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| III. L'existence de Dieu et ses attributs
III.1. Les preuves de l'existence de Dieu: Nous pouvons distinguer avec une certaine précision quatre preuves pour l'existence de Dieu dans le traité de Ibn Thofail. On peut les appeler: preuve cosmologique; preuve basée sur l'existence d'une connexion nécessaire entre les causes et les effets; preuve basée sur l'argument de la création ou l'éternité du monde; preuve fournie par l'intuition. III.1.1. La preuve cosmologique:
Cette cause doit être ou contingente ou non contingente; si elle est contingente elle doit avoir une autre cause pour la produire. Quand on examine la source de la venue d'un corps à l'être, on remarque qu'il doit être changeant et contingent pour justifier sa génération. Donc, les faits de la nature doivent toujours avoir besoin d'un producteur. Et une série d'êtres contingents qui produisent les uns et les autres ne peut pas être logiquement infinie, sous peine de tomber dans une régression infinie. C'est pourquoi, les séries de causes et effets doivent arriver à une cause qui détient son existence d'elle-même, et que Ibn Thofail appelle l'Etre Nécessaire. Cet Etre Nécessaire est un agent immatériel, qu'on ne peut saisir à travers les sens, mais par un raisonnement discursif. Il n'a pas besoin de une cause externe pour son existence. C'est un Etre Existant Nécessaire, ce que signifie qu'Il fournit la garantie rationnelle de l'existence des autres entités. "Ayant reconnu que toutes les choses existantes sont son oeuvre, il les examina désormais d'un autre point de vue, pour y trouver des exemples de la puissance de leur auteur, pour y admirer sa merveilleuse industrie, sa subtile sagesse et sa science profonde. Il découvrit dans les moindres choses qui existent, sans parler des plus grandes, des marques de sagesse, un art prodigieux, qui le confondirent d'admiration; et il tint pour indubitable que cela ne pouvait être que l'oeuvre d'un auteur souverainement parfait, et (même) au-dessus de la perfection, "à qui n'échappe pas le poids d'un corpuscule dans les cieux ou sur la terre, ni rien qui soit plus petit ou plus grand" ... Il connut ainsi qu'il est le plus généreux des généreux, le plus miséricordieux des miséricordieux. Et chaque fois qu'il voyait dans l'univers une chose douée de beauté, d'éclat, de perfection, de puissance, ou d'une supériorité quelconque, il reconnaissait en elle, après réflexion, une émanation de cet Auteur, un effet de son existence et de son action" C'est essentiellement l'argument de Ibn Thofail sur la cause première, que nous pouvons formuler de cette manière dans le traité: Si quelque chose existe et dans un processus de génération et de corruption, c'est une chose contingente, qui nécessite un être nécessaire absolu qui doit être non contingent. Hayy a observé que toute les choses qui existent sont en génération et corruption constantes. Donc, un Etre Absolu Nécessaire doit exister. III.1.2. La preuve basée sur l'existence de une connexion nécessaire entre les causes et les effets: Cet argument dérive de l'observation que Hayy fait de l'identité changeante des formes ou de la nature des objets. Hayy se demande à propos de ce qui produit la forme nouvelle inhérente à la matière. En ce qui concerne la matière, chaque fait ou corps n'est pas distingué des autres, mais ce qui distingue les entités nouvelles dans leur nature unique et leurs fonctions particulières, c'est la forme qui émerge mais qui n'est pas visible. Tout ce que Hayy pouvait voir c'est l'apparence d'un corps nouveau accompagné par d'une nouvelle forme cause des activités de ce corps. La force qui produit cette forme nouvelle était absente du champ perceptuel de Hayy, car elle n'a pas un fondement sensible. Hayy a vu que le feu et le soleil ont la capacité de fondre la glace; mais, il n'était pas