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Journée des chrétiens d’Orient : l’urgence de soutenir nos ainés dans la foi

Par: Geoffroy Poirier-Coutansais/PLJ - Publié le: May 22 Fri, 2020

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FRANCE/ORIENT – Le dimanche 17 mai 2020 a eu lieu la Journée des chrétiens d’Orient. Organisé chaque printemps sous le patronage de l’Œuvre d’Orient, l’événement donne lieu à des conférences, des prières, des rencontres ainsi qu’à une messe célébrée dans l’un des différents rites orientaux. Dans le contexte de crise sanitaire et en raison des restrictions des manifestations toujours en vigueur dans l’Hexagone et ailleurs, l’édition 2020 a dû adapter sa programmation. S’il n’y a pas eu de rassemblement cette année, les fidèles ont en revanche été appelés à vivre cette journée par la prière, en y associant leurs paroisses, en même temps qu’étaient proposées des vidéos et conférences en ligne permettant aux catholiques latins de mieux connaitre leurs frères et sœurs orientaux.

C’est une « journée internationale en communion de prière » pouvait-on lire sur le site internet de l’Œuvre d’Orient. L’association, engagée auprès des chrétiens orientaux dans 23 pays, organise chaque année, au cours du 6e dimanche de Pâques, cette journée des chrétiens d’Orient. Une journée qui s’est tenue cette année le dimanche 17 mai et qui a permis aux catholiques français, à travers de nombreuses initiatives, de découvrir les origines du christianisme et de partir à la rencontre des chrétiens issus des différentes Églises catholiques orientales.

En raison de la crise sanitaire due à l’épidémie de COVID-19, la programmation 2020 a demandé une bonne dose d’imagination. Si les mesures de confinements ainsi que les restrictions aux rassemblements n’ont pas permis aux fidèles de vivre un temps fraternel dans les paroisses et d’y associer leurs frères et sœurs orientaux, l’Œuvre d’Orient a proposé quelques initiatives permettant de vivre cette journée par la prière.

Chaque fidèle avait la possibilité de s’associer à l’intention de prière de la journée, la transmettre à son curé, mais aussi composer sa propre prière dédiée à cette journée de communion, ou encore organiser une quête en ligne avec sa paroisse pour soutenir les chrétiens d’Orient. En parallèle l’association a mis à disposition des fidèles une bibliographie, des conférences en ligne ainsi qu’une remarquable exposition digitale permettant de mieux connaitre les chrétiens de rite oriental. Une messe s’est également tenue le 17 mai à l’occasion de la Journée, retransmise en direct sur France 2 à 11h00 et concélébrée par Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient.

Afin d’assurer la promotion de cette journée, l’association a fait appel cette année à ses volontaires sur le terrain. Malgré la crise sanitaire, beaucoup ont fait le choix de rester afin de continuer à servir les communautés auprès desquelles ils sont engagés depuis plusieurs mois maintenant. Depuis Jérusalem, Le Caire, Beyrouth ou encore Addis-Abeba, ils ont été des dizaines à transmettre des enregistrements audio du Notre-Père dans différentes langues orientales (arabe, hébreux,  arménien, éthiopien…), tandis que d’autres apparaissaient dans des vidéos où, posant auprès de leurs amis catholiques orientaux, ils appelaient à prier pour les chrétiens d’Occident.

« Pourquoi soutenir les chrétiens d’Orient ? » se demandent certains catholiques français. En quoi consiste leur « cause » ?  La cause des chrétiens d’Orient est plus que jamais d’actualité et les raisons de les soutenir ne manquent pas, comme le rappelle l’Œuvre d’Orient a l’occasion de cette journée spéciale. Victimes de discriminations et de violences sur leurs propres terres, le choix de l’émigration s’impose hélas de plus en plus à ces populations dont la présence en Orient est pourtant vieille de deux mille ans. Ils sont les gardiens d’un patrimoine matériel – lieux de cultes – et immatériel – charité, espérance et foi - qui contribue à la richesse des différentes civilisations orientales. Si la perspective d’un Moyen-Orient vidé de ses chrétiens parait inimaginable, cela ne doit pas nous faire oublier que leur nombre ne cesse de diminuer année après année... C’est pourquoi leur avenir sur leur terre dépend en partie de notre soutien.

Les chrétiens d’Orient sont très actifs dans toutes les sphères des sociétés dans lesquelles ils vivent. Un dynamisme qui s’affiche, entre autres, dans le domaine de la santé, à travers un grand nombre de dispensaires, d’hôpitaux et centres pour personnes porteuses de handicap qui accueillent toutes les personnes sans distinction. Ces établissements, comme leurs écoles, sont le plus souvent gérés par des congrégations religieuses féminines qui accordent une attention particulière à l’éducation des filles. Ce souci de promouvoir une plus grande intégration des femmes dans la société, l’accueil de la différence et le soin qu’ils accordent aux plus démunis en font des ambassadeurs de la citoyenneté et du respect des droits de l’homme.

Le réseau éducatif chrétien dans ces régions jouit par ailleurs d’une réputation d’excellence. Administrés par les congrégations religieuses et les Patriarcats, ces établissements sont fréquentés en grande partie par des élèves musulmans, et contribuent à la bonne entente entre les communautés. La richesse de cette éducation reçue, la connaissance de l’Islam et, en Terre Sainte, du Judaïsme, sans éluder les difficultés, permet néanmoins aux chrétiens d’Orient de remettre celles-ci en perspective, en même temps qu’elles font d’eux des acteurs de réconciliation, de paix et du dialogue interreligieux.

En Terre Sainte, les écoles du Patriarcat latin de Jérusalem font face à de grandes difficultés, alors que des milliers de parents frappés par les conséquences économiques de la crise sanitaire sont aujourd’hui dans l’incapacité d’honorer les frais de scolarités de leurs enfants. La pandémie a en effet gravement détérioré les conditions de vie des familles de Terre Sainte, dont beaucoup se sont retrouvées du jour au lendemain privées de revenus. Ceci met en lumière le fait que les chrétiens d’Orient, pour la plupart, vivent dans des pays n’offrant pas un système de protection sociale et de santé aussi solide qu’en Occident ou en Israël. Le Patriarcat latin, dont le réseau d’écoles accueille des enfants de tout rite et de toute confession, a lancé récemment un appel aux dons afin de permettre à quelques 12 456 élèves inscrits dans les 38 écoles du diocèse latin en Jordanie et en Palestine de remplir leurs obligations financières. Les écoles chrétiennes sont parmi les plus réputées de Terre Sainte.

A une époque où le Christianisme est associé à l’Occident dans l’esprit de beaucoup de gens, il est primordial de rappeler que la religion chrétienne est née en Orient. Les chrétiens d’Occident doivent ainsi garder à l’esprit que les chrétiens de rite oriental sont les premiers chrétiens, et par voie de conséquence, leurs ainés dans la foi. « Être catholique, ce n’est pas être latin ! souligne Mgr Gollnisch. Les chrétiens d’Orient ont aussi part à l’universalité de l’Église et il est essentiel de les y associer ».  

Chrétiens orientaux, syriaques, coptes, maronites, grec-melkites, grec-catholiques roumains et ukrainiens, éthiopiens, érythréens, syro-malankares, syro-malabares, chaldéens, arméniens… et latins rassemblés dans la prière, tel était l’esprit de cette journée de prière organisée en France et à travers tout l’Orient.