien orthodoxe et latin, plus 10 autres
archevêques ou vicaires patriarcaux. Nous sommes cinq Eglises orthodoxes,
grecque, arménienne, copte, syriaque et éthiopienne. Six Eglises
catholiques, latine, melkite, maronite, syro-catholique, arménienne
catholique et chaldéenne et deux Eglises protestantes, anglicane et luthérienne.
Les rapports entre nous tous sont grâce à Dieu bons. Nous nous rencontrons
souvent au Patriarcat grec orthodoxe ; ensemble, nous adressons des
messages à tous nos fidèles pour Noël et Pâques et en d’autres
circonstances quand il le faut.
Comme
chiffres, nous sommes dans les 350,000. tous, catholiques, orthodoxes et
protestants, dans toute la Terre Sainte, cela veut dire Israël, Palestine et
Jordanie. La population totale est environ 14 millions : 5
millions de Juifs, 4 millions de Palestiniens et 5 de Jordaniens.
Dans
l’Etat d’Israël, comme en Jordanie, la situation politique et sociale est
relativement stable et la vie est normale. Là où la vie n’est pas normale
c’est dans les Territoires palestiniens occupés. Comment définir
aujourd’hui l’état d’âme des chrétiens dans ces territoires ?
Les
chrétiens sont palestiniens, et comme tous les Palestiniens, ils se trouvent
en une situation d’occupation, de résistance à l’occupation et doivent
par conséquent faire face aux représailles israéliennes qui s’adressent
non pas aux seuls combattants mais à toute la population civile à la fois :
bombardement des maisons, dont plusieurs ont eu l’intérieur brûlé
ou ont subi de graves dégâts, outre la peur, surtout des petits. Il est vrai
que les milices palestiniennes tirent sur les Israéliens un peu de partout.
Ainsi la riposte israélienne vient aussi partout. Mais une distinction entre
civils et combattants reste quand même possible. Les institutions religieuses
ont eu aussi leur part dans le bombardement : clocher de l’église
orthodoxe à Beit-Jala, notre séminaire, la crèche pour bébés abandonnés
tenue par les sœurs de Saint Vincent de Paul, l’Université de Bethléem,
les Sœurs franciscaines, même la basilique de la Nativité. Parmi les gens,
une grande partie doit faire face au chômage, surtout dans tout ce qui est
domaine de tourisme. Ils sont sous siège, ne pouvant aller d’une ville à
l’autre, étouffant donc dans leurs maisons ou leurs villes et villages.
Avec tout cela, ils se demandent : quel avenir auront nos enfants ici?
Les uns supportent et acceptent les sacrifices, les autres n’arrivent plus
à supporter et partent.
Comment
définir les besoins des fidèles ?
Le
premier besoin est la paix et la
justice, celui de voir les humiliations cesser de même que les bombardements,
les démolitions et la mort. Deuxièmement, en attendant que la paix se fasse,
que la menace des bombardements disparaisse, une grande majorité, environ les
60% étant sans travail, les gens ont besoin du pain quotidien, des frais des
hôpitaux, et de tout ce qui est essentiel pour la vie quotidienne. Ils ont
besoin des frais nécessaires pour l’éducation des enfants dans les écoles.
Ils ont besoin de travail, de réparer leurs maisons bombardées. Les jeunes
ont besoin de nouveaux logements. Dans presque chaque paroisse, s’est
constitué un groupe qui tend à réaliser un projet de logements, mais après
les premiers pas ils s’arrêtent en attendant de trouver des ressources de
l’extérieur.
