stemma logo

Patriarch Emeritus

Pastoral Letters

 

Archives

 

 

Quatrième lettre pastorale
de H.B. Mons. MICHEL SABBAH
Patirarche Latin de Jerusalem

 “Lire et vivre la Bible au pays de la Bible aujourd'hui”
Novembre 1993

“Lire et vivre la Bible au pays de la Bible aujourd'hui”
Novembre 1993

 

COMMENTO ALLA LETTERA DI ABUNA MARUN

 

1. Presentation generale de la Lettre

2. Etude detaillee de la Lettre

3. Contexte de la Lettre.

1. PRESENTATION DE LA LETTRE.

C'est la 4eme Lettre pastorale du Patriarche Sabbah. La premiere etait In pulchritudine Pacis, en 1988 (les lignes generates de son activite pastorale), la deuxieme Deniandcz la paix pour Jerusalem, a la Pentecote 1992, la troiseme a l'occasiondu centenaire de la mort du P. Joseph Tannous, fondateur de la Congregation des socurs du Rosaire, enl992, et la quatrieme. Lire etvivre la Bible au pays de la Bible aujourd'hui, en novembre 1993.

 

2. ETUDE DETAILLEE DE LA LETTRE.

Je me propose de parcourir avec vous la lettre dans ses differentes parties pour en en faire une etude detaillee, avant d' aborder ie contexte tres actuel de la Lettre en Terre sainte.

- La plan de la Lettreestdonne dans la premiere page. Quelques questions sontposees, mais avant de donner des reponses, la Lettre expose les criteres chretiens de la lecture et de la comprehension de la Bible, aujourd'hui, dans ie pays de la Bible.

- La Lettre se presente comme une explicitation d'un nouvel espoir (1), celui de la paix. Le but de la Lettre est done de determiner la maniere de lire et de comprendre la Bible pour en faire l'objct dc la pricre ct de la contemplation (2), et ce d'autant plus qu'elle a un lien direct avec la difficile situation que nous avons vecue et avec la nouvelle periode de paix que nous avons a construire ensemble (2)

- Mais lire la Bible n'est pas une chose facile. II faut la lire en communaute, avec la lumiere et la force de l'Esprit Saint. (3). De cela , une premiere consequence est que c'est la Parole de Di eu qui nousjuge, pas ie contraire , et que nous n'avons pas ie droit de la faire plier aux exigences de nos positions et de nos luttes humaines (3).

- La Lettre se presente comme une lettre purement pastorale, fruit d'une reflexion prolongee au sein d'un groupe de pretres et de theologiens de l'Eglise de Jerusalem(6).

- Les questions posees sont nombreuses, et brUlantes. (p. 11) Mais avant d'y repondre, il faut rappeler quelques principes chretiens d'hernmeneutique.

 

II  QU'EST-CE QUE LA BIBLE?

II.1 La Bible est la Parole de Dieu. (10)

- C'est une Parole revelee, non dictee (noter ie reference a la mentalite musulmane) (12), une Parole rCvC1Ce progressivement (13), et une Parole comprise a la lumiere de la Tradition. (14).

 

11.2.  La Bible est une histoire de salut (15)

- C'est l'histoire de Dieu avec toutel'humanite (15). Le centre decette histoire de salut est Jesus Christ (EN 9), une histoire qui s'encadre entre deux visions bibliques qui forment le debut et la fin du drame humain: La vision du paradis perdu et la vision de la nouvelle Jerusalem. (16).

- Cette histoire a commence. Apres la chute de nos premiers parents, une nouvelle promesse est donnee (17). Une promesse qui continue a travers l'alliance conclue avec Noe (la bonte de Dieu) (17), Abraham (un peuple) (18), Moise ( La Loi) (19), David (La Terre),(20).

- Avec la souffrance et l'epreuve, une changement radical commence a se faire: Avec l'exil, le peuple n'a plus ni terre ni roi, mais il a toujours la Parole de Dieu et vit dans son alliance (21); les prophetes voient au-delade l'epreuve etannoncent une nouvelle alliance (21). La pauvrete vecue est ainsi transformee en un ideal religieux. Les pauvres du Seigneur mettent leur confiance en Dieu seul.

- C'est dans ces milieux des pauvres du Seigneur que Marie et Joseph, Elizabetli et Zacharie, Anne et Simeon s'enracinent (21).

- Cette nouvelle alliance s'accomplit avec la venue de Jesus(22), qui donne l'Eucharistie comme signe de la nouvelle alliance ou Dieu n'appartient en propre a aucun peuple.

 

II.3. La bible est line histoire de notre salut personnel et communautaire (23)

- L'histoire de salut du peuplejuifest ie type de l'histoire de Dieu avec chacun de nous, comme personnes et comme peuple (23), une histoire qui vacille entre l'appel a la saintete de la part de Dieu et ie peche de notre part. Meme les etapes su-decrites sont les etapes de notre histoire (24). D'ou notre vocation a lire et a reconnaitre l'action de Dieu qui continue a travers l'histoire humaine.