capable de voir le feu et le soleil faire ce qu'ils semblent faire, et de percevoir comment ils travaillent sur la glace. Ibn Thofail dit qu'on perçoit souvent un corps sans certaines qualités puis un corps avec des qualités nouvelles; c'est-à-dire que la connexion nécessaire de cause à effet n'est pas saisissable visiblement. "D'abord, il examina l'eau; et il vit que laissée dans l'état que demande sa forme, elle manifeste un froid sensible et une tendance à se mouvoir vers le bas. Si elle est échauffée, soit par le feu soit par la chaleur du soleil, le froid l'abandonne d'abord, mais elle conserve la tendance à descendre; si son échauffement devient considérable, alors elle perd la tendance à se mouvoir vers le bas, elle tend à se mouvoir vers le haut: et elle a perdu entièrement les deux attributs qui émanaient constamment de sa forme. Mais il ne savait rien de sa forme, sinon que ces deux actions émanent d'elle; que lorsqu'elle les perd, la forme même disparaît, et la forme aqueuse abandonne ce corps, du moment qu'il manifeste des actions dont la nature est la manifestation d'une autre forme; qu'il survient en lui une autre forme qu'il n'avait pas auparavant, et qu'il émane de ce corps, grâce à cette forme, des actions dont la nature n'est pas d'en émaner tant qu'il possède la première forme. Or, il savait, en vertu d'un (principe) nécessaire, que tout ce qui est produit exige un producteur" . Nous pouvons exprimer ce processus en disant simplement que le corps a la disposition de posséder certaines fonctions. Mais le corps ne peut pas être la cause de ces fonctions car il n'a pas la sensibilité et les qualités propres à celles-ci; et puis, comment une forme peut-elle produire, ou changer pour une autre forme différente? Ibn Thofail dit qu'aucun objet matériel ne peut se mouvoir par lui-même, et qu'aucune forme ne peut indépendamment, se changer en une autre. Par conséquent, et par une nécessité rationnelle, il faut qu'il y est un Etre Nécessaire incorporel qui soit la cause efficiente et la garantie de l'uniformité et de l'ordre parmi les corps et les formes dans l'univers. C'est Dieu qui produit toutes les choses et agit à travers elles. On peut résumer cet argument: Puisque l'expérience ne peut pas révéler une force productive et une connexion nécessaire entre les épisodes naturels, l'unique voie rationnelle qui nous reste est de poser un être qui est la source de la force dans l'univers. III.1.3. La preuve basée sur l'argument de la création ou l'éternité
du monde:
III.1.3.1. La première thèse: la doctrine de l'éternité: Quand il s'attachait à la doctrine de l'éternité, bien des objets l'arrêtaient, tirés de l'impossibilité d'une existence illimitée, et semblables au raisonnement par lequel il avait reconnu l'impossibilité de l'existence d'un corps sans limites. En outre, il voyait que ce monde n'est pas exempt d'accidents produits, et qu'il ne put leur être antérieur; or, ce qui ne peut être antérieur aux accidents produits est aussi produit. III.1.3.2. La deuxième thèse: la doctrine de la production
du monde:
En admettant que le monde est éternel dans le passé, qu'il a toujours été tel qu'il est, et que le néant ne l'a point précédé, il en résulte nécessairement que son mouvement est éternel, sans commencement, puisqu'il n'a pas été précédé d'un repos à la suite duquel il aurait commencé. Mais tout mouvement exige nécessairement un moteur;...Par conséquent, le monde entier tient seulement sa réalité de sa disposition à recevoir l'impulsion de ce moteur exempt de matière, de qualité corporelles, de tout ce qui est accessible au sens ou à l'imagination; et si ce moteur est l'auteur des divers mouvements du ciel, (qu'il produit) par une action invariable, continue, indéfectible, sans aucun doute il a pouvoir sur eux et les connaît. Dans ce cas, le monde est certes éternel, mais aussi éternellement