THE VOICE OF THE LATIN PATRIARCH OF JERUSALEM

FIRST HAND DOCUMENTS FROM PATRIARCH MICHEL SABBAH

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Les chrétiens en Terre Sainte aujourd’hui

 et la paix de Jérusalem

Strasbourg, 11.12.2001

1. Salut à vous tous, frères et sœurs, chrétiens, musulmans et juifs, réunis en cette cathédrale, lieu de prière et de présence devant Dieu. Je remercie S.E.Mgr. Doré, archevêque de Strasbourg pour son aimable et fraternelle invitation qui me permet de vous rencontrer ce soir et de vivre ce moment de fraternité avec vous à l’ombre de cette cathédrale et avec l’esprit de l’Avent qui nous prépare à la joie et à la sainteté de Noël.

Frères et sœurs, quelques uns d’entre vous ont vu dans ma présence parmi vous  l’an dernier une crainte : de ma part je vois en vous tous indistinctement des frères et des sœurs ; en vous tous, qui que vous soyez, je  vois l’image de Dieu et son amour pour vous, juifs, chrétiens et musulmans. Quelques uns parmi vous, peut-être, ont des opinions contraires à ce que je vais dire ; vous restez avec toutes ces différences l’image de Dieu, objet de son amour et donc de mon amour et de mon respect

La Terre Sainte est la terre choisie par Dieu pour être le lieu de rencontre et d’adoration de tous les peuples de la terre, comme dit le prophète Isaïe: « Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Dieu sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle » (Is 2,2). Aujourd’hui, Dieu, dans son profond mystère l’a voulue la ville de rencontre des trois religions monothéistes, christianisme, islam et judaïsme. Et nous sommes tous aujourd’hui dans la ville sainte pour adorer Dieu et aimer indistinctement tous les enfants de Dieu, musulmans, juifs et chrétiens. Et, cependant, la ville de Dieu est une ville disputée aujourd’hui par les croyants en Dieu. 

2. Je vais vous parler d’abord de l’Eglise de Jérusalem, des chrétiens de Terre Sainte et de leur rôle dans la paix. Je parlerai ensuite du conflit et du cycle de violence dans lequel nous sommes tous pris aujourd’hui, Palestiniens et Israéliens à la fois.

 3. Les chrétiens de Terre Sainte

 A Jérusalem nous sommes treize Eglises et treize chefs d’Eglise, trois patriarches, grec orthodoxe, arménien orthodoxe et latin, plus 10 autres archevêques ou vicaires patriarcaux. Nous sommes cinq Eglises orthodoxes, grecque, arménienne, copte, syriaque et éthiopienne. Six Eglises catholiques, latine, melkite, maronite, syro-catholique, arménienne catholique et chaldéenne et deux Eglises protestantes, anglicane et luthérienne. Les rapports entre nous tous sont grâce à Dieu bons. Nous nous rencontrons souvent au Patriarcat grec orthodoxe ; ensemble, nous adressons des messages à tous nos fidèles pour Noël et Pâques et en d’autres circonstances quand il le faut.

Comme chiffres, nous sommes dans les 350,000. tous, catholiques, orthodoxes et protestants, dans toute la Terre Sainte, cela veut dire Israël, Palestine et  Jordanie. La population totale est environ 14 millions : 5 millions de Juifs, 4 millions de Palestiniens et 5 de Jordaniens.

Dans l’Etat d’Israël, comme en Jordanie, la situation politique et sociale est relativement stable et la vie est normale. Là où la vie n’est pas normale c’est dans les Territoires palestiniens occupés. Comment définir aujourd’hui l’état d’âme des chrétiens dans ces territoires ?