II.4. Jesus applique les Ecritures sur sa personne et sa mission. (25)

- Il le fait aux disciples d'Emmaus (Lc 24,27), a la synagogue de Nazareth (Lc 4,21), aux disciples de Jean Baptiste (Mt.ll,4-6) et dans son discours apres la guerison du paralytique(Jn.5,39).

- Jesus n'est pas seulement l'aboutissement de l'Amcent Testament, mais il se presente comme tout a fait nouveau, original et superieur dans ie Nouveau Testament (26), ainsi que par rapport a la Loi (27) (Mt.5, 21-22) , aux Prophetes (28) et aux Ecrits sapientiaux (29).

- Le message et ie comportement de Jesus sont a la fois une confirmation et un depassement de l'Ancienne Loi.(30). Desormais, tout doit etre lu, compris ct vecu a la lumiere de cette nouveaute. C'est ce que l'Eglise a fait, et c'est ce que, comme elle, nous devons faire.

- Trois mots resument le chapitre: continuile, acconiplissenient et nouveaute (31). Etre chretien done, c'est accepter toutes les Ecritures, dans la conscience de Jesus, sQrs que lui nous revele la verite entiere (32).

III. REPONSES QIJX QUESTIONS POSEES.

- Avant de repondre aux questions posees, la Lettre rappelle quelques principes:

= Pour rester fidcles a la Parole dc Dieu, il faut se liberer des pressions conscientes ou inconscientes. (33)

= La Parole de Dieu doit rester une lumiere et un guide, et non un instrument de lutte (33)

= La Parole de Dieu ne pent etre un instrument dc lutte que pour la verite (33).

= Le principe de la lecture de la Bible est religieux, non politique (33) .

III.1. Relations entre l'ancien et le nouveau Testament.

- Il y a un courant aujourd'hui qui refuse l'Ancien Testament comme etant simplement l'histoire du peuple juif (34).

- L'enseignement de l'Eglise est plus que ferme sur ce sujet: Toute la Bible, l'ancien et le nouveau Testament, est la Parole dc Dieu, reveice pour le salut dc toute l'humanite.(35). L'Evangile est clair la -dessus, ainsi que Vatican II (DV 16).

- Consequence: La Parole de Dieu est sacree, nul ne peut y toucher. Si certains la manipulent, nous ne pouvons pas faire de merne. (36).

III.2. La violence dans la Bible.

- Elle existe dans l'Ancien Testament,  et est attribute B Dieu cornnie punition pour des violations de la Loi et comme anatheme applique aux peuples vaincus (37).

- Dieu intervient souvent pour condamner et corriger la violence (avec David I Ch.22,8), (Osee 4,1-2)... L'un des titre du Serviteur de Yahwe est ie Juste, qui n'a pas commis de violence ( Is 53).

- Comment comprendre ces textes? D'abord nous nous inclinons devant "les decrets insondables de Dieu", et nous considerons ie caractere progressifde la Revelation, c'est a dire que Dieu se comporte en bon pedagogue. II parle aux homme de facon progressive, par ie ministere des prophetes et des auteurs sacres, et dans chaque etape, dans la mesure qu'ils peuvent comprendre. Cela comporte de connaTtre les cultures a travers lesquelles les auteurs sacres nous ont fait parvenir la Revelation, et connaTtre surtout l'unite profonde de la Bible. (39).

- La violence est done presentee comme reponse faite a une offence de la saintete de Dieu (40)

- Quant au rapport violence/justice, il est presente, progressivement en cinq etapes (41)

. Repondre au mal par un mal plus grand (Gen 4,1 )

. La loi du talion (oeil pour oeil , dent pour dent, Dt. 19,21)

. Ne fais a personne ce que tu n'aimerais pas subir (Tobie 4,15)

. Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-memes pour eux (Mt.7,12)

. Airnez vos ennemis.... (Mt. 5,38...) (41)

- Avec ie nouveau Testament, la violence n' a aucune place. L 'unique force du croyant "doux" est celle de l'amour (42), et de la verite (43) (Eph. 6,10-14.17).

- Avec cette logique du Nouveau Testament, la guerre de religion, ou la guerre au nom de Dieu est une contradiction. (44) "Il ne peut y avoir de guerre sainte" (Jean Paul II). C'est pourquoi, nous condamnons l'imposition de punitions corporelles pour des transgressions religieuses et spirituelles et tout recours a la violence ou a d'autres moyens plus insidieux, pour vaincre ou pour convaincre, dans ie domaine religieux ou en tout autre domaine (45).

