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Deuxième dimanche de l'Avent, année A : "L’attente dramatique du retour du salut !", par le P. P. Madros

Publié le: December 06 Fri, 2019

Le 2ème dimanche de l’Avent A

L’attente dramatique du retour du salut !

(Is 11, 1-10 ; Rom 15, 4-9 ; Mt 3, 1-12)

(P.P. Madros)

 

La situation lamentable des Chrétiens d’Orient, celle non moins tragique, de l’Occident chrétien, nous rappellent la nécessité du renouvellement du salut comme de la ré-évangélisation. Le Sauveur était bien venu en cette terre d’Orient. Vingt siècles après son premier avènement, ces mêmes régions ont plus que jamais besoin de lui : de son sang pour que le sang cesse de couler, de sa chair pour que « toute chair voie le salut de Dieu » et que les esclaves de la chair soient libérés. Ils ont besoin de son évangile de paix pour neutraliser les idéologies  religieuses de violence, de guerre, qui ne reculent devant aucun homicide ni génocide (en Afrique aussi). En Occident, beaucoup de personnes et de sociétés ont perdu la direction de Jésus ! Il est grand temps que des personnes comme Jean-Baptiste crient à nouveau, prêchant la conversion, qui en araméen et en hébreu (et en arabe) signifie « retour » : à Dieu, à l’Evangile, à l’Eglise, aux dix Commandements, à la sanctification du mariage, à la transmission de la vie, « lumière des hommes », à la « civilisation de l’amour » en contraste avec l’amour de la civilisation que nous expérimentons dans les milieux agnostiques et –ou anti-chrétiens…

Isaïe 11, 1 -10 : le royaume de l’Emmanuel Messie

« Cet oracle est lié à Is 9, 1-6 et 7, 14. Ces passages décrivent le roi idéal, de la lignée de David… » (Coppens, « A la rencontre de Dieu »). Quelques commentaires même catholiques ne vont pas plus loin ! Voilà, il s’agit d’un souverain davidique. Mais lequel ? Pas de réponse ! Malheureusement, ce silence diplomatique insinue que nous n’avons pas ici affaire à une prophétie sur le Christ Messie fils de David, descendant de Jessé ! D’autres commentateurs admettent bien que ce passage décrit « l’ère messianique ». Pas mal ! Mais le mauvais, c’est qu’ils n’osent pas affirmer (ils ont peur de qui ?) que le roi Messie, héros de cette ère, s’appelle Jésus-Christ !

Heureusement, d’autres commentateurs, décidément plus catholiques et non moins scientifiques, comme A. Penna et H. Wansbrough, « osent » parler du rapport entre Isaïe et Matthieu 2, en soulignant que « l’Emmanuel, Dieu-avec-nous » (qui s’est réalisé littéralement dans l’Incarnation en Jésus, et en lui seul) constitue « la composante principale (the key-note) de la christologie et de l’ecclésiologie de l’évangile de saint Matthieu ».

Contrairement à notre Sauveur et à l’évangile du salut qui nous invitent à « oser » (le verbe παρρησιαζομαι revient neuf fois et le terme παρρησια « audace » 31 fois dans le Nouveau Testament), certains de nos chrétiens sont devenus fort timides pour exprimer notre foi, et parfois intrépides pour défendre et louer les autres religions ou dénominations.

Sans vouloir juger les exégètes en question, nous pouvons dire, sans offenser la susceptibilité de personne ou manquer aux « droits de l’homme », que c’est Jésus le roi davidique messie et sauveur, prince de la paix qui non seulement a vécu dans la « pax romana », mais aussi qui a proclamé, dans sa vie et ses enseignements, l’amour, la douceur, le pardon, la non-violence, et la réconciliation. Comme le remarque judicieusement Jean-Jacques Walter, les principes du Christ ont conquis des peuples auparavant barbares. Les nations suivent, tôt ou tard, leurs livres sacrés. Rien d’étonnant que les peuples chrétiens soient des plus pacifiques, et que d’autres n’en finissent jamais avec les guerres même fratricides.

Rom 15, 4-9 : leçons de l’Ancienne Alliance

Au vol, nous notons que certains ont tendance à éliminer cette expression « ancienne Alliance » (comme si elle n’était pas présente dans l’Ecriture ou comme si elle était indécente et offensive) afin de la remplacer systématiquement par « première Alliance », comme s’il ne s’agissait que d’une question de nombre et de chronologie !

Saint Paul écrit aux Romains que ce qui a été rapporté par l’Ancien Testament avait pour but de nous instruire. Parfait ! Le contexte paulinien nous invite à distinguer entre les textes descriptifs qui ne font que raconter des faits parfois regrettables et répréhensibles. Dans de tels cas, la leçon c’est de ne pas les reproduire ! Et il y a des textes prescriptifs : des lois ; et des prophéties.

Conclusion

Le salut du Messie, réalisé une fois pour toutes sur son trône royal de la Croix, est capable de s’accomplir sans cesse dans nos cœurs pénitents et désireux de délivrance !