Les chrétiens sont palestiniens, et comme tous les Palestiniens, ils se trouvent en une situation d’occupation, de résistance à l’occupation et doivent par conséquent faire face aux représailles israéliennes qui s’adressent non pas aux seuls combattants mais à toute la population civile à la fois :  bombardement des maisons, dont plusieurs ont eu l’intérieur brûlé ou ont subi de graves dégâts, outre la peur, surtout des petits. Il est vrai que les milices palestiniennes tirent sur les Israéliens un peu de partout. Ainsi la riposte israélienne vient aussi partout. Mais une distinction entre civils et combattants reste quand même possible. Les institutions religieuses ont eu aussi leur part dans le bombardement : clocher de l’église orthodoxe à Beit-Jala, notre séminaire, la crèche pour bébés abandonnés tenue par les sœurs de Saint Vincent de Paul, l’Université de Bethléem, les Sœurs franciscaines, même la basilique de la Nativité. Parmi les gens, une grande partie doit faire face au chômage, surtout dans tout ce qui est domaine de tourisme. Ils sont sous siège, ne pouvant aller d’une ville à l’autre, étouffant donc dans leurs maisons ou leurs villes et villages. Avec tout cela, ils se demandent : quel avenir auront nos enfants ici? Les uns supportent et acceptent les sacrifices, les autres n’arrivent plus à supporter et partent.

Comment définir les besoins des fidèles ?

Le premier besoin est  la paix et la justice, celui de voir les humiliations cesser de même que les bombardements, les démolitions et la mort. Deuxièmement, en attendant que la paix se fasse, que la menace des bombardements disparaisse, une grande majorité, environ les 60% étant sans travail, les gens ont besoin du pain quotidien, des frais des hôpitaux, et de tout ce qui est essentiel pour la vie quotidienne. Ils ont besoin des frais nécessaires pour l’éducation des enfants dans les écoles. Ils ont besoin de travail, de réparer leurs maisons bombardées. Les jeunes ont besoin de nouveaux logements. Dans presque chaque paroisse, s’est constitué un groupe qui tend à réaliser un projet de logements, mais après les premiers pas ils s’arrêtent en attendant de trouver des ressources de l’extérieur.

Avec tout cela notre travail pastoral continue. L’effort des Eglises à marcher ensemble continue. Nous avons terminé en l’an 2000 le synode diocésain auquel ont pris part toutes les Eglises catholiques de Terre Sainte (latins, melkites, maronites, arméniens, syriens et chaldéens). Nous avons établi un plan pastoral général contenant seize thèmes. Le thème que nous avons commencé à appliquer cette année est celui de la « communion », à tous les niveaux : entre les églises afin de vaincre l’esprit de séparation dû aux différentes appartenances religieuses,  puis entre évêques et fidèles, et enfin entre les fidèles eux-mêmes afin de constituer une véritable Eglise et famille de Dieu, capable  de faire face par sa cohésion et sa foi à la situation présente et accepter les sacrifices requis par cette période de l’histoire

Le siége imposé aux villes et villages rend l’accès aux paroisses difficiles et le fonctionnement des bureaux aussi. Nous avons dû par exemple doubler les bureaux des écoles et des tribunaux ecclésiastiques, dans les deux régions où se trouvent les chrétiens : Bethléem au Sud de Jérusalem et Ramallah au Nord, tout en gardant les bureaux centraux à Jérusalem. On arrive quand même à trouver des solutions : les rencontres des jeunes se font, les écoles fonctionnent, bien que certains élèvent ou professeurs doivent faire des grands détours et de longues marches pour éviter les barrages militaires et les routes  bloquées. Les écoles chrétiennes privées passent par des difficultés financières, les parents sans travail, aidés même par les associations caritatives pour avoir leur pain quotidien, n’arrivent plus à payer leurs scolarités. La vie continue et chacun fait de son mieux pour survivre.

Il faut ajouter à cela que les pèlerins nous manquent. En ces temps difficiles, il faut un nouveau type de pèlerins, qui, précisément à cause des difficultés, vient témoigner par sa présence, sa foi et sa prière que la paix est possible dans la vie d’une personne humaine comme dans la vie de deux peuples en conflit. Ils passeront avec nous une semaine et vivront avec nous durant cette semaine ce que nous vivons toute l’année. Leur présence et leur solidarité sera un grand soutien pour les chrétiens et un témoignage pour tous. Je dois ajouter ici avec reconnaissance que le Conseil Mondial des Eglises a décidé d’envoyer des observateurs d’Eglises, qui par leur présence et leur solidarité disent aux chrétiens de Terre Sainte : vous n’êtes pas oubliés, vous n’êtes pas seuls. Nous voici venir partager avec vous votre vie, dans cette période difficile de l’histoire de votre pays et de votre Eglise.

