L’administration générale

Le 14 juin 2017, S.E Mgr Pierbattista  Pizzaballa a nommé M. Sami Youssef administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem. C’est la première fois que cette tache est confiée à un laïc. Dans une interview donnée au Bureau média, Sami Youssef revient sur ce changement et sur cette nouvelle mission qui lui est confiée.

 

Depuis le 1er septembre dernier, vous êtes le premier laïc à avoir la charge de l’Administration générale du Patriarcat latin. D’après vous, que va apporter cette évolution au Patriarcat latin ? 

C’est un grand honneur pour moi d’être la première personne laïque qui occupe le poste d’Administrateur général du Patriarcat latin. Bien qu’aujourd’hui, au sein de l’Église universelle, confier de telles responsabilités à une direction laïque soit plus fréquent, sur notre scène locale qui est surchargée d’histoire et de tradition, cela constitue un changement majeur et historique. J’espère que cette évolution portera ses fruits, et que le partenariat naissant et la responsabilité partagée entre les dirigeants religieux et laïcs conduiront le Patriarcat latin à de nouveaux sommets et le placeront dans une position idéale pour servir notre communauté locale. Le travail d’équipe sera donc essentiel dans la période à venir, car personne ne peut réussir seul sans les efforts collectifs de tous nos employés et collaborateurs engagés.

Tout au long de votre carrière, vous avez eu des postes à responsabilité au sein d’institutions de l’Eglise catholique en Terre Sainte. Pouvez-vous nous en parler et présenter votre parcours ?

Pour résumer mon parcours en une phrase, je pourrais dire que je suis originaire de la vieille ville de Jérusalem et que j’ai travaillé pendant la majeure partie de ma carrière professionnelle pour les institutions de l’Église catholique en Terre Sainte.

Après avoir terminé mes études universitaires aux États-Unis, je suis revenu en Palestine en 1980 et j’ai commencé à travailler à l’Université de Bethléem où j’ai occupé différents postes sur deux périodes et pour un total de 24 ans. J’y ai assumé un certain nombre de responsabilités, dont celles d’enseignant auxiliaire, de maître de conférences, de doyen de la faculté d’administration des affaires commerciales, de vice-président adjoint pour les affaires académiques et, enfin, je fus le premier laïc à assumer les fonctions de vice-président pour les finances et la planification de 2000 à 2009. Sentant le lourd fardeau de l’administration et le risque de la routine, j’ai changé de secteur en rejoignant l’équipe du bureau de la Mission Pontificale – CNEWA[1] à Jérusalem en 2009 en tant que deuxième directeur régional laïc pour la Palestine et Israël. J’ai découvert le travail humanitaire et de développement et j’ai été impliqué dans le soutien à des dizaines d’institutions principalement chrétiennes fournissant des services de qualité aux communautés marginalisées dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des services sociaux.

Après huit années passées au service de la CNEWA-Mission Pontificale, j’ai senti de nouveau qu’il était temps pour moi de changer et ai décidé, au regard de la nature des services qu’il offre, de relever les défis du Patriarcat latin.

Comment votre expérience va t-elle vous permettre de relever ces défis ?

Je suis appelé à combiner mon expérience en gestion administrative et financière acquise à l’Université de Bethléem avec l’expérience humanitaire et de développement du CNEWA – Mission Pontificale.

Non seulement le Patriarcat latin de Jérusalem est l’Eglise locale avec un diocèse couvrant quatre pays en Terre Sainte, mais  il répond également à de nombreux besoins grâce à ses institutions dans un certain nombre de secteurs, et notamment dans le domaine de l’éducation à travers un réseau de 45 écoles en Jordanie, en Israël et en Palestine. En outre, nous ne devons pas sous-estimer l’aide humanitaire, médicale, scolaire et pastorale fournie chaque année à des milliers de personnes, ni les centres qui fournissent des services de qualité allant des personnes âgées de Taybeh aux enfants gravement handicapés d’Amman, pour n’en citer que quelques-uns.

Notre objectif va donc être de toujours mieux soutenir les communautés chrétiennes où nous opérons tout en veillant sur les marginalisés, les faibles, les pauvres ou les personnes oubliées.

 A votre avis, quel doit être le rôle des laïcs au sein des institutions de l’Eglise ?

Comme je l’ai souvent dit, les laïcs sont des invités dans les institutions où ils travaillent. Certains restent pour une courte période tandis que d’autres restent beaucoup plus longtemps. Certains laissent un grand impact sur leurs institutions tandis que d’autres n’en laissent aucun. Finalement, nous finissons tous par passer et les institutions restent et grandissent et continuent à fournir des services de qualité. Ainsi, notre devoir est d’agir avec professionnalisme et loyauté, de construire sur les bases posées par les personnes qui ont travaillé dur avant nous, et de préparer le chemin pour ceux qui nous succéderont afin de poursuivre le processus de construction.  Ainsi, le maintien de normes professionnelles éthiques et morales élevées fondées sur les valeurs que notre Sauveur nous a enseignées sera la clé de notre succès et de celui des institutions que nous servons.

Permettez-moi de confier à vos prières notre travail  afin que celui-ci continue d’être guidé par les valeurs chrétiennes si chères à nos cœurs et au Saint-Esprit.

[1] CNEWA : Catholic Near East Welfare Association


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Patriarcat latin de Jérusalem
Jaffa Gate – Old City
P.O.Box 14152
91141 Jérusalem
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