stemma logo

Patriarch Emeritus

Pastoral Letters

 

Archives

 

 

 

01/01/2007
Homélie

Frères et Sœurs
Bonne fête et bonne année nouvelle. Par l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Dieu, que nous vénérons en ce premier jour de l’an, je vous souhaite toutes les bénédictions du Seigneur pour l’année qui vient. Ensemble, nous remercions le Seigneur pour toutes les grâces qu’il nous a accordés au cours de l’an passé. Nous le remercions pour le témoignage de nos curés, de nos religieux et religieuses et de tous nos fidèles laïcs, pour tout effort de rencontre et de dialogue œcuménique ou interreligieux. Dans l’adoration et l’amour, nous accueillons sa grâce aussi dans tous les événements difficiles qu’il a permis dans son mystère que nous vivions, l’absence de la paix, les hostilités, les haines, les morts, les prisonniers politiques et un processus de paix qui ne devient jamais réalité. En tout cela aussi nous voulons voir des moments de grâce qui nous invitent à un examen de conscience, pour que chacun de nous devienne toujours plus conscient de ses propres obligations et de la présence de Dieu dans tous ces événements de notre histoire présente. Nous demandons à Dieu pardon de nos péchés dans cette année écoulée et nous lui demandons de nous soutenir de sa grâce au cours de l’année nouvelle.
Frères et Sœurs,
Comme chaque année le Saint-Père, Benoît XVI a adressé, en ce jour, à l’Eglise et au monde, un message de paix. Il a pour titre : « La personne humaine, cœur de la Paix ». Il commence son message par ces paroles :  AU DÉBUT DE LA NOUVELLE ANNÉE, je voudrais adresser aux Gouvernants des Nations, ainsi qu'à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, mes vœux de paix. Je les adresse en particulier à ceux qui sont dans la douleur et dans la souffrance, à ceux qui vivent menacés par la violence et par la force des armes ou encore à ceux qui, bafoués dans leur dignité, attendent leur réintégration humaine et sociale. Je les adresse aussi aux enfants, qui, par leur innocence, enrichissent l'humanité de bonté et d'espérance et qui, par leurs souffrances, nous incitent tous à être des artisans de justice et de paix (n.1).
Les paragraphes qui suivent ont pour titres : La dignité de la personne humaine (n. 1,2) ; la paix est  à la fois un don de Dieu et une tâche humaine (n. 3) ; le  droit à la vie et à la liberté religieuse (n. 4,5) ; l'égalité de nature de toutes les personnes (n. 6) ; la condition de la femme (n.7) ; l’écologie de la paix (n. 8,9) ; les idéologies et les visions réductrices de l’homme (n. 10,11) ; les droits humains et les Organisations internationales (n. 12,13) ; le Droit international humanitaire et le droit à l'intérieur des États (n. 14) ; les armes nucléaires (n. 15). Et il conclut par les deux paragraphes suivants : L'Église est pour la défense de la transcendance de la personne humaine (n. 16) et elle invite à développer un humanisme intégral selon les enseignements de Populorum Progressio e Sollicitudo Rei Socialis (n. 17).
Tous les points mentionnés s’appliquent sur la situation de conflit que nous vivons. Les principaux sont :
1. La dignité et l’égalité de nature de toute personne humaine (n. 2 et 6). Sur cette dignité et égalité se fonde le  droit de tous à la vie et à la liberté religieuse (n. 4,5).
La dignité de la personne humaine se fonde sur le fait que «Dieu créa l'homme à son image » (Gn 1,27). Le devoir de respecter la dignité de tout être humain, dont la nature reflète l'image du Créateur, comporte comme conséquence que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir. La personne qui jouit d'un plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s'en prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses. C'est en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix (n.4). La reconnaissance de l'égalité essentielle entre les personnes humaines, qui découle de leur commune dignité transcendante, constitue un élément de première importance pour l'édification de la paix.
Reportant ces paroles sur notre situation, nous nous trouvons confrontés par le prétexte de la sécurité et ses exigences, et le cercle vicieux de la résistance à l’Occupation et des représailles, un cercle dans lequel la dignité de la personne humaine est chaque jour violée. Réfléchissant sur la dignité humaine, l’égalité de tous devant Dieu, et donc dans toute société humaine, le Saint-Père nous invite, il invite les Etats, nos Etats impliqués dans le conflit, à réfléchir sur les racines de l’insécurité : les injustices de toutes sortes imposées à la personne humaine. Au paragraphe 6, il dit clairement : «  À l'origine des nombreuses tensions qui menacent la paix, il y a assurément les innombrables injustes et inégalités qui sont encore tragiquement présentes dans le monde ».
2. Comme routes pour la paix, le Saint-Père demande à dépasser les idéologies et les visions réductrices de l’homme (n. 10,11). Il dit :  Il est donc urgent, même dans le cadre des difficultés actuelles et des tensions internationales, de s'engager pour donner vie à une écologie humaine qui favorise la croissance de l'arbre de la paix. Pour tenter une telle entreprise, il est nécessaire de se laisser guider par une vision de la personne qui ne soit pas corrompue par les préjugés idéologiques et culturels, ou par des intérêts politiques et économiques, qui incitent à la haine et à la violence. Il est compréhensible que les visions de l'homme varient en fonction des cultures. À l'inverse, on ne peut admettre que soient entretenues des conceptions anthropologiques qui renferment en elles-mêmes le germe de l'opposition et de la violence. Les conceptions de Dieu qui incitent à l'intolérance envers nos semblables et au recours à la violence à leur égard sont également inadmissibles. C'est un point qu'il faut rappeler avec clarté: une guerre au nom de Dieu n'est jamais acceptable! Quand une certaine conception de Dieu est à l'origine de pratiques criminelles, c'est le signe qu'une telle conception s'est déjà transformée en idéologie.
3. Consciente de cela, l'Église s'emploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne (15). Je désire enfin, dit le Saint-Père, adresser un appel pressant au peuple de Dieu, pour que tout chrétien se sente engagé à être un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Dans un esprit de gratitude envers le Seigneur pour avoir été appelé à faire partie de son Église qui est, dans le monde, « signe et sauvegarde de la transcendance de la personne humaine »,(9 ) le chrétien ne se lassera jamais d'implorer du Seigneur le bien fondamental de la paix, qui a tant d'importance dans la vie de chacun. De plus, il éprouvera la fierté de servir avec un généreux dévouement la cause de la paix, allant à la rencontre de ses frères, spécialement de ceux qui, non seulement souffrent de la pauvreté et de privations, mais sont aussi privés de ce bien précieux. Jésus nous a révélé que « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) et que la vocation la plus grande de toute personne est l'amour. Dans le Christ, nous pouvons trouver les raisons suprêmes de devenir de fermes défenseurs de la dignité humaine et de courageux bâtisseurs de paix.
Frères et Sœurs
Pour l’année nouvelle qui commence demandons la grâce de rester présents devant le Seigneur, de prendre conscience de sa présence parmi nous dans tous les événements de notre vie, de sorte que dans chacune de nos actions nous puissions coopérer à l’action de son amour pour tous les hommes. Amen.

Home Page