EYEWITNESS  FROM  BETHLEHEM
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ARTICLES & REFLECTIONS WRITTEN BY TOINE VAN TEEFFELEN
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RENCONTRE A L'ECOLE DES FRERES de BETHLEEM  LE 22/12/00

PRIERES DE PAX CHRISTI POUR LA PAIX

Le 22 décembre, 2000, environ cent personnes, principalement des Palestiniens des régions de Bethléem et de Hébron, se sont rassemblés à l'école des Frères à Bethléem pour partager la célébration de Noël pour la paix. Dans les jours précédant la célébration, plus de 150 prières et souhaits avaient été envoyés par des membres de Pax Christi de partout dans le monde entier, - des Etats-Unis, Afrique du Sud, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, France, Allemagne, Portugal, Kenya, entre autres pays. La plupart des prières ont été distribuées aux participants pour une lecture silencieuse, mais quelques-unes ont  été proclamées pendant la Sainte Messe présidée par sa Béatitude Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président international de Pax Christi. Pour souligner le caractère inter-religieux et international de l'action, les vœux furent présentés en différentes langues et par des chrétiens et des musulmans. Dans son sermon, Fr. Peter Madros, aumônier de l'école des Frères, a remercié Pax Christi et a souligné les relations entre le message de Noël, la paix et le salut.

Après la messe, les participants se sont réunis dans la cour de l'Ecole des Frères pour lâcher plus de cent ballons, emportant en l'air toutes les prières. Fuad Giacaman, directeur de l'Institut éducatif arabe et Principal de l'Ecole de Frères, a indiqué que la monté symbolique des prières vers Dieu et le monde était une réponse à toutes les pressions que les Palestiniens éprouvaient dans leur vie quotidienne - pressions physique, psychologique et économique.

Ensuite, les participants ont partagé le repas d'Iftar à l'occasion du Ramadan. Dans son discours, Mgr Sabbah a souligné que le peuple palestinien était uni dans son ardent désir de paix et de justice. Il a mentionné qu'en dépit des nombreuses difficultés de déplacement, les musulmans et les chrétiens ont réussi à se réunir pour partager les célébrations des uns et des autres et de ce fait montrer un vrai sens de la communauté. 

Susan Atallah, membre du Conseil de l'Institut éducatif arabe et Coordonnatrice de l'enseignement de l'Anglais à l'école St Joseph à Bethléem, a donné un aperçu des initiatives éducatives locales dans l'esprit de Pax Christi, (voir ci-dessous). 

A la suite de la réunion, on a raconté des histoires et les étudiants de l'école de Frères et du Camp Al-Arroub ont donné un concert. Un étudiant de l'Ecole St Joseph a lu son journal.

De notre côté, nous souhaitons remercier de tout cœur chacun et chacune de ceux qui ont envoyé une prière ou qui ont été autrement impliqués lors de la messe et de la réunion. Nous avons estimé que cette activité simple était un grand succès pour la structuration des communautés - localement aussi bien qu'internationalement. 

 Tous ceux qui ont envoyé leurs prières recevront une réponse par courrier électronique.

Après le  1er janvier, toutes les prières seront communiquées au secrétariat de Pax Christi International à Bruxelles. 

Puisse la joie des hommes sages

Etre votre Joie

Puisse l'amour du Christ Enfant

Etre votre lumière

Puisse la merveille de Noël

Réchauffer votre cœur
Puisse votre nouvelle année

Etre heureuse et lumineuse

 

MESSAGES  DE  PAX  CHRISTI  ARRIVES  EN  PALESTINE

Sa béatitude, chers amis et invités,

Je vous souhaite un accueil chaleureux ici à l'occasion de la lecture et la proclamation de tant de prières en différentes langues qui viennent de partout dans le monde, en fait, de tous les continents. Nous voudrions exprimer nos remerciements à vous, Monseigneur, en tant que Président international de Pax Christi, pour avoir aimablement accepté de présider cette messe et  nous exprimons également notre gratitude à Pax Christi international pour avoir programmé l'envoi de tant de prières. 

Il est encourageant et stimulant pour les personnes vivant ici, de se savoir connues des membres de Pax Christi à l'étranger. A l'origine, l'idée d'église et de mosquée et également de synagogue est liée linguistiquement et historiquement à l'idée de communauté. Partager des prières de partout dans le monde à un moment difficile tel qu'aujourd'hui, c'est, en effet, bâtir la communauté. On dit souvent que l'utilité des prières est d'apporter la consolation et la force intérieure ; les voici qui font bien plus : elles mettent vraiment en relation

Nous sommes venus ensemble comme éducateurs - professeurs, parents et étudiants.  (les étudiants sont aussi des éducateurs, ils s'éduquent eux-mêmes, éduquent les autres, y compris les enseignants). L'éducation est essentiellement une action de mise en relation, relations entre nous, à d'autres, à sa propre culture et à d'autres cultures. Ici en Palestine, les éducateurs traversent une période difficile, non seulement en raison des graves situations politique, économique et de sécurité, mais également parce que nous sommes actuellement empêchés de communiquer. Nous sommes très limités dans notre liberté de déplacement, de communication, de réunion, d'études en commun et de construction de la communauté. En fait, je suis sûre qu'il n'a pas été facile pour bon nombre d'entre vous de venir ici, particulièrement pour ceux venant des villages autour de Bethléem ou de Hébron.  