4. Les chrétiens et la paix

Notre rôle comme chrétiens dans la paix

Chrétiens palestiniens, nous sommes partie du peuple palestinien, comme je l’ai dit plus haut. Nous sommes donc présents dans l’action de ce peuple, dans son effort en tout domaine politique et religieux et dans sa lutte pour sa liberté qui est aussi la lutte pour la paix.

Sur le plan religieux, il y a le dialogue entre chrétiens et musulmans qui se poursuit au fil des jours de différentes façons. Il y a aussi un dialogue entre chrétiens et juifs. Il y a plusieurs associations ou groupes de dialogue en Israël. Dans la très grande majorité des cas, les partenaires chrétiens y sont des chrétiens d’Occident. Mais il y a aussi des rencontres entre chrétiens palestiniens d’un côté et juifs israéliens d’un autre, pour un dialogue interreligieux qui essaie de réfléchir sur le drame vécu.

A part ces aspects, l’Eglise essaie d’élever la voix. Elle n’est pas toujours comprise. Elle est facilement classée pro-palestinienne, anti-israélienne. De fait l’Eglise, chrétienne et palestinienne, reste Eglise et a le souci de tout être humain, du Palestinien comme de l’Israélien. Elle a le souci de la paix des deux peuples, Israélien et Palestinien. D’ailleurs, elle voit que la paix de l’un ne peut pas être différente de celle de l’autre, ni ne peut pas se faire aux dépens de l’autre. 

L’Eglise, au nom de tous, insiste sur la dignité humaine et sur l’égalité de tout être humain, arabe ou juif, palestinien ou israélien, et de toute religion, juif, musulman ou chrétien. Tous égaux, parce que tous créés par le même Créateur, à son image et à sa ressemblance. C’est cette ressemblance divine en l’homme qui est le principal fondement de la dignité humaine en chacun, dans les deux parties, même en conflit et en situation de violence, ou en rapport d’injustices et d’oppression.

Entre les bombardements, le lancement des cailloux, les maisons démolies, les attentats et les haines, l’Eglise parle de pardon et de réconciliation: ce qui est un langage difficile pour tous. Elle parle de réconciliation et de paix basée sur la justice. Car, un jour ou l’autre, la réconciliation aura lieu. Mais personne ne semble vouloir apprendre la leçon de l’histoire; chacun refait l’expérience à ses propres dépens: toutes les guerres de libération, bien que les deux antagonistes y étaient toujours un faible et un fort, ont fini par le fort qui arrive à comprendre que le faible, malgré sa faiblesse, a raison, et qu’il a droit à sa liberté. Si on apprenait la leçon de l’histoire, on se serait épargné tant de violences et on serait allé directement au but, à un dialogue sincère qui ait pour but de redonner la liberté au peuple palestinien, et, en même temps, la sécurité au peuple israélien.

5. Occupation et cycle de violence

Et maintenant, le conflit et le cycle de violence dans lequel nous sommes tous pris aujourd’hui, Palestiniens et Israéliens à la fois.

Jérusalem, ville sainte, est aujourd’hui une ville disputée précisément par les croyants en un même Dieu, mais aussi par deux pouvoirs politiques, palestinien et israélien. Et dans la vision des politiciens ce n’est pas Dieu qui a toujours la première place, ni le respect de la dignité humaine, quelles que soient les déclarations contraires.

 Jérusalem fait simplement partie du long conflit qui a opposé depuis la fin du XIXe s. le peuple juif et le peuple palestinien, et avec le peuple palestinien tout le monde arabe, chrétien et musulman. Ce conflit aujourd’hui passe par la phase la plus dure et la plus meurtrière. Le moyen pour vaincre passe par l’écrasement de la personne humaine, palestinienne ou israélienne, combattants, civils, hommes, femmes, bébés. Nous vivons dans un cycle de violence, dans lequel les victimes sont nombreuses parmi les Israéliens, et plus nombreuses encore parmi les Palestiniens. Dans la société israélienne domine la peur. Et dans la société palestinienne aussi, en plus du chômage et de l’instabilité générale.

