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Remise des insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur au Patriarche latin de Jérusalem S.B. Michel Sabbah

Mot de S.B. le Patriarche Michel Sabbah
6 Novembre 2006

sabbah

Monsieur Alain Rémy, le Consul Général de France

        Par lettre du 5 mai 2006, vous m’aviez informé  du décret du Président de la République, M. Jacques Chirac, en date du 18 avril, sur proposition du Ministre des Affaires Etrangères, M.Philippe Doust-Blagy, de m’accorder la décoration de Grand Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

        De nouveau je vous exprime aujourd’hui mes remerciements ainsi qu’à M. le Président de la République et à M. le Ministre des Affaires Etrangères.

        Je vois dans ce geste, une reconnaissance de l’action de l’Eglise que je représente et du combat qu’elle mène dans cette Terre Sainte pour la Justice et la Paix. Combat pour la Justice et la paix qui est un combat pour la personne humaine, pour sa dignité et sa liberté, et pour sa libération du mal que les autres lui imposent sous forme d’occupation, de représailles ou de réaction violente, comme c’est le cas pour nos deux peuples de la Terre Sainte et nos gouvernants. Par le fait même, le combat de l’Eglise pour la Justice et la Paix est pour la libération des gouvernants du mal qu’ils s’imposent à eux-mêmes en se permettant d’exercer la violence et l’injustice à l’égard des autres.     La situation aujourd’hui dans tous les Territoires Palestiniens, et surtout à Gaza, n’est que le témoin du mal dans lequel se débattent nos chefs. Et, malgré l’inhumanité de l’action, ils trouvent cependant tous les prétextes nécessaires, toujours dans l’autre, et certes jamais en soi-même, pour s‘enfoncer toujours plus dans le conflit et la violence.

        Cette décoration est un signe de l’amitié et des liens qui ont existé pendant des siècles entre la France et l’Eglise en Terre Sainte. Des liens qui datent depuis bien longtemps, depuis les temps anciens, durant l’empire Ottoman, et à l’époque du rétablissement du Patriarcat avec le retour du Premier Patriarche Joseph Valerga à Jérusalem et le consul de France alors, Emile Botta. C’est une reconnaissance de l’action de l’Eglise en Orient, telle  une présence de pont entre les diverses cultures, et dans cette terre sainte, entre les croyants des trois religions qui y coexistent, tant dans la violence comme dans le dialogue.

        Ce geste est une occasion pour moi de reconnaître l’amitié et l’action objective de tous les consuls de Jérusalem que j’ai connus depuis mon arrivée comme patriarche de cette ville sainte. Leur amitié s‘est exprimée pour toute cette terre avec tous ses habitants, israéliens et palestiniens, puisque le but poursuivi était la paix et la justice, pour le profit des deux à la fois. Mais dans cette action pour tous, j’ai pu et chacun a pu remarquer une amitié pour le peuple palestinien et pour l’Eglise envoyée à ce même peuple. C’est pourquoi, veuillez recevoir, aujourd’hui, Monsieur le Consul général, mes sincères remerciements et veuillez les faire parvenir aux Autorités françaises qui veillent par ce consulat à agir pour la justice et la dignité des peuples et de la personne humaine dans cette terre.
        Nous avons vu l’importance que donne la France à la présence et à la vocation des Eglises en Orient, lors de la semaine d’Orient célébrée à Paris, durant le mois de mai dernier, par l’œuvre d’Orient à l’occasion de son 75e anniversaire, avec la présence de toutes les Eglises d’Orient. Ce fut un moment, pour l’Eglise de France de rendre grâce au Seigneur, pour le bien qu’il lui a permis de faire auprès des Eglises d’Orient, et ce fut un moment pour les autorités de la France laïque de déclarer l’importance que joue chacune de ces Eglises.

        Ce que les Eglises demandent aujourd’hui à la France, pour continuer son action historique dans la région, c’est d’aider la personne humaine à prendre toute sa mesure pour pouvoir se gouverner, garder sa propre culture, ouvrir un dialogue d’égal à égal, pour une collaboration commune pour le bien de la communauté humaine, appelée à s’unifier au-delà de toute frontière, pour le bien de tous, dans la conservation des valeurs que les religions annoncent dans chaque peuple et culture. Ce que l’Eglise demande à la France, ici, dans cette Terre Sainte, c’est de continuer son rôle pour la Justice et la Paix dans un pays qui persiste à les refuser tout en multipliant les déclarations pour la Justice et la Paix.

        De nouveau, Monsieur le Consul Général de France, je vous remercie pour l’honneur que vous me faites aujourd’hui, à moi, au Patriarcat et à l’Eglise de Jérusalem, et je vous prie encore une fois de faire parvenir mes remerciements à Monsieur le Président et à Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères pour leur attention et leur reconnaissance de l’action de l’Eglise en cette terre.

+ Michael Sabbah, Patriarche

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