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ABU GOSH – Ce lundi 8 juillet 2019, les moines et moniales de l’Abbaye Sainte-Marie-de-la-Résurrection ont été entourés par un très grand nombre de prêtres, religieux et amis pour le dernier Adieu au Père Abbé Charles Galichet décédé deux jours plus tôt des suites d’une longue maladie. Une présence nombreuse et émue qui trouve son origine dans les charismes du Père Charles, qui fut un père et l’accompagnateur spirituel d’un nombre impressionnant de personnes.

Pour celui qui ne connaît pas l’Abbaye d’Abu Gosh et son jardin où la verdure et les fleurs rivalisent de beauté,  venir aux funérailles du Père Charles Galichet ce lundi 8 juillet pouvait paraître un compagnonnage sur le chemin du Paradis. C’est en effet dans un environnement particulièrement verdoyant et apaisant que le Père Abbé des Bénédictins du Mont-Olivet de l’Abbaye Sainte-Marie-de-la-Résurrection va à présent reposer, après quarante-sept ans de vie religieuse, dont quarante-trois à Abu Gosh, et un combat contre une maladie qui l’épuisait mais n’a jamais atténué son désir d’aimer Son Seigneur et son frère.

Une église pleine et unie par l’émotion

Après l’accueil du corps dans l’église abbatiale, celle-ci s’est peu à peu remplie avant le début de la célébration eucharistique : bénédictins, moines et moniales de Beit Jamal, dominicains, franciscains, sœurs de saint-Joseph…Il serait impossible de citer toutes les communautés religieuses présentes en Terre Sainte qui ont souhaité rendre hommage au Père Charles. Des frères italiens et irlandais de la même congrégation ont également fait le voyage. Le Patriarcat latin était bien sûr présent en la personne de Mgr Pizzaballa qui était accompagné pour l’occasion par S.B. le Patriarche émérite Michel Sabbah, Mgr Marcuzzo, Vicaire patriarcal pour Jérusalem et Mgr Kamal Batish, évêque auxiliaire émérite.  Mgr Melki, exarque patriarcal de l’église syrienne-catholique, à laquelle était attaché le Père Charles était également dans les stalles de l’église abbatiale tout comme Mgr Girelli, nonce apostolique pour Israël, qui a assisté à la célébration présidée par le Père Abbé Diego Rosa, prieur général des Bénédictins du Mont-Olivet. Dans l’assemblée on a pu voir aussi de nombreux fidèles, pour certains venus tout spécialement de France mais aussi des amis du pays, chrétiens, juifs ou musulmans.

« Charité, charité, charité ! »

A travers les mots d’accueil, l’homélie et les témoignages au cimetière, chacun a pu retrouver la figure paternelle, l’ami fidèle, le moine « hors norme » qu’a été le Père Charles tout au long de sa vie religieuse. A deux reprises, ses frères ont fait le rapprochement avec le charisme de saint Charles-Eugène Mazenod, le fondateur des Oblats de Marie Immaculée auxquels le Père Charles a pensé se joindre pendant sa jeunesse. Il avait hérité de ce saint du 19esiècle  dont il portait le nom en religion, le goût pour la charité sans bornes qui est le moteur des Oblats pour s’approcher des « périphéries » de la société et leur révéler l’amour de Dieu. Comme saint Charles-Eugène qui, sur son lit de mort, avait  insisté auprès de ses frères en leur disant : « Pratiquez bien parmi vous la charité, la charité, la charité », de même Père Charles aimait à reprendre cette exhortation et tentait de la vivre auprès de tous ceux qui se présentaient à lui, porteurs de grandes souffrances. Personnes blessées, rencontrant des difficultés dans leur vie personnelle, conjugale ou religieuse, tous pouvaient trouver en lui « une oreille attentive, une porte toujours ouverte » comme l’a rappelé le Frère Louis-Marie dans son homélie.

Au cimetière de la communauté, le Maire d’Abu Gosh et le Consul Général de France ont à leur tour souhaiter témoigner de l’amitié qui les liait à ce Père Abbé qui cultivait des relations amicales avec toutes sortes de personnes sans se soucier de leur religion ou de leur position dans la société. « Je suis venu pour consoler tous ceux qui viennent pleurer celui qui fut un père ou un fils de tout un chacun, qui œuvrait pour la paix et la cohabitation. Nous avons tous perdu un sage. » a partagé avec émotion le maire musulman de cette petite ville israélienne dans laquelle le Père Charles a fondé en 1976, avec deux autres frères, une communauté qui aujourd’hui rayonne localement et internationalement.

 Une nouvelle étape

Le décès du Père Charles va imposer à ses frères de passer à une nouvelle étape : il n’y a à présent plus de survivant parmi les frères fondateurs, il s’agit donc pour ceux qui les ont rejoints, à partir de l’abbaye française du Bec-Hellouin ou en arrivant directement à Abu Gosh, de prendre à bras-le-corps l’héritage spirituel de leurs ainés et de lui donner corps avec leurs talents propres et la grâce de Dieu.  Le changement va également concerner la communauté des Sœurs qui dépendent aussi du Père Abbé. En effet, cette cohabitation des deux communautés qui habitent sur le même site mais qui ne partagent pas les locaux est une particularité qui peut paraître étonnante mais qui est une simple évidence quand les voix masculines s’unissent aux voix féminines pour psalmodier ou entonner une hymne. Une sorte de mixité auquel le Père Charles tenait, y voyant là un autre moyen de toucher au réel, en vivant presque au quotidien les différences homme/femme.

Une nouvelle étape qui s’ouvre par conséquent pour ces deux communautés rassemblées sous la même crosse abbatiale : « Cette nouveauté a quelque chose d’impressionnant », témoigne Mère Marie-Baptiste, prieure, « mais nous restons tous dans la confiance. ».

Cécile Klos

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