Quand nous-mêmes comme éducateurs nous parlons de paix, nous nous intéressons aux principes et aux pratiques des relations humaines. Dans notre contribution au travail de Pax Christi nous souhaitons appliquer les principes suivants. 
 

D'abord, il nous faut mettre en avant la voix des Palestiniens. Tandis que nous voyons des images de la jeunesse palestinienne, nous entendons à peine la voix de ces jeunes, en particulier des filles. Pourtant des possibilités ne manquent pas ici. Dans un monde moderne, conscient des médias, il y a un grand nombre d'occasions de promouvoir la voix des personnes, y compris la production de journaux intimes, des histoires orales, des sites Internet, des cours en ligne, des documentaires vidéo, des photos et des dessins. Maintenant et de plus en plus, les éducateurs palestiniens prennent des initiatives pour impliquer la jeunesse dans des projets de communication qui les relient dans les deux sens au monde. 
 

Deuxièmement, plus les circonstances sont difficiles, plus la pression de l'isolement est grande et plus pressante également est la nécessité de développer une vision globale de la paix ou en langue actuelle, une " culture de paix. " Nous devons empêcher que nous soyons piégés par une culture d'intégrité personnelle, introvertie. Quand nous parlons d'une vision de paix, nous ne voulons pas parler de paix pour en faire un slogan ou une affaire politique, mais, notre vision de la paix vient plutôt de l'espoir et du souhait de dépasser la terrible situation actuelle de déréliction, d'abandon, de crainte et d'isolement ; un espoir qui nous permet de redevenir humains et d'entrer en relation avec d'autres.
 

Troisièmement, comme éducateurs nous optons pour la non-violence. Nous suivons les paroles du patriarche dans son message de Noël. Faire ainsi ne signifie pas que nous nous isolons de ces jeunes qui défient l'armée israélienne. Ils ont été amenés à agir ainsi, poussés par des situations désespérées. Nous disons simplement qu'il devrait y avoir des manières différentes de traiter avec les autres. En s'adressant à ceux qui soutiennent les droits de chacun et au monde en générale, les moyens non-violents de persuasion ont été décisifs, dans toutes les luttes de libération humaine. D'ailleurs, comme éducateurs, nous devons empêcher que la violence ne se développe au sein des personnes, des communautés et de la société. Les moyens non-violents sont essentiels pour ne pas distendre les relations humaines.
 

Comme illustration de ces principes, je voudrais citer une partie d'un essai écrit par quatre éducateurs - étudiants de Bethléem, Jennifer Juha, Jumana Denho, Rasha Hazineh et Nisreen Ballout.
 

Il y avait un petit garçon qui tenait son jouet. C'était un pigeon qui symbolisait la paix. Tandis qu'il jouait un après-midi, il a fait un rêve. Il a rêvé d'un autre monde où il pourrait parler de ses jouets et de ses passe-temps, de ses sujets d'intérêts et de ses rêves, au lieu de parler de pistolets, de sang et de tuer, un monde où il pourrait courir et jouer avec ses amis. Il a rêvé de personnes qui se sont aimées, souriant entre elles, heureuses et en sécurité. Le bonheur était dans le cœur de tout le monde. Il n'y avait aucune guerre, aucun tank, pas de roquettes, aucun tir d'obus et de bombes. Il n'y avait pas de bruits de pleurs. Chrétiens, musulmans et juifs vivaient ensemble dans la paix, luttant ensemble contre le mal du monde. Ils parlaient de la justice. lui rêvait d'un monde meilleur Un monde entièrement de paix. Une balle, une mauvaise balle est venue comme un voleur et a pénétré son cœur. Elle a enlevé son âme et son rêve. Son pigeon était près de lui, tout à côté de son corps immobile. Mais le pigeon s'est rappelé son rêve. Il est venu à la vie et a volé loin. Il a décidé de révéler son rêve au monde. Il a décidé de faire que le monde qu'il a rêvé devienne réalité.

 
Tout en vous rendant au repas d'Iftar, vous recevrez un ballon qui emporte les prières que nous avons reçues. Nous vous invitons à envoyer le ballon, comme si c'était le pigeon, de sorte que les prières deviennent vivantes et volent au loin afin que le rêve devienne réalité.
 

Susan Atallah 

Membre du Conseil de l'Institut éducatif arabe, organisation affiliée à Pax Christi. 

Coordonnatrice de l'enseignement de l'Anglais à l'Ecole St Joseph de Bethléem.
 
 

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.Toine van Teeffelenreceived his Ph.D. in Discourse Analysis at the University of Amsterdam (1992) with a thesis on English-language bestselling stories about the Palestine/Israel conflict. His present work mainly involves community education with a focus on Moslem-Christian living together, learning about/through the local environment, and developing communication skills. He is married with a Palestinian, has a daughter of three and lives in Bethlehem.
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