dépendant. III.1.3.4. Argumentation de la deuxième thèse: "Et il vit, en effet, que s'il supposait le monde produit, surgi à l'existence en succédant au néant, il résultait de là nécessairement qu'il ne peut avoir surgi à l'existence de lui-même; qu'il lui a fallu un auteur pour l'y faire surgir. Et cet auteur ne peut être atteint par aucun des sens. Car, s'il était atteint par un sens, il serait un corps; s'il était un corps, il ferait partie du monde, il aurait été produit, et aurait eu besoin d'un producteur; et si ce second producteur était aussi un corps, il aurait eu besoin d'un troisième producteur, ce troisième d'un quatrième, et ainsi de suite à l'infini. Le monde exige donc un auteur qui ne soit pas un corps. S'il n'est pas un corps, il ne saurait être atteint par aucun sens, car les cinq sens n'atteignent que les corps ou ce qui est inséparable des corps" . III.1.3.5. Le résultat: la nécessité d'un Auteur: "Les deux thèses établissaient également l'existence d'un Auteur incorporel, qui n'est ni joint à aucun corps ni séparé d'aucun corps, ni à l'intérieur ni à l'extérieur d'aucun corps, car jonction et séparation, intériorité et extériorité, ne sont que des déterminations des corps, et il en est exempt" Nous pouvons résumer cet argument avec cette phrase que Ibn Thofail utilise maintes fois: "Il comprit que toutes les choses qui existent ont besoin, pour exister, d'un Auteur, et qu'aucune d'entre elle ne peut subsister que par lui: il est leur cause, et elles sont ses effets, soit qu'elles aient passé à l'existence après avoir été précédées du néant, soit qu'elles n'aient point eu un commencement dans le temps et que le néant ne les ait nullement précédées; car dans l'un et l'autre cas elles sont causées, elles ont besoin d'un auteur et dépendent de lui pour l'existence" Au début, Ibn Thofail suppose la production du monde et essaie
rationnellement de déduire les conséquences de cette thèse. Son point de
vue, le monde est que le monde ne peut pas arriver à l'Etre seulement ex
nihilo, et qu'il doit y avoir par nécessité logique un auteur producteur
de son existence. Cet auteur ne peut être un corps, à moins que sa nature
et son destin ne soient pas comme les objets matériels, car en ce cas il
aurait besoin d'un producteur. Si ce producteur est physique, il aura besoin
lui-même d'un troisième, d'un quatrième, et ainsi de suite, à l'infini,
ce qui est absurde. Le monde doit donc avoir une cause incorporelle. Et
puisque cette cause n'est pas physique, elle ne pourra être perçue à travers
les sens, et par conséquent transcende les qualités sensibles.
III.1.4. La preuve fournie par l'intuition et l'élévation mystique: C'est une preuve subjective pure, mais selon notre auteur, c'est la plus certaine, la plus claire et la plus vraie. Selon Ibn Thofail, l'intuition est une méthode pour connaître Dieu, et confirme les preuves précédentes et les surpasse jusqu'à l'appréhension de la nature divine de Dieu Lui-même. En d'autre paroles, le subjectivisme affirme avec plus d'intensité les résultats de la procédure naturelle. Ibn Thofail dit qu'on peut arriver à la connaissance de Dieu par la voie de la science spéculative et de la réflexion, mais aussi par une autre voie qui selon lui "se distingue par une grande clarté, parce que l'intuition s'y produit avec une qualité que nous appelons force par pure métaphore, faute de trouver, soit dans la langue générale, soit dans la terminologie technique, des mots propres à rendre la qualité avec laquelle se produit cette intuition" . "Cet état dont nous avons parlé, et dont la demande nous a incité à éprouver le goût , est du nombre de ceux qu'a signalés le maître Abou 'Ali (Ibn Sina), à l'endroit où il dit: "Puis, lorsque la volonté et l'exercice (mystique) l'ont conduit jusqu'à un certain degré, il entrevoit, comme en de fugitives lueurs d'aurore, des apparitions rapides