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28 janvier : L'église célèbre le théologien Saint Thomas d'Aquin

Publié le: January 28 Mon, 2019

28 janvier – En ce jour, l’Église catholique se souvient du grand Saint Thomas d’Aquin, l’un des plus éminents penseurs de la philosophie scolastique du XIIIe siècle et qui a abordé différents aspects de la philosophie de l’époque : la question de la relation entre la foi et la raison, la théorie de l’âme, les réflexions sur l’autorité de la religion et de la théologie, qui subordonnent tous les domaines de la connaissance.

Si Saint Thomas n’avait pas été le dernier fils des comtes d’Aquin, l’Église catholique ne célébrerait peut-être pas aujourd’hui l’un des plus grands saints et théologiens qu’elle aime se rappeler avec fierté. Dès l’âge de cinq ans, comme cela se faisait souvent à l’époque, les parents de Thomas ont orienté leur jeune fils vers le couvent de Montecassino par l’intermédiaire de son oncle abbé afin qu’il y reçoive une éducation religieuse. Jamais auparavant il n’avait été aussi heureux : le petit Thomas a répondu avec conviction au vœu de ses parents, savourant la beauté de la vie religieuse bénédictine. Nous sommes alors en 1230.

Sur les conseils du nouvel abbé, le père de Tommaso, le comte Landolfo, envoie son fils à Naples dans l’université créée par Frédéric II afin qu’il approfondisse ses études. Une fois là- bas, Tommaso fréquente un couvent de frères dominicains, entre sans trop tarder dans le grand Ordre et portera l’habit au printemps 1244. Ce choix n’est pourtant pas du goût de sa famille. Thomas était un noble et l’ordre qu’il a choisi était un ordre mendiant. Ses frères aînés l’ont donc ramené de force au foyer familial où ils ont tenté pendant deux ans et par tous les moyens de le faire renoncer à son choix. Toutes les tentatives ont été vaines au point que la famille l’a renvoyé elle-même au couvent napolitain en 1245. Pour plus de garanties, les frères ont envoyé Thomas à Rome où il s’est placé sous la protection du maître de l’Ordre. Ce dernier l’emmène avec lui à Paris dans le cadre de sa formation.

Thomas séjourne à Paris de 1246 à 1248, avant d’être envoyé à Cologne pour y parfaire ses études. Il est devenu professeur tout en restant moine. Plongé dans ses travaux mais aidé par une prière incessante, il commence à élaborer, avec une grande clarté, des concepts jusqu’alors mal définis. Il a trouvé de nouvelles pistes d’étude. Thomas est l’un des plus éminents penseurs de la philosophie scolastique – laquelle a atteint son apogée au milieu du XIIIe siècle-  et a abordé divers aspects de la philosophie de l’époque : la question de la relation entre la foi et la raison, la théorie de l’âme, les réflexions sur l’autorité de la religion et de la théologie, qui subordonnent tous les domaines de la connaissance.

Pour Thomas, l’âme est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’âme est unique, transcendante comme Dieu, immatérielle, partie du corps et non située en un point particulier de celui-ci et inextricablement liée à lui. Dans la pensée de Thomas, l’univers a une structure rigoureusement hiérarchisée : placé au sommet par Dieu, qui se trouve comme au-delà de la physicalité, il gouverne seul le monde au-dessus de toutes les choses et entités ; en dessous de Dieu, il y a les anges (formes pures et immatérielles) auxquels Thomas attribue la définition des intelligences motrices des cieux également hiérarchisées entre elles ; puis, un pas plus bas, on trouve l’homme. Celui-ci est à la frontière entre le monde des substances spirituelles et le domaine de la corporéité. En fait, en chaque homme se trouve l’union du corps (élément matériel) et de l’âme intellectuelle (c’est-à-dire la forme, qui selon Thomas est le dernier degré des intelligences angéliques) : l’homme est la seule entité qui appartient à la fois du monde physique et du monde spirituel. Thomas est convaincu que la connaissance humaine commence par les sens. L’homme, n’ayant pas le degré d’intelligence des anges, il n’est pas capable d’apprendre directement l’intelligible, mais ne peut apprendre qu’en attribuant aux choses une forme et donc seulement grâce à une expérience sensible.

On dit qu’en raison de son caractère taciturne et de sa corpulence, Thomas fut surnommé “bœuf muet” et que lors d’une dispute, Albert le Grand s’exclama : “Oui, c’est un bœuf, mais un jour, le meuglement de sa doctrine sera entendu dans le monde entier”. En fait, il représente le point de connexion entre le christianisme et la philosophie classique.

À son retour en Italie, on lui a proposé plusieurs fois des postes ecclésiastiques, mais il n’a jamais accepté. Il est devenu un mystique. Dans la prière, il a eu des visions et a manifesté cette condition avec le ferment de son corps.

En 1274, malgré sa santé désormais fragile, il part pour le Concile de Lyon, invité par le pape Grégoire IX. Le voyage dura peu et fut interrompu à Maenza, dans le diocèse de Terracina ; là, saint Thomas fut obligé de s’arrêter car il était malade et, comme son état ne s’améliorait pas, il fut transféré à l’abbaye de Fossanova, où il mourut le 7 mars.

Saint Thomas a été canonisé en 1323 par le pape Jean XXII, qui, à ceux qui lui ont fait remarquer que l’auteur de tant de livres n’avait pas fait de grands miracles, le pape a répondu : “Que de propositions théologiques il a écrites, que de miracles il a faits”

Filippo De Grazia