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Message de Noël 2009

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FTMessage de Noël 2009
"Noël approche. A cette occasion, je souhaite Paix et Grâce à tous les habitants de cette Terre Sainte : Palestiniens et Israéliens, chrétiens, musulmans, juifs et druzes. J'adresse également mes salutations à nos fidèles de Jordanie et de Chypre, qui font partie eux aussi du diocèse de Jérusalem. La Naissance du Christ nous invite à méditer sur ces valeurs que sont la paix, l'espoir, l'amour, le partage, l'hospitalité, la compassion et la dignité humaine.

Message de Noël 2009

Je souhaite la bienvenue à tous les journalistes réunis aujourd'hui, et je vous remercie pour le beau mais difficile travail que vous effectuez. En l'accomplissant, c'est la vérité que vous recherchez et servez. De nombreux journalistes ont payé et payent encore de leur personne leur engagement envers la vérité. L'information n'est pas neutre. Elle a une réelle dimension éthique. En informant les lecteurs de ce qui se passe dans le monde, vous les formez à se faire une idée objective des événements et à se forger un jugement moral. Merci et bienvenue.  

Noël approche. A cette occasion, je souhaite Paix et Grâce à tous les habitants de cette Terre Sainte : Palestiniens et Israéliens, chrétiens, musulmans, juifs et druzes. J'adresse également mes salutations à nos fidèles de Jordanie et de Chypre, qui font partie eux aussi du diocèse de Jérusalem. La Naissance du Christ nous invite à méditer sur ces valeurs que sont la paix, l'espoir, l'amour, le partage, l'hospitalité, la compassion et la dignité humaine.

1. Nos rêves d'une Terre Sainte réconciliée semblent une utopie. Malgré les louables efforts déployés par les politiques et les hommes de bonne volonté pour trouver une solution au conflit en cours, nous tous, Palestiniens et Israéliens, avons échoué à faire advenir la paix. La réalité est un démenti à nos rêves. En voici quelques exemples :

A. Les Palestiniens n'ont toujours pas d'État propre où ils puissent vivre en paix et en harmonie avec leurs voisins israéliens ; ils souffrent toujours de l'Occupation, des difficultés économiques, de la destruction des maisons à Jérusalem-Est et de divisions politiques internes ; des milliers de personnes vivant à Jérusalem, à Gaza ou dans les Territoires palestiniens sont en attente de regroupement familial; un an après la guerre, Gaza souffre encore du siège économique, des entraves à la liberté de mouvement, de la contamination de son eau douce et de la pollution de la mer par les eaux usées, situation qui met en danger la santé de 1,5 millions de citoyens, dont 50% ont moins de 14 ans.

B. Le statut final de Jérusalem est encore en discussion. Les nombreux changements actuels, en tendant à faire de Jérusalem une ville exclusive, risquent d'altérer la vocation de la Ville Sainte à être une ville universelle pour les trois religions et les deux peuples. Jérusalem est appelée à être une ville dans laquelle les habitants cohabitent pacifiquement. Malheureusement, la Mosquée d'Al Aqsa a été récemment le théâtre d'affrontements entre des juifs fondamentalistes – qui ont tenté d'envahir Al Haram Al Sharif – et des jeunes Palestiniens qui voulaient défendre leur lieu saint. L'impact de ces événements regrettables ne doit pas être sous-estimé.

C. Les Israéliens vivent dans une grande peur, ce qui les empêche de prendre des décisions courageuses pour mettre fin au conflit. Le Mur de Séparation est une manifestation concrète de cette peur. Par ailleurs, nous espérions ardemment que l'échange de prisonniers entre Israéliens et Palestiniens aboutirait et donnerait des raisons de croire au succès possible d’autres bonnes initiatives. Le retard pris dans cette affaire nous déçoit beaucoup.

2. Néanmoins notre espérance est toujours vivante. L'espérance est la “capacité de voir Dieu au milieu des difficultés. Elle nous encourage à changer la réalité dans laquelle nous nous trouvons. Espérer signifie ne pas céder au mal, mais au contraire lui faire face” (Document Kairos Palestine, 2009). Tout n'est pas désespéré en Terre Sainte. Voici quelques signes positifs :

A. Le gel partiel de la construction de colonies et la suppression de plus de cinquante check points en Cisjordanie. Cette décision de l'Armée israélienne a nettement amélioré la liberté de mouvement des Palestiniens, ainsi que la situation économique. Ce n'est pas suffisant, mais c'est un pas en avant. Nous espérons que d'autres suivront bientôt. Par ailleurs, les Palestiniens expriment de plus en plus leur résistance de façon non violente, ce qui est un autre pas en avant.

