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Journée mondiale des Migrants : de la joie et des danses pour prier pour la Paix

Publié le: September 23 Mon, 2019

Journée mondiale des Migrants : de la joie et des danses pour prier pour la Paix Available in the following languages:

JAFFA – Samedi 21 septembre 2019, en l’église Saint-Antoine de Jaffa, les nombreuses communautés représentant les minorités étrangères en Israël se sont rassemblées pour célébrer la Journée mondiale des migrants et des réfugiés 2019 en présence de Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem.

 

Célébrée officiellement dans le reste du monde le dernier dimanche de septembre, soit cette année le 29 septembre, la Journée Mondiale des Migrants et Réfugiés a été avancée en Israël au dimanche 22 septembre afin qu’elle ne coïncide pas avec la fête de Rosh Hashana (la nouvelle année juive).

Le thème choisi cette année par le Pape François est « Il ne s’agit pas seulement de migrants ». En choisissant ce thème le pape François tente de faire que cette journée contribue « à ôter nos œillères », « pour que personne ne soit exclu de la société, qu’il s’agisse de résidents de longue date ou de nouveaux arrivants ». Un besoin qui est plus que jamais d’actualité dans tous les pays qui accueillent des migrants, y compris Israël.

L’atmosphère qui a accompagné cette édition a été marquée par la beauté et la joie. La journée a commencé par la Sainte Messe dans une église remplie de gens représentant des groupes du monde entier et résidant en Israël, dans un cadre évocateur plein de couleurs, de chants et de danses. En effet, des groupes issus des communautés chrétiennes et des minorités les plus diverses d’Israël étaient présents revêtus pour la plupart de leurs tenues traditionnelles : Philippins, Roumains, Africains francophones et non francophones, Indiens, Cinghalais et bien d’autres.

La messe présidée par Mgr Pizzaballa a été concélébrée par Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine et le Père Rafic Nahra, Vicaire patriarcal pour les catholiques hébréophones et le Vicariat pour les migrants et demandeurs d’asile. Près d’eux, s’étaient rassemblés tout autour de l’autel, de nombreux aumôniers et prêtres responsables des différentes communautés de migrants, dont le Père David Neuhaus SJ, ancien vicaire patriarcal des catholiques hébréophones et Fra Augustin Pelayo Fregoso, curé franciscain de la paroisse Saint-Antoine. Mgr Leopoldo Girelli, Nonce apostolique en Israël, était quant à lui assis au premier rang à côté du Consul général des Philippines, M. Randy Arquiza.

Au cours de l’homélie, Mgr Pizzaballa a d’abord exprimé sa joie devant le grand nombre de personnes et d’enfants présents dans l’église, puis il a brièvement commenté l’Evangile du 29 septembre (date officielle de la Journée des Migrants et des Réfugiés), qui raconte l’épisode de Lazare et des riches, ces derniers étant simplement définis par cet adjectif. L’archevêque n’a pas manqué de souligner les similitudes évidentes entre le thème de cet évangile et celui de la Journée mondiale des migrants. Il a rappelé que dans le monde entier, nous assistons à un grand débat sur la question des migrants, avec des théories et des positions en faveur ou contre les flux migratoires, ou sur l’évolution de ce phénomène. « Mais l’Évangile, a-t-il ajouté, n’entre pas dans ces discussions. Ce n’est pas une théorie académique. Il nous dit simplement que le Lazare de tous les temps, qui vit à notre porte et n’a que des miettes pour vivre, ne peut qu’être vu. Nous ne pouvons pas l’ignorer, le rejeter. Les théories sur le phénomène de la migration et les autres sécurités sur lesquelles nous basons nos décisions ne peuvent justifier le refus de reconnaître le Lazare d’aujourd’hui ». Et de conclure : « Nous sommes l’Église, c’est-à-dire une communauté de croyants en Christ, qui a fait de l’Évangile sa règle de vie. Si Lazare frappe à notre porte, nous ne pouvons que l’écouter. L’Evangile nous l’ordonne ».

La messe a été animée par les différents chœurs des communautés migrantes : le chœur mixte de Saint Antoine, le chœur de la communauté du Centre Pastoral Notre-Dame, Femme de Valeur, à Tel Aviv Sud, les chœurs des communautés indiennes, cinghalaises, africaines, roumaines et abyssiniennes de rite Ge’ez. Les prières des fidèles ont été récitées en plusieurs langues pour donner place à toute la diversité mais toutes étaient unis par le désir de paix et de justice.

A la fin de la messe, l’Administrateur Apostolique et les autres concélébrants ont été conduits en procession dans les locaux de la paroisse, où ils ont assisté à un programme culturel joyeux et coloré, dans lequel tous les grands groupes présents à l’événement ont exécuté des danses traditionnelles. Un déjeuner a ensuite été offert dans la cour paroissiale, préparé par les différents représentants des différentes communautés.

Filippo De Grazia