- Comme application au conflit qui s'achemine vers sa Fin, la Lettre rappelle les points suivants:

.La Bible n'est pas unejustirication pour ie combat.

 Le pardon et la conversion du coeur sont l'unique voie de salut pour tous.

 Le pardon ne signifie pas concessions et perte des droits.

.L'amour de Dieu pour un peuple lie peut pas devenir une oppression pour un autre peuple. (46).

 

III.3. Election, Alliance, Promesscs et don dc la Terre.

- La premiere chose est d 'aborder ces questions avec une perspective religieuse qui voit dans la Bible la Parole de Dieu qui vivifie et une histoire de salut pour tous, dans ie cadre de l'histoire de l'humanite (47).

 

- Election

- Il est clair que dans la Bible, Dieu se choisit un peuple, et ce par initiative libre et gratuite, avec pour mission d'appeler les peuples de la Terre a croire en Dieu et au Messie qu'il enverrait comme Sauveur du monde (48). Autant ce choix implique une liberte de la part de Dieu, autant il implique une responsabilite de la part du peuple elu, devant Dieu et devant l'humanite. (48)

- Mais si Dieu elit un peuple, il accorde aussi a tous la grace necessaire pour demoUr ie mecanisme de la jalousie et de l'evie. Ainsi, elire quelqu'un ne veut pas dire, de la part de Dieu, ecarter I' autre. Et l'election de Dieu ne devrait pas susciter l'orgueil chez l'elu, ni ie reftis chez I 'autre. Dieu ne prive personne de sa grace. (49).

 

- Alliance, Promesscs, Terre.

- L'alliance est un traite conclu entre Dieu et l'humanite. Le Nouveau Testament est l'alliance conclue par le Sang du Christ, et qui porte l'Ancienne Alliance a son accomplissement (50).

- Les promesses font partie de l'alliance. Les premieres promesses comportaient un caractere terrestre qui a subi une evolution selon les diverses experiences vecu par le peuple elu.

. Avec Abraham, c'etait l'appropriation des terres auxquelles des tribus nomades arrivaient (Gen. 13,14et 12,2).

. Apres l'exode d'Egypte, c'est une conquete armee .

. La terre promise doit etre gouvernee en conformite avec la Loi de l'Alliance (Dt.l2-16).

. Les prophetes (cfr. Amos 2,9) menacent que la violation de I' Alliance sera punie par la perte de la Terre (Osee 9,3 et Jer. 4,27).

. Durant l'exil, Dieu promet la liberation de son peuple, mais il va creer un nouveau peuple et il lui donnera un nouveau coeur (Jer.31,31/34). (50)

 

- LA TERRE DANS LA BIBLE.

= La terre appartient a Dieu. (Lev.25,23). Israel n'y est que l'hote de Dieu.

= Le peuple elu doit se rendre„J[ligne de la Terre de Dieu par I' observation de la Loi de Dieu, sinon la Terre "vomit ses habitants" (Lv. 18,25).

= L'anneejubilaire limite le droit absolu sur la Terre. ( Lv,25,10,13). (51)

= Avec chaque nouvelle ctape de l'histoire du peuple juif, la signification spirituelle et universelle de l'alliance et des promesses devient de plus en plus manireste.(52).

=Entre Dieu et le peuple juif, et entre Dieu et l'humanite, il y aune unique alliance bien qu'exprimee en difTerents moments de l'histoire sainte et sous multiples formes (Heb.,1,1-2) (52).

= Jesus est 1'Elu par excellence. En Lui ct par Lui,l'ancienne election s'applique desormais a tons ceiix, juifs ou lion juifs, qui acceptent Jesus conime Sauveur Ressuscite d'entre les niorts.

= Dans cette perspective, la Terre appartient a Dieu et ce sont les doux qui la possederont (ps. 37, 29+ Mt.5,4). Et la possession de la Terre par les doux s'achevera par l'image de la Jerusalem celeste (Ap. 3,12). La Jerusalem terrestre devient l'image et le symbole de la Terre promise qui est notre patrie celeste (Gal.4,26).

= Le concept de la terie a done evolue du sens politique et geographique au sens spirituel et symbolique. Une terre specifique n'est pas une valeur absolue pour le culte (Jn. 4,21).

=Le premier et I 'absolu est Dieu lui-meme et son adoration en tout point de la terre (52).

- La quetionposeeparlejuifetlechretiencroyantsenlaBibleestlasuivante: La Bible, conime Parole de Dieu, donne-t-elle aujourd'hui droit au peuple juif de s'approprier la terre et d'eii deposseder le peuple palestinien? (53).

Le juifet le palestinien se trouvent tous deux devant des positions opposees.

- Pour le juif, Dieu a promis cette terre a Abraham et a sa descendance. Elle constitue actuellement - avec Dieu et l'Etat,-le triangle deJa securite et de sa tranquilite.

