POLOGNE – Près de sept cents jeunes du diocèse de Jérusalem sont partis à Cracovie pour participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), parmi eux, cent quatre-vingt-cinq jeunes de Palestine : Récit de ce séjour riche en rencontre, en partage et en émotion.

18 juillet 2016 : jour du grand départ sur la place de l’Action Catholique à Bethléem, l’excitation est à son comble. Nous sommes tous heureux de faire ce grand voyage et de partir rencontrer les jeunes catholiques du monde entier.

Après les nombreux contrôles à l’aéroport – il n’est pas aisé pour un jeune palestinien de passer la frontière israélienne – nous nous retrouvons dans l’avion qui nous mène à Varsovie. Pour certains, voyager en avion est une grande première !

Mais le voyage ne s’arrête pas à Varsovie car il est prévu que le groupe soit accueilli à trois heures de route de là, dans la commune de Torun. C’est là que nous sommes accueillis, avec chaleur et enthousiasme : la paroisse s’est organisée à merveille pour recevoir confortablement les voyageurs épuisés. Cet accueil est déjà pour nous un beau témoignage de générosité et de solidarité.

Messe solennelle, dîner royal dans le lycée qui nous accueille : tout est fait pour nous introduire avec amitié dans l’esprit de ces Journées. La joie et les échanges s’associent avec le désir de faire église, au-delà des frontières.

Les premiers jours sont consacrés à la découverte du pays : la cuisine polonaise régale nos papilles et nos yeux s’émerveillent devant l’architecture des villages traditionnels que nous visitons. Pas de doute : le dépaysement est assuré !

La visite du musée qui présente la vie du Père Jerzy Popieluszko nous impressionne. On ne peut rester insensible face au récit de la vie de ce prêtre qui fut une importante figure de la résistance contre le communisme dans les années 80 et qui a donné sa vie pour la libération de son pays.

Puis nos amis polonais nous font découvrir leur littoral en nous emmenant à Gdsank, au bord de la mer baltique. Encore un beau dépaysement pour nous, plus habitués au littoral méditerranéen : tout est différent, les couleurs, les paysages, la température de l’eau !…

Pour faire ces visites, les trajets en bus sont parfois un peu longs mais ils nous permettent de méditer et de rendre grâce au Seigneur de tout ce qu’il nous fait goûter dans ce voyage.

 

Varsovie : un accueil en famille

A Varsovie, c’est le diocèse qui organise notre accueil. Nous sommes répartis dans des paroisses puis par trois ou quatre dans des familles. Et nous ne sommes pas au bout de nos découvertes. Nous nous émerveillons de la générosité de ces familles qui font tout ce qui est possible pour nous recevoir comme des personnes de grande importance : l’hospitalité est indéniablement un art en Pologne !

Nos activités mêlent visites culturelles (le palais royal, les environs de Varsovie) et temps forts spirituels. Nous participons à une soirée de louange animée par un groupe de rock chrétien et nous entendons de beaux témoignages de foi. Ces témoignages, nous les avons aussi avec les familles qui nous accueillent et qui ont une pratique religieuse impressionnante : Le Seigneur a une vraie place dans leur quotidien.

 

Cracovie : nous voilà !

Nous quittons Varsovie en train pour rejoindre la ville de saint Jean-Paul II. Nous changeons de mode d’hébergement et c’est dans une école que nous nous installons.

Jeudi 28 juillet : Nous retrouvons les jeunes du monde entier au Parc Blonia, pour accueillir le Pape François. L’ambiance est extraordinaire ! Certains d’entre nous ont déjà eu la chance de « rencontrer » le Saint Père en Terre Sainte, lors de sa visite en mai 2014, ou à Rome, lors de la canonisation des saintes Mariam Baouardy et Marie-Alphonsine Daniel Ghattas, mais là nous nous retrouvons avec des centaines de milliers de jeunes du même âge et cela, dans un contexte religieux ce n’est pas ordinaire ! Le Saint Père nous appelle à être miséricordieux : « Heureux ceux qui savent pardonner, qui savent avoir un cœur compatissant, qui savent donner le meilleur d’eux-mêmes aux autres. » Compte tenu du conflit dans lequel nous vivons, ces paroles résonnent …

