Méditation de Mgr Pizzaballa : XXVIe dimanche du Temps Ordinaire, année A

Publié le: September 26 Sat, 2020

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27 septembre 2020

XXVIe dimanche du Temps Ordinaire, année A

Le contexte dans lequel se trouve le passage de l'Évangile de la liturgie d'aujourd'hui (Mt 21, 28-32) est très différent de celui des dimanches précédents. Au début de ce chapitre, en effet, Matthieu raconte l'entrée de Jésus à Jérusalem, avec tout ce qui suit : Jésus entre dans le temple et chasse « tous ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple » (Mt 21, 12), tandis que le lendemain matin, en rentrant à la ville, il maudit le figuier sur lequel il n'a pas trouvé de fruit, et l'arbre se dessèche.

À la suite de ces épisodes, les autorités juives veulent savoir par quelle autorité Jésus accomplit ces gestes, et de là naît une discussion, dans laquelle Jésus commence par raconter trois paraboles : la première est celle que nous entendons aujourd'hui, la seconde est celle des vignerons homicides (Mt 21, 33-44), la troisième est celle des invités qui ne se présentent pas au banquet de noces (Mt 22, 1-14).

Le contexte est important pour entrer dans ce passage, car nous sommes à présent à la fin de la mission de Jésus, et les dirigeants, les prêtres et les pharisiens se ferment de plus en plus à son discours.

Les paraboles que Jésus leur raconte sont une ultime tentative, une nouvelle possibilité qu’il leur est donnée de se laisser atteindre par la bonne nouvelle du Royaume ; chose impossible si l'on ne connaît pas son propre cœur et ce qui l'habite.

Qu'est-ce qui l'habite ? Et est-ce nécessaire pour entrer dans le Royaume ?

Dans le cœur de l'homme, il y a à la fois le oui et le non. Il y a l'accueil et le rejet, il y a le bien et le mal.

Dans les deux cas rapportés par Jésus dans la parabole, on retrouve ce mélange, cette ambiguïté.

Dans aucun des deux cas, ne se trouve que le oui, dans aucun des deux cas, ne se trouve que le non.

Eh bien, pour entrer dans le Royaume, la première étape est de se rendre compte de cette ambivalence qui nous habite. C'est prendre conscience qu’il n'y a chez personne une fidélité sans faille, un oui fidèle.

On n'entre pas dans le Royaume parce que l’on est quelqu’un de fidèle ; au contraire, comme nous l'avons vu dans la parabole de dimanche dernier, travailler dans la vigne dès la première heure ne garantit pas de faire une rencontre vraie et définitive avec le Seigneur et son salut.

Alors, quelle est la voie à suivre ?

Le chemin ne se définit que dans un seul et unique mot que Jésus répète deux fois dans les versets cités aujourd'hui, je veux parler du verbe « se repentir » (Mt 21, 29, 32).

Il y a un premier non, avec une raison banale : je ne veux pas. Et c'est un non dit à un père, qui, comme tout père, peut demander en toute simplicité parce qu'il a déjà beaucoup donné.

Mais ce qui est important, c'est le regret de l’avoir dit.

La parabole ne dit pas comment il est né, elle dit seulement que c'est arrivé, parce qu'au fond, même ce repentir est un don. Et c'est seulement à partir de ce don que l'on peut franchir l’étape suivante, celle d'essayer de dire oui, en sachant que c'est quelque chose pour laquelle notre force seule ne suffit pas.

Et il est intéressant de noter que des deux fois où le terme « se repentir » est utilisé, la première fait référence au fils qui dit d'abord non, puis, précisément, se repent. La seconde, en revanche, ne se réfère pas aux publicains et aux pécheurs, comme le voudrait la logique, comme l'attend l'auditeur de la parabole. Il ne se réfère pas à eux, que Jésus cite au verset 32, mais aux interlocuteurs mêmes de Jésus, aux Pharisiens et aux chefs du peuple. A ceux qui, du moins en apparence, ont immédiatement dit « oui » et qui n'auraient donc pas besoin de se repentir.

Comme pour dire que, quel que soit le point de départ, l'étape du repentir, de la conversion, est demandée à tous.

Mais se repentir de quoi ?

Il ne s'agit pas nécessairement de se repentir de je ne sais quelle faute grave, mais de revenir à l'expérience de Dieu comme miséricorde, de remettre la logique des béatitudes au cœur de sa vie, de s'abandonner au don de l'amour inconditionnel.

Pour que cet amour, comme nous l'a rappelé la parabole de dimanche dernier, puisse être donné à tous, quel que soit le mérite de chacun.

Et il est possible même, que tout cela n'arrive pas qu'une fois dans une vie, et il n'est jamais totalement exclu que l'on puisse à nouveau dire non, pour ensuite, à nouveau, se repentir.

+Pierbattista

Traduit de l’italien