et suaves de l'Etre Véritable (Dieu), semblables à des éclairs qu'il verrait luire à peine et disparaître. Puis, ces illuminations soudaines se multiplient s'il persévère dans l'exercice; il devient expert à les provoquer, si bien qu'enfin elles lui arrivent sans exercice. Chaque fois qu'il aperçoit un objet, il se détourne de lui vers l'Auguste Sainteté pour considérer quelque chose d'elle: vient alors une nouvelle illumination soudaine; et peu s'en faut qu'il ne voie l'Etre Véritable en toutes choses. Enfin, cet exercice le conduit à un point où son état momentané se meut en quiétude parfaite; ce qui était furtif devient habituel, ce qui était une faible lueur devient une flamme éclatante; il arrive à une connaissance stable, semblable à une société continuelle" . Il décrit ainsi les degrés successifs jusqu'à l'obtention de l'union
mystique, état dans lequel "son être intérieur devient un miroir poli orienté
du côté de l'Etre Véritable. Alors, les jouissances d'en haut se répandent
abondamment sur lui; il se réjouit en son âme des traces de l'Etre Véritable
qu'il y saisit; en cette situation, il regarde d'une part vers l'Etre Véritable,
de l'autre vers lui-même, et il flotte encore de l'un à l'autre. Enfin,
il perd conscience de lui-même: il ne considère plus que l'Auguste Sainteté,
ou s'il se considère lui-même, c'est seulement en tant qu'il considère
l'Etre divin; et c'est alors qu'a lieu l'union intuitive".
En substance, Ibn Thofail nous dit que l'homme qui se débarrasse des occupations mondaines, peut concentrer ses regards, son intériorité, et ses passions, vers la Source Première de toutes choses, et obtient une transformation subjective décisive et se trouve lui-même face à face devant Dieu. Il renonce au monde phénoménal "Il ne resta que l'Unique, le véritable, l'Etre permanent" . Cette preuve est supérieure aux autres et ne peut être exprimée qu'à travers des métaphores: "Il comprit sa parole et entendit son appel (de Dieu), bien qu'il ne connût aucun idiome ni pour le comprendre ni pour le parler. Il s'abîma dans cet état; et il perçut "ce qu'aucun oeil n'a vu, qu'aucune oreille n'a entendu, qui ne s'est jamais présenté au coeur d'un mortel" . C'est pourquoi l'auteur conseille au lecteur de ne pas chercher à comprendre cet argument rationnellement car il est inaccessible à la raison humaine (laissée à elle-même).: "N'attache donc pas ton coeur à la description d'une chose que ne peut se représenter un coeur humain. Car beaucoup de choses que se représente le coeur des humains sont difficiles à décrire; mais combien plus encore une chose que le coeur, ne saurait arriver à se représenter, d'aucune manière, car n'appartenant pas au même monde que lui, et n'étant pas du même ordre!" III.2. Les attributs de Dieu: Ibn Thofail suit Plotin et les Mu'tazilites (Rationalistes musulmans) dans sa description des attributs de Dieu; il essaie à tout prix d'exclure de Dieu toutes les qualités physiques et humaines, et d'affirmer que l'essence de Dieu est une et incorporelle. La diversité n'existe pas dans sa nature, mais la propriété du monde de l'apparence. Dans le cas de Dieu, l'existence est identique à l'Essence, et ce n'est pas par accident comme dans l'univers physique. C'est pourquoi il est impossible de faire une description des attributs de Dieu sinon par un langage métaphorique qui inclut deux sortes de qualités ou attributs: positifs et négatifs: "Il considéra donc les attributs de l'Etre nécessaires. Au cours de ses spéculations théoriques et avant d'aborder la pratique, il lui était apparu que ces attributs sont de deux sortes: des attributs négatifs, comme l'exemption de la corporéité et des attributs des corps, de ce qui en est une conséquence, et de ce qui s'y rattache, même de loin. Et les attributs positifs impliquent cette exemption, pour que rien ne se trouve en eux des attributs des corps, en