Pendant trois jours, nous allons chaque matin à des catéchèses données par nos évêques. Mgr Shomali nous rejoint et nous donne un enseignement sur la miséricorde en s’appuyant sur l’histoire de Saint Maximilien Kolbe, c’est une façon aussi d’évoquer le camp d’Auschwitz qui est visité par de très nombreuses délégations. La nôtre avait malheureusement fait le choix de s’abstenir.

Notre passage au sanctuaire de la Divine Miséricorde nous plonge dans le regard d’amour de Jésus : nous sommes aimés comme nous sommes mais nous sommes aussi appelés à avoir ce même regard vis-à-vis de ceux qui nous entourent.

Le vendredi 29 juillet est celui du Chemin de Croix avec le Pape. Nous sommes tous recueillis autour de la croix portée par des jeunes qui est signe de la Miséricorde de Dieu et nous méditons personnellement sur la façon dont nous pouvons nous-même être signes de la miséricorde dans nos vies.

Nos journées à Cracovie mélangent des moments spirituels très forts à des moments plus légers : se promener entre amis dans les rues de Cracovie est un plaisir immense et plus particulièrement encore pour les jeunes de Palestine qui se sentent habituellement enfermés dans leurs territoires. Les rencontres et les échanges avec des jeunes d’autres pays sont aussi des moments très joyeux !

 

Un temps de communion avec les jeunes du monde entier

Samedi 30 juillet : il est temps de prendre la route pour le Campus Misericordiae. Il nous faudra plusieurs heures pour l’atteindre, en transports en commun puis à pieds. Nous arrivons fatigués mais cette joie qui ne quitte pas cette foule de jeunes reste aussi bien présente dans notre groupe.

Les chants puis les témoignages nous font entrer dans cette veillée qui restera un des moments les plus forts de ces rencontres. Nous sommes en communion avec des jeunes qui ne semblent pas avoir «  besoin » de Dieu. Pour certains d’entre nous, la religion était un moyen de survivre pour les plus faibles ou simplement la formation que l’on doit avoir enfant. Mais sur le campus, on voit toutes sortes de jeunes : Rand, bien sûr, jeune syrien qui témoigne de ce qu’il vit en tant que migrant mais aussi de très nombreux jeunes pour qui tout semble aller très bien. Ils n’habitent pas dans des pays où il y a de fortes tensions politiques ou une très grande pauvreté. Non ! Ils ne sont pas là pour demander de l’aide mais vraiment pour Jésus et pour faire église avec le monde entier. Quel témoignage pour nous !

Après la nuit à la belle étoile et un petit déjeuner pris sur place, la grand-messe de clôture démarre. Comme tout au long de ces rencontres, les jeunes accueillent le Pape dans l’allégresse la plus complète. La dernière intervention du Pape lors de son homélie ne fait que confirmer ce que nous nous disons après chacune de ces interventions : nous avons la grande chance d’avoir un pape qui sait parfaitement s’adresser aux jeunes, chacune de ces interventions nous interpelle et nous va droit au cœur. Dans sa bouche, Zachée, le personnage biblique de l’évangile du jour devient un jeune qui a peur de s’approcher de Jésus « parce qu’il ne se sent pas à la hauteur, parce que la honte le paralyse, parce que la foule qui nous entoure nous fait croire que Dieu est loin, raide et peu sensible » et Jésus est le Seigneur « qui appelle chacun par son nom ». Tout cela est pour nous très parlant.

A la fin de son homélie, le Pape François nous demande « de conserver le bien que nous avons reçu en ces jours ».

Oui, c’est bien comme cela que nous voulons revenir en Terre Sainte : en gardant en mémoire tout ce que le Seigneur nous a offert pendant ce voyage, et en devenant des témoins de sa Miséricorde.

Firas Abedrabbo avec Cécile Klos

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