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Rencontre chez les Pères Blancs autour du dialogue islamo-chrétien

Published: December 16 Mon, 2019

JERUSALEM – Le vendredi 13 décembre, au domaine Sainte-Anne, une rencontre organisée par le comité épiscopal des religieux s’est tenue chez les Pères Blancs, lesquels fêtaient leur jubilé de 140 ans de présence à Jérusalem. L’évènement, qui avait pour thème la fraternité, a été l’occasion de discuter des rapports islamo-chrétiens, en cette année 2019 marquée par les huit cent ans de la rencontre entre Saint-François d’Assise et le Sultan Malik Al-Kamil.

Ils étaient une petite trentaine, en ce vendredi 13 décembre à se rendre à Sainte-Anne, domaine national français, à l’invitation du comité épiscopal des religieux, pour rencontrer les Missionnaires d’Afrique, ou Pères Blancs, à l’occasion du jubilé de 140 ans de présence de la congrégation en Terre Sainte.

Divers moines et religieux étaient présents, parmi lesquels Mgr Jules Joseph Zerey, Vicaire patriarcal émérite grec catholique pour Jérusalem et président du comité épiscopal des religieux de Terre Sainte, le frère Pietro Felet, Secrétaire général de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte (AOCTS), plusieurs frères assomptionnistes, dont le supérieur de la communauté, le Père Jean Daniel, ou encore le recteur de la basilique Saint-Anne, le Père Benoît Bernard.

La rencontre s’est déroulée en deux temps. Une présentation des deux congrégations présentes, Pères blancs et Trappistes de Latroun, puis une table ronde sur le thème de la fraternité, organisée dans l’esprit du document historique signé le 4 février 2019 entre le Pape François et l’Imam d’Al Azhar Ahmed Al Tayeb pour favoriser le dialogue interreligieux.

Le Frère David, Père Blanc originaire d’Irlande, a ouvert les présentations, revenant longuement sur l’histoire des Missionnaires d’Afrique depuis leur fondation en Algérie en 1868, leurs différentes missions et leur statut au sein de l’Eglise universelle. Il a ensuite cédé la parole au père Louis, trappiste de Latroun qui, à son tour, a présenté sa congrégation.

La table ronde a ensuite pris le relais. Animée par le père Frans Bouwen M.AFR, elle a réuni trois autres participants venus témoigner de leur expérience des relations islamo-chrétiennes. « Comment vivre en frères, chrétiens et musulmans, comme l’a demandé le Pape François ? La coexistence est-elle possible, et dans quelle condition ? » : telles sont les mots par lesquels le père Frans Bouwen a ouvert cette table ronde.

Le père. Gaëtan M.AFR, originaire du Burkina Fasso, a pris la parole en premier. Exposant son expérience des rapports entre chrétiens et musulmans en Afrique de l’Ouest, il a insisté sur la bonne entente qui règne entre les deux communautés –  que les nombreux mariages interreligieux viennent confirmer –  dans un contexte de concurrence entre les deux religions sur le continent africain. Le frère Amjad Sabbara OFM, curé de Jérusalem a pour sa part évoqué un projet visant à réunir les jeunes des quartiers chrétien et musulman de Jérusalem. Le frère franciscain a en outre souligné l’importance pour les chrétiens de ne pas assimiler la volonté de dialogue avec les musulmans à une prétendue « faiblesse » qui émanerait d’une minorité inquiète de son sort.

La table ronde s’est conclue par l’intervention du frère Daoud Kassabry FSC. Le directeur du Collège des Frères à Bethléem – dont plus de la moitié des élèves sont de religion musulmane – a évoqué la qualité de l’enseignement, les valeurs, et la discipline qui poussent les familles musulmanes à envoyer leurs enfants dans les écoles chrétiennes, sans mettre le voile sur les cas de repli communautaire qui se sont déjà produits au sein de l’école.

La rencontre s’est terminée par une prière des vêpres.

Geoffroy Poirier-Coutansais