B. La générosité de la communauté internationale. Suite à la guerre de Gaza, des gouvernements, des Eglises et des particuliers ont mis en place une chaîne de solidarité. Ce soutien financier de la communauté internationale est un beau signe. Nous remercions tous les donateurs et les assurons de nos prières en ce temps de Noël.

C. La visite du Saint-Père en mai 2009. Le pape Benoît a été bien accueilli en Jordanie, en Israël et en Palestine. Un grand merci aux gouvernements des trois pays. Il est venu ici comme pèlerin de la paix et de la réconciliation. “Plus jamais d'effusion de sang ! Plus jamais de combats ! Plus jamais de terrorisme ! Plus jamais de guerre ! Au contraire, brisons le cercle vicieux de la violence.” Nous pouvons ajouter : Plus jamais d'antisémitisme, d'islamophobie, de peur et de haine. Les différents discours, homélies, rencontres et gestes du Saint-Père ont eu pour but de promouvoir le dialogue interreligieux et œcuménique, la réconciliation et la justice, et d'encourager la communauté chrétienne à rester en Terre Sainte et à prendre une part active à la vie du pays. Aujourd'hui encore nous continuons de récolter les fruits de sa visite :

a. La venue massive de pèlerins. Selon le ministère israélien du Tourisme, au cours du seul mois d'octobre dernier, 330 000 pèlerins ont visité la Terre Sainte. En nombre de visiteurs, l'année 2009 égalera l'année 2000 qui, avec 2,7 millions de pèlerins, détenait le record dans l'histoire des pèlerinages.

b. La construction à Bethléem d'une nouvelle Clinique pédiatrique Benoît XVI, principalement financée par la Fondation Jean Paul II et diverses institutions catholiques et civiles italiennes.

c. L'Université de Madaba, en Jordanie, dont le pape Benoît XVI a béni la première pierre lors de sa visite. Par ce projet nous voulons contribuer à offrir une éducation d'excellence, comme nous essayons déjà de le faire à l'Université de Bethléem.

d. La construction à Jérusalem d'un complexe résidentiel pour 72 jeunes couples. Jérusalem-Est souffre d'une grave pénurie de logements ; il est toujours difficile d'obtenir les permis de construire ; les travaux sont coûteux. Ce projet pilote est destiné à inspirer les suivants.

e. La décision courageuse de Benoît XVI de convoquer un synode pour le Moyen-Orient, synode qui aura lieu en octobre 2010. Cela nous donnera l'occasion de nous concentrer à nouveau sur les grands défis auxquels les Eglises sont confrontées au Moyen-Orient.

f. La béatification de sœur Marie Alphonsine, fondatrice des Sœurs du Rosaire. Ce grand événement signifie que les fidèles, remplis de joie et de fierté, peuvent trouver en elle un modèle de vertus héroïques et s'appuyer sur sa prière. Je tiens à souligner le fait que cette sœur est née à Jérusalem, à quelques mètres seulement du Patriarcat latin. Elle a aussi servi dans différentes paroisses de Terre Sainte, dont la Jordanie. Elle est un modèle à suivre. Nous célébrerons sa fête chaque année, le 19 novembre.

Conclusion. Le cadeau que nous désirons le plus, par-dessus l'argent et la richesse, c'est la paix. Tel est le souhait de tous les habitants de cette Terre, Israéliens comme Palestiniens. La paix est un don de Dieu aux hommes de bonne volonté. Nous avons à la mériter. Nous savons qu'il y a beaucoup d'hommes et de femmes de bonne volonté parmi les Israéliens et les Palestiniens. Nous prions pour qu'un jour la belle vision d'Isaïe devienne une réalité : “Il arrivera dans l'avenir que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle (...) De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre” (Is 2, 2-5).

 Joyeux Noël et sainte année à vous tous!

+ Fouad Twal, Patriarche

Mise à jour le Mardi, 22 Décembre 2009 09:45  
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