En quoi consiste ce conflit qui fait tant de morts et qui bafoue la dignité de la personne humaine ? Malheureusement, l’image donnée par les medias ne sont ni justes, ni bonnes pour aider à mettre fin au conflit. C’est pourquoi, lorsque vous voyez vos télé, dites-vous, ce n’est pas tout-à-fait cela et essayez de vous mieux vous informer. D’ailleurs l’image faussée donnée par les medias n’aide ni les Israéliens ni les Palestiniens à arriver à la paix. En effet les medias réduisent tout le problème à une question de violence palestinienne à laquelle il faut mettre fin. Ou donnent l’image suivante : Israël est en situation de légitime défense face au terrorisme palestinien. Cette présentation n’aide pas à résoudre le problème, parce que la vérité est autre. Il est vrai, il y a violence palestinienne ; mais il y a également violence israélienne. Cette violence des deux côtés doit avoir une cause : les Israéliens disent : nous avons le droit de nous défendre contre la violence palestinienne et nous avons droit à notre sécurité. Cela est vrai, tout peuple a droit à sa sécurité. Mais la violence du côté palestinien doit avoir aussi une cause. La communauté internationale, les Israéliens dans leur peur, avec leurs victimes, devraient s’arrêter et se demander : mais pourquoi y a-t-il toute cette violence de la part des Palestiniens ? Quelle cause la produit ? Ils découvriront alors qu’elle a une cause, qui ne la justifie pas, mais qui la produit, l’explique et aide à y mettre fin : et c’est l’occupation militaire israélienne des Territoires palestiniens. Si cette cause est écartée, toute violence cessera. Car ce que les Palestiniens réclament c’est leur liberté et la fin de cette occupation.

Voilà la question de fonds. Israël occupe depuis 1967 des territoires palestiniens, le 22% de toute la Palestine, 5000k2. Une déclaration de la part d’Israël pour dire que l’occupation de ces 22% de la Palestine doit cesser pour les remettre aux Palestiniens mettrait fin au cycle de violence. Et la reprise du dialogue pourrait se réaliser.

Mettre fin à l’occupation c’est mettre fin à tout le conflit entre monde arabe et musulman d’un côté et Israël de l’autre. C’est commencer une nouvelle ère de paix et de prospérité pour les Israéliens et les Palestiniens à la fois, de même que pour toute la région.

 Avec le maintien de l’occupation, la résistance palestinienne à l’occupation et la riposte israélienne, nous restons tous pris dans un cycle de violence qui semble ne plus se terminer. Qui aura le courage de le briser et de nous libérer tous, Israéliens et Palestiniens ? Car tant qu’on y reste, personne ne se défend, mais chacun ajoute au nombre de ses morts. Israël dit : il a droit à se défendre ; cela est vrai, mais tant qu’il reste dans le cycle de violence, il ne se défend pas et ne protège pas son peuple ; au contraire il l’expose à plus de violence et plus de victimes. Pour protéger vraiment le peuple israélien, il faut avoir le courage de sortir du cycle de la violence.

Qui en sortira le premier?

Dans l’histoire de la libération des peuples, ce fut toujours le plus fort, celui qui occupe, qui, à un moment donné, a vu juste et a pris la décision généreuse et difficile de mettre fin à son occupation du pays autrui, et à rendre la liberté à ses habitants. Aujourd’hui, il est dans le pouvoir d’Israël qui occupe les Territoires palestiniens de faire ce pas difficile. Un pas difficile, mais ce sera là le véritable moyen de légitime défense et qui aura pour résultat la sécurité tellement désirée. Car si l’occupation cesse, toute violence cesse, et chacun sera tranquille et sûr dans ses propres frontières, et un bon voisinage commencera à se construire.

Car, pour ma part, je ne crois pas que les Israéliens et les Palestiniens soient  condamnés à vivre toujours dans l’hostilité et la guerre. Ils sont capables de vivre en paix et de construire ensemble une nouvelle société palestinienne et israélienne. Que les Palestiniens et les Israéliens en soient capables, cela est déjà prouvé. En effet à l’intérieur de l’Etat d’Israël, un million de Palestiniens, citoyens israéliens, vivent depuis cinquante ans ensemble, pacifiquement. Des amitiés se nouent. Il y a collaboration en divers domaines : politique, éducation, affaires etc. Ce qui est déjà réalisé en partie peut le devenir aussi dans les Territoires palestiniens une fois que les Palestiniens ont repris leurs droits.