Avec
tout cela notre travail pastoral continue. L’effort des Eglises à marcher
ensemble continue. Nous avons terminé en l’an 2000 le synode diocésain
auquel ont pris part toutes les Eglises catholiques de Terre Sainte (latins,
melkites, maronites, arméniens, syriens et chaldéens). Nous avons établi un
plan pastoral général contenant seize thèmes. Le thème que nous avons
commencé à appliquer cette année est celui de la « communion »,
à tous les niveaux : entre les églises afin de vaincre l’esprit de séparation
dû aux différentes appartenances religieuses,
puis entre évêques et fidèles, et enfin entre les fidèles eux-mêmes
afin de constituer une véritable Eglise et famille de Dieu, capable
de faire face par sa cohésion et sa foi à la situation présente et
accepter les sacrifices requis par cette période de l’histoire
Le
siége imposé aux villes et villages rend l’accès aux paroisses difficiles
et le fonctionnement des bureaux aussi. Nous avons dû par exemple doubler les
bureaux des écoles et des tribunaux ecclésiastiques, dans les deux régions
où se trouvent les chrétiens : Bethléem au Sud de Jérusalem et
Ramallah au Nord, tout en gardant les bureaux centraux à Jérusalem. On
arrive quand même à trouver des solutions : les rencontres des jeunes
se font, les écoles fonctionnent, bien que certains élèvent ou professeurs
doivent faire des grands détours et de longues marches pour éviter les
barrages militaires et les routes bloquées.
Les écoles chrétiennes privées passent par des difficultés financières,
les parents sans travail, aidés même par les associations caritatives pour
avoir leur pain quotidien, n’arrivent plus à payer leurs scolarités. La
vie continue et chacun fait de son mieux pour survivre.
Il
faut ajouter à cela que les pèlerins nous manquent. En ces temps difficiles,
il faut un nouveau type de pèlerins, qui, précisément à cause des
difficultés, vient témoigner par sa présence, sa foi et sa prière que la
paix est possible dans la vie d’une personne humaine comme dans la vie de
deux peuples en conflit. Ils passeront avec nous une semaine et vivront avec
nous durant cette semaine ce que nous vivons toute l’année. Leur présence
et leur solidarité sera un grand soutien pour les chrétiens et un témoignage
pour tous. Je dois ajouter ici avec reconnaissance que le Conseil Mondial des
Eglises a décidé d’envoyer des observateurs d’Eglises, qui par leur présence
et leur solidarité disent aux chrétiens de Terre Sainte : vous n’êtes
pas oubliés, vous n’êtes pas seuls. Nous voici venir partager avec vous
votre vie, dans cette période difficile de l’histoire de votre pays et de
votre Eglise.
4.
Les chrétiens et la paix
Notre rôle comme chrétiens
dans la paix
Chrétiens palestiniens, nous
sommes partie du peuple palestinien, comme je l’ai dit plus haut. Nous
sommes donc présents dans l’action de ce peuple, dans son effort en tout
domaine politique et religieux et dans sa lutte pour sa liberté qui est aussi
la lutte pour la paix.
Sur le plan religieux, il y a
le dialogue entre chrétiens et musulmans qui se poursuit au fil des jours de
différentes façons. Il y a aussi un dialogue entre chrétiens et juifs. Il y
a plusieurs associations ou groupes de dialogue en Israël. Dans la très
grande majorité des cas, les partenaires chrétiens y sont des chrétiens
d’Occident. Mais il y a aussi des rencontres entre chrétiens palestiniens
d’un côté et juifs israéliens d’un autre, pour un dialogue
interreligieux qui essaie de réfléchir sur le drame vécu.
A part ces aspects, l’Eglise
essaie d’élever la voix. Elle n’est pas toujours comprise. Elle est
facilement classée pro-palestinienne, anti-israélienne. De fait l’Eglise,
chrétienne et palestinienne, reste Eglise et a le souci de tout être humain,
du Palestinien comme de l’Israélien. Elle a le souci de la paix des deux
peuples, Israélien et Palestinien. D’ailleurs, elle voit que la paix de
l’un ne peut pas être différente de celle de l’autre, ni ne peut pas se
faire aux dépens de l’autre.
