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News from the Latin Patriarchate

50ième Anniversaire
Asile des Vieillards Abu-Dis, Jérusalem

Homelie - Sa Béatitude Monseigneur Sabbah

Dimanche, 23 Septembre 2007

Mes frères les Evêques, les prêtres, religieux, et religieuses
Monsieur le Consul Général de France
Révérende Mère Générale… , 
Mes frères et soeurs

Nous célébrons aujourd’hui le 50e anniversaire de l’arrivée des Religieuses de N.D. des Douleurs à Jérusalem et l’établissement de l’asile des vieillards ici à Abu-Dis. Une maison qui a servi la personne humaine et qui continue à la servir, pour l’amour de Jésus-Christ, et en communion avec la Vierge Marie, N.D. des Douleurs, patronne de la Congrégation. Des hommes et des femmes, arrivés à la fin de leur vie terrestre, et qui ont besoin de l’amour d’autres personnes pour les accompagner dans la dernière étape de leur vie, ont trouvé ici dans les Religieuses de Notre-Dame des Douleurs les personnes qui les entourent de l’amour dont ils ont besoin.

Nous rendons grâce à Dieu pour tout le bien accompli, pour l’amour vécu dans cette maison durant ces 50 années passées, de la part des religieuses comme de la part de beaucoup de volontaires surtout de la France, et de la part de tous les employés qui touchent leur salaire mais qui, eux aussi, à la vue de l’exemple des religieuses, apprennent à aimer les personnes qu’ils servent, et apprennent à voir en eux la personne de Jésus Christ ou l’image de Dieu, Créateur et Père aimant de tous les hommes.

Ici, la parole de N.S.Jésus-Christ nous vient naturellement á la mémoire: “Tout ce que vous faites à l’un de mes frères c’est à moi que vous le faites…J’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité” et soigné (cf Mt 25,35-36.40).
Il y a 50 ans, le Patriarche Alberto Gori, accompagné de ses chanoines, d’un nombre de son clergé, et de son chancelier d’alors, devenu ensuite son successeur, Patriarche Jacques Beltritti, a inauguré cet asile par une messe pontificale. J’étais moi-même présent comme Maître de cérémonies, étant alors professeur d’arabe au Séminaire de Beit-Jala. Le séminaire avait assuré le service liturgique, comme aujourd’hui encore.

C’était en 1957. Les religieuses comptaient sur la Providence et allaient de maison en maison demander l’aide et la charité non seulement des fidèles de l’Eglise de Jérusalem, mais de toute personne de bonne volonté parmi les habitants de cette Terre Sainte.

C’était en 1957. Autres temps. Le Conflit était alors limité à la partie prise par Israël en 1948 pour y fonder son Etat, dont la partie Ouest de Jérusalem. La partie où nous nous retrouvons aujourd’hui connaissait encore la liberté de mouvement, la liberté d’aller librement vers la Jordanie et les autres pays arabes ou du monde, sans les complications des permis ou des visas à renouveler chaque fois… Il n’y avait pas le mur non plus qui se dresse aujourd’hui juste face à cet asile comme pour dire: arrêtez-vous, ici est la fin de votre liberté. Nous espérons avec notre rappel dans la prière de ces années passées que le Seigneur rendra la liberté, la dignité et la sécurité à toute personne humaine dans cette ville sainte, ville de la réconciliation et non de division ou de limitation de la liberté de personnes que Dieu créa pour être libres.

Avec joie, nous remercions le Seigneur, pour toutes les grâces que le Seigneur nous a accordés en ces 50 années, aux religieuses d’abord, aux personnes âgées qu’elles ont servies, à leurs volontaires et employés, à tout le diocèse et á toute la Terre Sainte.
Nous félicitons les Religieuses pour l’oeuvre humaine accomplie par elles. Nous les félicitons et nous les remercions. Le diocèse du Patriarcat Latin, l’Eglise de Jérusalem, la Terre Sainte, chères soeurs, vous disent aujourd’hui: merci.

Frères et Soeurs,
Nous fêtons aujourd’hui les 50 années écoulées, quoique avec du retard sur le 15 septembre, en la fête de la Vierge Marie, mère de tous ceux et celles qui souffrent.

L’Evangile de St Jean (19,25-27) que nous venons d’écouter, dit : “Près de la Croix de Jésus se tenait sa mère, et la soeur de sa mère, elle aussi, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : “Femme, voici ton fils”. Puis il dit au disciple : “Voici ta mère”.

Voilà les racines de la vocation des Religieuses de Notre Dame des Douleurs : la Croix et tout près de la Croix Marie sa mère. Et c’est l’idéal qu’elles essaient de porter dans cet asile : Marie près de la Croix de Jésus. Et c’est en communion avec elle, avec ses souffrances et avec celles du Christ sur la Croix, qu’elles mènent leur vie et présentent à Dieu les souffrances des hommes et des femmes au service desquels elles se sont consacrées.

C’est aussi un Evangile dans lequel l’Eglise a vu le fondement d’un dogme : la maternité de la Vierge Marie. Elle est la Mère de l’Eglise, de tous les croyants et croyantes qui la composent, mais aussi de toute personne humaine. Dans la personne du disciple, et dans la parole de Jésus adressée à lui: “voilà ta mère”, l’Eglise a voulu voir tous les croyants, et, comme l’amour de Dieu ne s’arrête pas aux limites de l’Eglise, mais embrasse l’humanité entière, la Vierge Marie est mère qui aime et qui intercède pour toute personne humaine. C’est dans ce sens que l’accueil, dans cet asile, comme dans toute oeuvre de charité de l’Eglise, ne s’arrête pas aux chrétiens. Il s’étend, comme l’amour de Dieu lui-même, à toute personne humaine. C’est pourquoi toute personne âgée est accueillie ici, de toute confession et de toute religion.

Mes frères et soeurs, prions aujourd’hui pour les religieuses de Notre Dame des Douleurs. Nous offrons cette Eucharistie pour elles et pour tous ceux et celles qui coopèrent avec leur charité. A vous, mes soeurs, nous redisons notre reconnaissance et nous vous confions à l’amour de Dieu que vous avez aimés et pour l’amour duquel vous avez aimé tant de personnes humaines qui ont besoin de votre consécration et de votre amour.
Amen.

+ Michel Sabbah, Patriarche

 

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