D’ailleurs la meilleure sécurité et la meilleure protection pour le peuple juif se trouve dans l’amitié du peuple Palestinien, et par elle, il aura l’amitié des peuples arabes et musulmans. Mais la condition pour cela est la fin de l’occupation et la liberté redonnée aux Palestiniens. 

 C’est pourquoi, nous avons besoin aujourd’hui en Terre Sainte, tous Palestiniens et Israéliens, non de chefs qui nous apprennent à faire la guerre, et qui demandent à leurs peuples d’accepter les sacrifices, y compris celui de la vie, mais des chefs qui ont des visions de justice et de paix, et qui aient le courage de les réaliser, quitte à payer eux de leurs personnes le prix de la paix, i.e. le martyre. Nous avons besoin de chefs qui eux soient prêts à accepter les sacrifices, y compris celui de leurs sièges ou de leur vie.

A Jérusalem nous avons besoin de réconciliation. Mais qui a le courage de nous aider en cela ? Oui, nous avons besoin de réconciliation. Nous n’avons pas besoin de pro-palestiniens, ni de pro-israéliens, mais de gens capables de voir dans le Palestinien et dans l’Israélien des êtres humains égaux en dignité, également créatures de Dieu, également aimés par Dieu, et qui ont un égal besoin de l’aide de la communauté internationale qui, aujourd’hui, les regarde s’entretuer et n’ose pas ou se trouve incapable de voir ce qui est juste pour les Israéliens et ce qui est juste pour les Palestiniens, ou, si elle le voit, elle se trouve impuissante à agir.

Pour se laver les mains et la conscience, elle se donner un prétexte pour ne pas agir. Elle aussi réduit la question à une question de violence, et parle de cesser-le-feu avant de pouvoir agir, alors que la violence n’est qu’un effet d’une cause qui existe, et qu’il faut s’attaquer à la cause d’abord, sinon l’effet reste. Et la cause de la violence en cours, nous l’avons dit, est l’occupation. Par ailleurs, il y a des résolutions déjà prises par la communauté internationale, il faut qu’elle ait le courage de les appliquer.

Pour cela, nous avons besoin de nouveaux chefs, avec vision et courage, et d’une nouvelle communauté internationale qui ait le courage d’aider les deux parties à retrouver les chemins difficiles de la justice et de la réconciliation.

Si nous n’avons pas la paix aujourd’hui, ce n’est pas par manques de solutions, mais c’est par manque de volonté et de courage. Tout a une solution, Jérusalem, les colonies et les réfugiés. Aucun peuple ne peut vivre aux dépens de l’autre : la répartition de la terre est arrivée aujourd’hui à un point acceptable : 78% pour Israël et 22% pour la Palestine. Il est dans les mains d’Israël de faire le premier pas, de dire oui, et à la communauté internationale à l’encourager à faire ce pas nécessaire, et ce pas sera la réalisation de la paix.

6. Conclusion

Nous avons commencé le temps de l’Avent, un temps de préparation pour accueillir le message de Noël, l’annonce du Messie Sauveur, Prince de la Paix, annonce qui remplit nos cœurs de joie.

Devant ce message et cette annonce, la Terre Sainte, mais aussi l’humanité se trouve faire face à des grandes manifestations de mal : cycle de violence en terre Sainte, terrorisme dans le monde.

Terrorisme dans le monde, là aussi il faut en chercher les causes, autant qu’on en poursuit les effets. Les causes peuvent être dans le système mondial actuel, bâti sur les intérêts des peuples forts, qui se permettent d’opprimer les peuples faibles, et qui n’arrive pas à résoudre la question de la faim ou de la distribution des richesses.

Violence en Terre Sainte : tout croyant qui veut traiter avec la Terre Sainte doit prendre conscience qu’il traite avec la terre de Dieu et Dieu n’admet pas la violence ni n’admet la mort d’Abel, quel que soit Abel, palestinien ou israélien, et quel que soit Caen, palestinien ou israélien. Jérusalem est ville sainte et source de paix pour l’humanité. Seul celui qui la rendra ainsi la méritera, et pourra la posséder et y vivre en paix.

+ Michel Sabbah

Patriarche Latin de Jérusalem

 

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