L’Eglise,
au nom de tous, insiste sur la dignité humaine et sur l’égalité de tout
être humain, arabe ou juif, palestinien ou israélien, et de toute religion,
juif, musulman ou chrétien. Tous égaux, parce que tous créés par le même
Créateur, à son image et à sa ressemblance. C’est cette ressemblance
divine en l’homme qui est le principal fondement de la dignité humaine en
chacun, dans les deux parties, même en conflit et en situation de violence,
ou en rapport d’injustices et d’oppression.
Entre
les bombardements, le lancement des cailloux, les maisons démolies, les
attentats et les haines, l’Eglise parle de pardon et de réconciliation: ce
qui est un langage difficile pour tous. Elle parle de réconciliation et de
paix basée sur la justice. Car, un jour ou l’autre, la réconciliation aura
lieu. Mais personne ne semble vouloir apprendre la leçon de l’histoire;
chacun refait l’expérience à ses propres dépens: toutes les guerres de
libération, bien que les deux antagonistes y étaient toujours un faible et
un fort, ont fini par le fort qui arrive à comprendre que le faible, malgré
sa faiblesse, a raison, et qu’il a droit à sa liberté. Si on apprenait la
leçon de l’histoire, on se serait épargné tant de violences et on serait
allé directement au but, à un dialogue sincère qui ait pour but de redonner
la liberté au peuple palestinien, et, en même temps, la sécurité au peuple
israélien.
5.
Occupation et cycle de violence
Et
maintenant, le conflit et le cycle de violence dans lequel nous sommes tous
pris aujourd’hui, Palestiniens et Israéliens à la fois.
Jérusalem,
ville sainte, est aujourd’hui une ville disputée précisément par les
croyants en un même Dieu, mais aussi par deux pouvoirs politiques,
palestinien et israélien. Et dans la vision des politiciens ce n’est pas
Dieu qui a toujours la première place, ni le respect de la dignité humaine,
quelles que soient les déclarations contraires.
Jérusalem
fait simplement partie du long conflit qui a opposé depuis la fin du XIXe s.
le peuple juif et le peuple palestinien, et avec le peuple palestinien tout le
monde arabe, chrétien et musulman. Ce conflit aujourd’hui passe par la
phase la plus dure et la plus meurtrière. Le moyen pour vaincre passe par
l’écrasement de la personne humaine, palestinienne ou israélienne,
combattants, civils, hommes, femmes, bébés. Nous vivons dans un cycle de
violence, dans lequel les victimes sont nombreuses parmi les Israéliens, et
plus nombreuses encore parmi les Palestiniens. Dans la société israélienne
domine la peur. Et dans la société palestinienne aussi, en plus du chômage
et de l’instabilité générale.
En
quoi consiste ce conflit qui fait tant de morts et qui bafoue la dignité de
la personne humaine ? Malheureusement, l’image donnée par les medias
ne sont ni justes, ni bonnes pour aider à mettre fin au conflit. C’est
pourquoi, lorsque vous voyez vos télé, dites-vous, ce n’est pas tout-à-fait
cela et essayez de vous mieux vous informer. D’ailleurs l’image faussée
donnée par les medias n’aide ni les Israéliens ni les Palestiniens à
arriver à la paix. En effet les medias réduisent tout le problème à une
question de violence palestinienne à laquelle il faut mettre fin. Ou donnent
l’image suivante : Israël est en situation de légitime défense face
au terrorisme palestinien. Cette présentation n’aide pas à résoudre le
problème, parce que la vérité est autre. Il est vrai, il y a violence
palestinienne ; mais il y a également violence israélienne. Cette
violence des deux côtés doit avoir une cause : les Israéliens disent :
nous avons le droit de nous défendre contre la violence palestinienne et nous
avons droit à notre sécurité. Cela est vrai, tout peuple a droit à sa sécurité.
