Beta Version

Des volontaires français se préparent à célébrer Noël en Terre Sainte

Published: December 20 Fri, 2019

JERUSALEM – Cyril et Rémi sont tous deux volontaires à Jérusalem pour une année. L’un aide à l’accueil des pèlerins auprès des Frères Assomptionnistes, sur le magnifique site de Saint-Pierre en Gallicante, l’autre donne de son temps auprès des enfants de migrants au centre Sainte-Rachel. En cette période de l’avent, ils ont accepté de partager leur expérience de la vie en Terre Sainte avec le bureau média du Patriarcat latin.

Se préparer à Noël dans le pays de Jesus est forcément chargé de sens. Comment vivez-vous le temps de l’Avent en Terre Sainte ?

C : Ce temps de l’Avent a un goût unique mais surtout étonnant. D’abord unique car nous avons évidemment conscience d’être dans un lieu symbolique très fort. Mettre ses pas dans les pas du Seigneur est une occasion particulière de préparer Noël. Mais c’est surtout une expérience étonnante et déconcertante de vivre ce temps liturgique dans un lieu marqué par des tensions.

R : C’est évidemment une grande chance de pouvoir se préparer à fêter la Nativité de Jésus en étant dans la Terre où le Fils de Dieu est venu parmi les hommes.

Lors de l’Angélus de ce premier dimanche de l’Avent, le pape François a lancé un appel à « se détourner des voies de l’égoïsme », à « être disposé à donner et servir ». Que vous inspirent ces paroles en tant que volontaires catholiques ? C : Il s’agit d’un exercice bien difficile qui dépasse le temps de la mission et qui est le programme de toute une vie. A St Pierre en Gallicante en particulier, cette parole possède une acuité toute particulière dans la mesure où nous sommes les témoins vivant des merveilles de Dieu qui nous pousse à Lui redonner la primauté.

R: « Donner et servir », c’est bien ce qui nous anime lorsque nous venons comme volontaire en Terre Sainte, c’est l’une des raisons qui nous poussent à quitter notre pays pour nous mettre au service des chrétiens qui vivent ici. Nous apprenons ici que ce don et ce service ne sont possibles qu’en se mettant authentiquement à la suite de Jésus qui, ici-même est aller jusqu’au bout du don de soi, en nous donnant sa vie pour que nous soyons sauvés !

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique. Que signifie pour vous de démarrer cette année liturgique en Terre Sainte ?

C : Je crois que Jérusalem a une place particulière dans le cœur de Dieu. Il est des lieux ou Dieu fait des merveilles, et Jérusalem en fait partie. Ce lieu a tout pour démarrer l’année liturgique dans la bonne direction, non poussé vers des intérêts égoïstes qui amènent aux conflits.

R : Vivre une année liturgique en Terre Sainte donne une saveur toute particulière à chaque fête du calendrier. Nous sommes sur place !

Vivre cette année liturgique en Terre Sainte a-t-elle un impact sur votre pratique religieuse ? C: Nous avons une chance particulière dans le fait de vivre en Terre Sainte qui est de pouvoir fréquenter les lieux Saints. Dieu s’est révélé dans un contexte particulier, au milieu d’un peuple précis que nous découvrons peu à peu. Pour autant, ces lieux Saints sont avant tout des fontaines et des fontaines de grâce dont on ne finit jamais d’aller puiser.

Plus largement, quelle impact votre expérience de la Terre Sainte a-t-elle sur votre foi ?

C: Il est difficile de prendre du recul pendant la mission mais je crois que l’impact des échanges, des rencontres, des lieux sur lesquels on prie nous construisent. La Terre Sainte nous permet pas seulement d’éprouver par tous nos sens les passages bibliques que l’on a lu et qui ont traversé notre enfance mais il est la source d’une compréhension plus en profondeur du sens de l’Evangile à travers la vie au milieu de peuples qui cohabitent ici ensemble au XXIème siècle.

R: Le fait d’habiter ici, et de ne pas simplement passer, comme on le fait lors d’un pèlerinage, est l’occasion de se laisser imprégner par la grâce des lieux saints. Evidemment, en passant du temps ici on est aussi très marqué par cette terre blessée et déchirée. La fête de Noël sera une occasion particulière de prière pour la paix.

 Pensez-vous aller à Bethléem pour Noël /pour le temps de l’avent ?

C : Bien sûr. Bethléem est une ville incroyable, un puit de grâce. Dans un contexte politique, économique et social marqué par des tensions, Bethléem est un lieu qui nous permet de vivre ce temps de l’Avent dans la main de la mère de l’espérance.

R : Absolument ! J’y est passé le premier dimanche de l’Avent. C’était un beau moment de fête pour entrer dans l’attente de la venue de Jésus.

Propos recueillis par Geoffroy Poirier-Coutansais