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News from the Latin Patriarchate

LES CHRETIENS DE TERRE SAINTE
du 6 au 10 mars 2009

1. Qui sont‑ils?
2. D'où viennent‑ils?
3. Combien sont‑ils?
4. Quel rôle ont‑ils?
5. Comment vivent‑ils?
6. Que peut‑on faire pour eux? 

1. Qui sont‑ils ?

Ce sont des chrétiens arabes (à 98-99%) vivant en Jordanie, en Palestine et en Israël. Ce sont des enfants du pays : ils partagent les joies et les espérances de leurs peuples.
Le 1 % restant est constitué d'étrangers qui sont venus prier, étudier ou même vivre en Terre Sainte, à la recherche d'un surcroît de foi et d'espérance.
Il faut aussi mentionner la présence en Israël de quelque 200 à 300 catholiques d'expression hébraïque (convertis du judaïsme, enfants de mariages mixtes, étrangers vivant, travaillant et priant en hébreu). Ils font, eux aussi, partie de l'Eglise de Jérusalem. 

2. D'où viennent‑ils ?

Je commence par dissiper un grand malentendu, assez répandu : les chrétiens de Terre Sainte sont les descendants de la toute première Eglise de Jérusalem ; ce ne sont pas des convertis de l'Islam. Ne demandez donc jamais à un chrétien arabe si ses parents sont encore musulmans ou s'il y a encore des musulmans dans sa famille, encore moins la date de sa conversion! Dans le meilleur des cas vous le ferez sourire, mais vous risquez surtout de l'offenser... 

3. Combien sont‑ils ?

Ils sont peu nombreux : environ 400 000 sur une population de 14 millions d'habitants pour l'ensemble de la Jordanie, de la Palestine et d'Israël, soit à peine 2,8% de la population.

Ces 400 000 chrétiens sont répartis en plusieurs Eglises (catholiques, orthodoxes et protestantes) et en plusieurs rites (latin, grec‑catholique, syrien, arménien, maronite, etc.)

4. Quel rôle ont‑ils ?

Les chrétiens de Terre Sainte ont (au moins) un quadruple rôle dans les sociétés où ils vivent:

a)      Ils sont les témoins vivants des événements du Salut. Littéralement, ils entourent les Lieux saints de leur présence et leur donnent vie par leur prière et leur amour, empêchant qu’ils deviennent de simples lieux archéologiques ou des musées. Ils ont beaucoup souffert pour préserver ce rôle et ils en sont fiers. Malgré les outrages de l'histoire et des hommes, malgré les guerres et les conflits sans fin, ils ont tenu bon et ils continuent de le faire.

b)      Les diverses Eglises collaborent d'une manière étroite et essaient de dépasser les barrières des rites pour donner une réponse chrétienne aux problèmes qui les cernent de toute part. Car lorsque les questions touchent aux droits et la dignité de la personne humaine, comme à la Justice et de la Paix, il ne peut pas y avoir de réponse catholique, orthodoxe ou protestante : il y a une réponse chrétienne.

c)       Les chrétiens de Terre Sainte ont une histoire, une langue et une culture communes avec les musulmans, au milieu desquels ils vivent depuis des siècles. C’est pourquoi les relations entre les deux communautés sont traditionnellement bonnes et restent bonnes aujourd’hui, malgré certains phénomènes de fondamentalisme. Cette coexistence est un souci constant des responsables des Églises, ainsi que des responsables politiques en Palestine et en Jordanie. D’autre part, il est généralement reconnu que la présence chrétienne dans la société arabe joue un rôle positif de ‘facilitateur’ dans les relations entre les différentes composantes de cette société, et de catalyseur pour la convivialité.

d)      Les chrétiens de Terre Sainte jouent le rôle de pont entre l'Orient et l'Occident. Et pour être un pont, il faut être solidement ancré des deux côtés. En fait, ils sont ancrés dans l'Orient qui est leur milieu historique, linguistique, culturel, psychologique et politique. Ils sont aussi ancrés dans l'Occident par leur foi, leur patrimoine spirituel et leur ouverture intellectuelle.

Les chrétiens de Terre sainte et les autres arabes chrétiens sont les seuls à pouvoir jouer ce rôle et il faut les y aider.

5. Comment vivent‑ils ?

Constituant une partie essentielle de leur société, ils vivent avec leurs compatriotes musulmans ou juifs les innombrables difficultés du conflit politique et religieux du Moyen‑Orient.

Les difficultés qu'ils partagent avec leurs compatriotes sont : l'occupation militaire, les humiliations quotidiennes, les limitations de leur liberté (exemple : le couvre-feu), de leur mobilité, de leurs déplacements, de leur droit à l'étude, au travail, aux soins médicaux. Dernièrement, leur situation a été aggravée par la construction du mur de séparation (long de 831 km, dont 500 km sont déjà construits).

Il y a toutefois une difficulté qui est propre aux chrétiens de Terre sainte, et c'est l'émigration des jeunes à la recherche d'un avenir plus sûr et plus humain. Il s'agit là d'une véritable hémorragie, qui prive l'Eglise de Jérusalem de ses meilleurs éléments (les jeunes et les intellectuels). Un seul chiffre peut vous une idée : en 1900, les chrétiens palestiniens représentaient 17% de la population ; ils sont 2% aujourd’hui.

A Jérusalem, en 1948, il y avait environ 29 500 chrétiens, soit le quart de la population de la ville. Aujourd'hui, ils sont à peine 10 000 (soit le tiers) sur une population de 850 000 habitants.

L'Eglise de Jérusalem est l'Eglise du Calvaire, donc du refus, mais elle est aussi l'Eglise de la Résurrection, donc de l'Espérance, surtout lorsque les espoirs humains se ternissent.

Nous n'y voyons pas moins que la volonté de Dieu, et cela seul suffit à nous donner le courage de continuer.

6. Que peut‑on faire pour les chrétiens de Terre sainte ?

Je donne quelques points pratiques:

  • Savoir qu'ils existent (l'homme est l'ennemi de ce qu'il ignore.).
  • Venir les visiter, prier avec eux, aller dans les paroisses, dans les familles, visiter les institutions chrétiennes et les soutenir.
  • Travailler au rétablissement de la Justice et de la Paix. Essayer d'influencer l'opinion publique. Ne pas se fier aux seuls médias ; ils ne sont pas toujours objectifs. La vérité, la justice et la paix sont dans l'intérêt de tout le monde, et non seulement des chrétiens de Terre sainte. Pourtant les chrétiens, comme minorité, souffrent particulièrement de l’instabilité générale qui règne dans la région et qui est un terrain favorable pour le développement des extrémismes de tous bords. Une solution rapide du conflit au Moyen-Orient est donc extrêmement importante pour l’avenir de la présence chrétienne en Terre Sainte, comme dans toute la région.

Etre prêt à aider.

Certes, il n'y a pas encore la famine, mais beaucoup de personnes ont perdu leur emploi et ont besoin d'être aidées pour les soins médicaux, les frais scolaires, les études supérieures, sans parler des diverses institutions de charité (hôpitaux, dispensaires, maisons de retraite, etc.)

Conclusion

La foi reste la base de l'espérance de l'Eglise de Terre sainte.

Un jour, la Justice et la Paix l'emporteront.

Un jour, les chefs politiques arriveront à comprendre le sens, la nature et la vocation de cette Terre bénie, choisie par Dieu pour unir les hommes à Dieu et entre eux.

Mais, en toutes circonstances, le “petit troupeau” des chrétiens de Terre sainte, même petit, restera fidèle à sa foi et au mystère de Dieu révélé sur sa Terre.

 

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