Mais la violence du côté palestinien doit avoir aussi une cause. La
communauté internationale, les Israéliens dans leur peur, avec leurs
victimes, devraient s’arrêter et se demander : mais pourquoi y a-t-il
toute cette violence de la part des Palestiniens ? Quelle cause la
produit ? Ils découvriront alors qu’elle a une cause, qui ne la
justifie pas, mais qui la produit, l’explique et aide à y mettre fin :
et c’est l’occupation militaire israélienne des Territoires palestiniens.
Si cette cause est écartée, toute violence cessera. Car ce que les
Palestiniens réclament c’est leur liberté et la fin de cette occupation.
Voilà
la question de fonds. Israël occupe depuis 1967 des territoires palestiniens,
le 22% de toute la Palestine, 5000k2. Une déclaration de la part d’Israël
pour dire que l’occupation de ces 22% de la Palestine doit cesser pour les
remettre aux Palestiniens mettrait fin au cycle de violence. Et la reprise du
dialogue pourrait se réaliser.
Mettre
fin à l’occupation c’est mettre fin à tout le conflit entre monde arabe
et musulman d’un côté et Israël de l’autre. C’est commencer une
nouvelle ère de paix et de prospérité pour les Israéliens et les
Palestiniens à la fois, de même que pour toute la région.
Avec
le maintien de l’occupation, la résistance palestinienne à l’occupation
et la riposte israélienne, nous restons tous pris dans un cycle de violence
qui semble ne plus se terminer. Qui aura le courage de le briser et de
nous libérer tous, Israéliens et Palestiniens ? Car tant qu’on y reste,
personne ne se défend, mais chacun ajoute au nombre de ses morts. Israël dit :
il a droit à se défendre ; cela est vrai, mais tant qu’il reste dans
le cycle de violence, il ne se défend pas et ne protège pas son peuple ;
au contraire il l’expose à plus de violence et plus de victimes. Pour protéger
vraiment le peuple israélien, il faut avoir le courage de sortir du cycle de
la violence.
Qui
en sortira le premier?
Dans
l’histoire de la libération des peuples, ce fut toujours le plus fort,
celui qui occupe, qui, à un moment donné, a vu juste et a pris la décision
généreuse et difficile de mettre fin à son occupation du pays autrui, et à
rendre la liberté à ses habitants. Aujourd’hui, il est dans le pouvoir
d’Israël qui occupe les Territoires palestiniens de faire ce pas difficile.
Un pas difficile, mais ce sera là le véritable moyen de légitime défense
et qui aura pour résultat la sécurité tellement désirée. Car si
l’occupation cesse, toute violence cesse, et chacun sera tranquille et sûr
dans ses propres frontières, et un bon voisinage commencera à se construire.
Car,
pour ma part, je ne crois pas que les Israéliens et les Palestiniens soient
condamnés à vivre toujours dans l’hostilité et la guerre. Ils sont
capables de vivre en paix et de construire ensemble une nouvelle société
palestinienne et israélienne. Que les Palestiniens et les Israéliens en
soient capables, cela est déjà prouvé. En effet à l’intérieur de
l’Etat d’Israël, un million de Palestiniens, citoyens israéliens, vivent
depuis cinquante ans ensemble, pacifiquement. Des amitiés se nouent. Il y a
collaboration en divers domaines : politique, éducation, affaires etc.
Ce qui est déjà réalisé en partie peut le devenir aussi dans les
Territoires palestiniens une fois que les Palestiniens ont repris leurs
droits.
D’ailleurs
la meilleure sécurité et la meilleure protection pour le peuple juif se
trouve dans l’amitié du peuple Palestinien, et par elle, il aura l’amitié
des peuples arabes et musulmans. Mais la condition pour cela est la fin de
l’occupation et la liberté redonnée aux Palestiniens.