particulier la multiplicité. Donc, ces attributs positifs ne rendent point multiple son essence, et il reviennent tous à une seule notion qui est son essence même" Les attributs positifs sont la connaissance, la force, la sagesse, la générosité, la miséricorde et la perfection: "Il a été démontré, en effet, que sa force, sa puissance, est infinie; que tous les corps (au contraire) sont finis, limités, ainsi que tout ce qui leur est inhérent ou en dépend d'une manière quelconque" ... "Il comprit donc que ce qu'il possède dans son essence est plus grand que (tout) cela, plus parfait, plus achevé, plus beau, plus éclatant, plus durable, sans proportion avec tout le reste" Les attributs négatifs sont la transcendance par rapport au monde physique, l'incorporiété, l'indivisibilité: " Il chercha toutes les formes de défectivité, et vit qu'il en est exempt et affranchi. Comment n'en serait-il pas exempt? La notion de défaut est-elle autre que celle de pur non-être, ou de ce qui se rattache au non-être? Et comment le non-être aurait-il quelque lien ou quelque mélange avec Celui qui est l'Etre pur, l'Etre dont, par essence, l'existence est nécessaire, qui donne à tout être existant l'existence que cet être possède, hors duquel il n'y pas d'existence, qui est l'Existence, La Perfection, la Plénitude, la Beauté, la Splendeur, la Puissance, la Science, qui est Lui? "Tout est périssable excepté sa Face" . Nous pouvons noter que la négation de tous les attributs spatiaux ou sensibles, et la réduction de tous les attributs positifs à son Essence, sont des thèses de Platon et des Mu'tazilites. Nous ne pouvons pas cependant déterminer avec certitude si Ibn Thofail connaissait ces points de vues, mais nous pouvons pour le moins affirmer la ressemblance de ses raisonnements avec les leurs. En effet, la voie négative pour l'appréhension de la nature de Dieu peut être relevée dans les discussions de Platon sur la connaissance du Bien, ce qui était adopté par Plotin qui affirmait qu'on ne peut que décrire négativement la nature de Dieu, puisqu'aucune catégorie dans notre expérience ne peut définir l'Un: "l'Un est autre que toutes les choses dont Il est cause, transcendant à tous les êtres et au-dessus de notre pensée et de nos discours...". On peut pas décrire l'Un sans se servir des catégories humaines, et en même temps aucune catégorie humaine ne peut réellement saisir l'Un. D'un autre côté, les points de vue de l'exemption complète de la corporéité en Dieu et la notion de ses attributs positifs sont les mêmes que la doctrine Mu'tazilite. Les Mu'tazilites étaient fiers d'être appelés "unitaires" (arbab al-tawhid); ils étaient fanatiques dans la négation de toute pluralité dans l'essence de Dieu, en vue de protéger l'Islam de l'influence de la philosophie de Platon concernant la réalité pré-existante, et de la notion chrétienne de la Trinité. Ils retenaient fermement que Dieu n'a aucun attribut et aucun participant dans sa puissance sur le monde. Il est connaissable, Sage et Puissant, mais cette connaissance, cette sagesse et cette puissance ne sont que des attributs positifs qui indiquent son Essence intime, Une. Ibn Thofail semble répéter littéralement la doctrine des Mu'tazilites
de l'Unicité de Dieu: "Il se confirma dans cette pensée en considérant
cette vérité dont il avait établi l'évidence, que l'essence du Véritable,
Puissant et Grand, n'admet aucune espèce de multiplicité, que la connaissance
qu'il a de son essence est son essence même; d'où résultait pour lui nécessairement
que celui qui arrive à posséder la connaissance de Son essence possède
Son essence. Or, il était arrivé à posséder la connaissance: il possédait
donc l'Essence. Mais cette Essence ne peut être présente qu'à elle-même,
et sa présence elle-même c'est l'essence; il était donc l'Essence
elle-même"
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