- Pour le palestinien, cette meme terre lui appartient depuis des siecles. Meme du temps de la Bible, elle est restee la terre d'un autie peuple qui a toujours coexiste avec le peuple juif. Sans parler de la signification religieuse de la Terre sainte pour le palestinien chretien ou musulman. (53)

- Deux peuples out done des droits politiques sur la meme terre, et trois religions y ont leur histoire religieuse, et toutes sont la descendance physique ou religieuse d' Abraham a qui Dieu a promis la Terre (53).

- Au nom de la foi, chacune des trois religions a un droit egal de presence et d'acces. Mais ce droit est limite par le droit politique. (54)

- Chaque autorite politique qui veut prendre la Parole de Dieu cornme reference en ce qui concerne le don de la terre, doit se laisser guider, dans le conflit en cours, par les principes de morale contenus dans cette meme parole, a savoir, justice et bonte.

- La Lettre respecte ie rapport par lequel ie peuplejuifse rattache a la religion que Dieu lui a revelee, mais elle ne croit pas que ce lien comporte, en soi, un droit politique (55).

- Dieu a voulu faire de l'histoire biblique l'instrument de la Revelation et l'histoire du salut de l'humanite. Et c'est cela qui fail la distinction entre l'histoire d'lsrael de la Bible et l'histoire d'lsrael aujourd'hui. (55).

 

IV CONCLUSION

- La Bible est la Parole de Dieu; sa valeur et sa verite dependent de l'autorite rneme de Dieu, et non de ceux - amis ou ennemis - qui en usent ou en abusent (56).

- C'est d'ailleurs la foi explicite des trois religions monotheistes (Islam, Christianisme et Judaisme), bien que chacune ait sa propre interpretation de la Revelation.

- La Parole de Dieu est au-dessus de tout conflit humain. On ne doit pas y chercher un appui pour un conflit entre personnes ou peuples, mais un message de salut meme dans une situation de conflit. (57).

- Il est temps de liberer la Bible des cadres sociaux qui l'etouffent. Ainsi liberee, elle devient elle-meme une fpree de liberation pour les individus et pour les peuples.(58).

- Descendants historiques de plusieurs peres de l'Eglise, nous avons besoin de "respirer la Bible" (St. Ambroise) (59), dans la lecture personnelle et communautaire, dans la celebration des Sacrements, et dans les divers centres de priere et de catechese (60).

- La Bible doit etre etudiee aussi. Et l'Eglise de Jerusalem, grace a Dieu, ne manque pas de centres pour l'etude de la Bible (62), d'autant plus que c'est en notre terre que Dieu a parle et de notre terre que la Parole se repandit dans ie monde. Et dans la terre de la Bible, les chretiens locaux  sont les sujets de leur histoire meme(63). C'est a la fois une grace et un defi(64).

 

3. LE CONTEXTS DE LA LETTRE.

On l'aura note. La Lettre reflete d'une maniere on ne peut plus claire une situation concrete de conflit et de debut timide de justice et de paix, et ce pour les occupants et les occupe, pour les forts et les faibles. La Lettre reflete aussi une volonte declaree de la part de l'autorite ecclesiastique de faire entendre sa voix dans une situation sociale et politique ou la vie et la dignite de la personne humaine sont mises en cause.

Cette ligne de conduite est relativement recente. Elle date a peine de quelques annees, alors que ie conflit en Terre sainte remonte au debut du siecle. Au niveau des laics desirants s'engager dans la vie politique, ils s'etaient tournes vers l'Eglise, mais ne trouvant pasreponse, ils se sont engages, se basant sur d'autres ideologies.

Ce tournant dans la vie de l'Eglise locale est marque par plusieurs textes, dont

. "La foi chretienne et I' engagement politique" (Document de la commission Justice et paix de Jerusalem, en 1980)

. "Justice and only Justice" (Pasteur Nairn Atiq)

. "La theologie et l'Eglise locale" (Centre AJ-Liqa')

. Les 4 Lettres pastorales du Patriarche Sabbah, su-rnentionnees.

. "La presence chretienne au Moyen Orient" (Lettre des Patriarches catholiques d'Orient)

. "Ensemble devant Dieu et les hommes" (2 erne Lettre des Patriarches catholiques d'Orient)

. Memorandum sur la ville de Jerusalem (texte signe par tous les chefs religieux chretiens de Jerusalem en novembre 1994).

- L'Eglise de Jerusalem est consciente de prendre un risque. Elle pourra etre accusee de faire de la politique, elle pourra etre soumise) a des pressions de tout genre. N'empeche! L'Eglise de Terre sainte est plus quejamais consciente d'accomplir son role prophetique et sa mission au service de l'homme, de tout l'homme et tout homme.

BeitJala 8.4.1995

P. Maroun Lahham.

 

Home Page