C’est
pourquoi, nous avons besoin aujourd’hui en Terre Sainte, tous Palestiniens
et Israéliens, non de chefs qui nous apprennent à faire la guerre, et qui
demandent à leurs peuples d’accepter les sacrifices, y compris celui de la
vie, mais des chefs qui ont des visions de justice et de paix, et qui aient le
courage de les réaliser, quitte à payer eux de leurs personnes le prix de la
paix, i.e. le martyre. Nous avons besoin de chefs qui eux soient prêts à
accepter les sacrifices, y compris celui de leurs sièges ou de leur vie.
A
Jérusalem nous avons besoin de réconciliation. Mais qui a le courage de nous
aider en cela ? Oui, nous avons besoin de réconciliation. Nous n’avons
pas besoin de pro-palestiniens, ni de pro-israéliens, mais de gens capables
de voir dans le Palestinien et dans l’Israélien des êtres humains égaux
en dignité, également créatures de Dieu, également aimés par Dieu, et qui
ont un égal besoin de l’aide de la communauté internationale qui,
aujourd’hui, les regarde s’entretuer et n’ose pas ou se trouve incapable
de voir ce qui est juste pour les Israéliens et ce qui est juste pour les
Palestiniens, ou, si elle le voit, elle se trouve impuissante à agir.
Pour
se laver les mains et la conscience, elle se donner un prétexte pour ne pas
agir. Elle aussi réduit la question à une question de violence, et parle de
cesser-le-feu avant de pouvoir agir, alors que la violence n’est qu’un
effet d’une cause qui existe, et qu’il faut s’attaquer à la cause
d’abord, sinon l’effet reste. Et la cause de la violence en cours, nous
l’avons dit, est l’occupation. Par ailleurs, il y a des résolutions déjà
prises par la communauté internationale, il faut qu’elle ait le courage de
les appliquer.
Pour
cela, nous avons besoin de nouveaux chefs, avec vision et courage, et d’une
nouvelle communauté internationale qui ait le courage d’aider les deux
parties à retrouver les chemins difficiles de la justice et de la réconciliation.
Si
nous n’avons pas la paix aujourd’hui, ce n’est pas par manques de
solutions, mais c’est par manque de volonté et de courage. Tout a une
solution, Jérusalem, les colonies et les réfugiés. Aucun peuple ne peut
vivre aux dépens de l’autre : la répartition de la terre est arrivée
aujourd’hui à un point acceptable : 78% pour Israël et 22% pour la
Palestine. Il est dans les mains d’Israël de faire le premier pas, de dire
oui, et à la communauté internationale à l’encourager à faire ce pas nécessaire,
et ce pas sera la réalisation de la paix.
6.
Conclusion
Nous
avons commencé le temps de l’Avent, un temps de préparation pour
accueillir le message de Noël, l’annonce du Messie Sauveur, Prince de la
Paix, annonce qui remplit nos cœurs de joie.
Devant ce message et cette
annonce, la Terre Sainte, mais aussi l’humanité se trouve faire face à des
grandes manifestations de mal : cycle de violence en terre Sainte,
terrorisme dans le monde.
Terrorisme dans le monde, là
aussi il faut en chercher les causes, autant qu’on en poursuit les effets.
Les causes peuvent être dans le système mondial actuel, bâti sur les intérêts
des peuples forts, qui se permettent d’opprimer les peuples faibles, et qui
n’arrive pas à résoudre la question de la faim ou de la distribution des
richesses.
Violence
en Terre Sainte : tout croyant qui veut traiter avec la Terre Sainte doit
prendre conscience qu’il traite avec la terre de Dieu et Dieu n’admet pas
la violence ni n’admet la mort d’Abel, quel que soit Abel, palestinien ou
israélien, et quel que soit Caen, palestinien ou israélien. Jérusalem est
ville sainte et source de paix pour l’humanité. Seul celui qui la rendra
ainsi la méritera, et pourra la posséder et y vivre en paix.
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Michel Sabbah
Patriarche
Latin de Jérusalem
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