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Mgr Pizzaballa à Bari : "Le chemin de croix fait partie de l'expérience des Eglises méditerranéennes".

Par: Filippo De Grazia / LPJ - Publié le: February 25 Tue, 2020

Mgr Pizzaballa à Bari : "Le chemin de croix fait partie de l'expérience des Eglises méditerranéennes". Available in the following languages:

BARI - Du 19 au 23 février, s'est tenue à Bari la rencontre "Méditerranée, frontière de la paix", à laquelle ont participé tous les évêques des régions limitrophes de la Mare Nostrum. Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, était également présent, au cours de cette réunion promue par le président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le Cardinal Gualtiero Bassetti.

 

Né à l'instigation de la Conférence épiscopale italienne, l'événement qui vient de se terminer a réuni 58 évêques des régions méditerranéennes. L'intention était de promouvoir, en plein dans le style synodal, une confrontation sur les thèmes communs à l'agenda pastoral des Églises méditerranéennes : la foi, la fraternité, la liberté religieuse, les guerres et la pauvreté.

 

Le Cardinal Bassetti, promoteur de l'événement, a indiqué qu'il s'était inspiré de la suggestion du maire historique de Florence Giorgio La Pira, aujourd'hui en odeur de sainteté : "la Méditerranée doit redevenir un lieu de rencontre des civilisations, un lieu de développement du christianisme, une frontière de paix. Il y a beaucoup d'injustices sur les rives de la Méditerranée, il y a des situations de guerre, d'extrême pauvreté, de réfugiés. C'est une mosaïque de problèmes, aujourd'hui, la Méditerranée...". Il espère alors que de Bari naîtra une "réponse calme mais pastorale de l'Eglise"...

 

La Terre Sainte était représentée par l'Administrateur Apostolique du Patriarcat latin, Mgr Pierbattista Pizzaballa, et le Custode de Terre Sainte, le père Francesco Patton. Ce dernier a souligné l'opportunité de travailler ensemble, également avec les musulmans et les juifs, dans l'esprit du document d'Abou Dhabi signé l'année dernière par le pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar, Muhammad Ahmad al-Tayeb. Dans ce sens, a poursuivi le Custode, "les religions peuvent et doivent apporter une contribution de valeurs fondamentales capables de soutenir la culture de la paix".

 

L’intervention de Mgr Pizzaballa

 

Le dimanche matin, dernier jour de l'événement, le Pape François a rejoint les évêques à la basilique Saint-Nicolas, pour les rencontrer avant la célébration de la Messe.

 

Mgr Pizzaballa, qui a pris la parole à la suite de son Excellence le cardinal Vinko Puljić, Archevêque de Vrhbosna, a résumé les passages saillants de la rencontre de Bari : une première phase consacrée à l'écoute mutuelle, une deuxième à l'expérience et aux propositions formulées et une dernière aux perspectives d'avenir.

 

Il a dans un premier temps décrit le tableau général qui s'est dégagé après quatre jours de discussion et d'écoute, notant malheureusement que "le sort de populations entières est asservi à l'intérêt de quelques-uns, provoquant une violence fonctionnelle aux modèles de développement créés et soutenus en grande partie par l'Occident". L'Administrateur Apostolique n'a pas nié une certaine coresponsabilité historique des Églises dans cette situation, s'excusant : "Dans le passé, les Églises ont également été fonctionnelles à ce modèle - il suffit de penser à la période coloniale - et pour cela, nous devons aujourd'hui demander pardon".

 

Aujourd'hui, cependant, la situation est clairement différente, "l'Église n'étant plus soucieuse d'occuper ou de défendre les espaces de pouvoir, elle a redécouvert l'essentiel de la foi et du témoignage chrétien". Cette redécouverte doit continuer à inspirer les Églises d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient qui "paient le plus lourd tribut", étant "décimées en nombre", restant "minoritaires", "des communautés confrontées à d'énormes difficultés et même [...] à la persécution".



Face à ces critiques, et sans ressource lorsqu'il s'agit d'orienter les décisions des puissants en accédant aux tables internationales, la seule action qui reste est de continuer à "construire des communautés et des relations qui placent la personne au centre dans tous les contextes de notre travail : dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les innombrables initiatives de paix et de solidarité". Même si ces initiatives "ne changeront pas le monde", a-t-il ajouté, "elles contribueront à créer des contextes de paix et de respect", en témoignage "de notre style chrétien qui nous place au sein de ces réalités difficiles".


 

Le dialogue est décrit comme "l'autre forme d'expression de notre vie ecclésiale". Un dialogue qui, dans ces domaines, se manifeste sous la forme d'une convivialité entre des Églises qui vivent ensemble et qui s'engagent de manière œcuménique à "établir des comités interreligieux, notamment avec les musulmans" avec lesquels nous sommes amené "à réaliser ensemble des œuvres de solidarité et de partage". Nous voulons faire grandir la fraternité et la solidarité humaine, et les transformer en expérience".

 

En clôturant son discours, Mgr Pizzaballa a enfin évoqué le rôle que les Églises méditerranéennes joueront dans un avenir proche : "dans une réalité complexe et articulée comme celle de la Méditerranée, où la pluralité est la caractéristique principale de nos sociétés, nous nous engageons à prendre en charge ses nombreuses contradictions et, même si nous ne pouvons pas les résoudre, nous pourrons apprendre et enseigner comment les vivre avec l'espérance chrétienne".

 

 

Photo de couverture tirée de Vatican News