Méditation du Patriarche Pierbattista Pizzaballa : 19ème dimanche du temps ordinaire, année B, 2021

Publié le: August 06 Fri, 2021

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19ème dimanche du temps ordinaire, année B

8 août 2021

Dimanche dernier, nous avons vu les premières réactions du peuple devant le miracle du pain, comme il est dit au chapitre 6 de l’Évangile de Jean. Les gens recherchent Jésus, mais il leur demande de clarifier la motivation derrière cette recherche: que cherchent-ils? Quelle faim les pousse? Et comme il l’a fait avec la soif de Samaritaine, il agit ainsi avec eux : de la même manière qu‘il y a l’eau vive qui désaltère la soif de toujours (Jn 4,14), donc il y a aussi un vrai pain, que nourrit la faim de la vie éternelle.

Ensuite, il s’agira de comprendre ce qu’est ce pain, d’où il vient, qui nous le donne et comment nous pouvons en être nourris.

La première déclaration dont nous discutons aujourd’hui est celle que nous trouvons au verset 49: “Vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts”. Le mot “mort”, ainsi que le mot “vie”, reviennent plusieurs fois dans ces versets et nous aident à comprendre où se situe le problème, de quoi parle Jésus. Jésus parle du problème fondamental de l’homme, c’est-à-dire de sa vie et de sa mort.

Israël, sur son chemin dans le désert, a fait une grande expérience, celle de la manne : Dieu s’est occupé pendant de très longues années de nourrir son peuple avec un pain chaque jour, il calma leur faim. Ce n’était pas n’importe quel pain, il venait du ciel et était le signe de la présence de Dieu dans la vie de son peuple. C’était certainement un prodige merveilleux, et pourtant ce n’était pas assez pour empêcher ceux qui le mangeaient de mourir. Ils l’ont mangé mais ils sont morts. C’était un pain qui avait une vie consacrée à la mort. Nous mangeons pour vivre; pourtant le pain dont nous disposons est un pain qui n’évite pas la mort.

Y a-t-il aussi un pain qui nourrit pour la vie ? Un pain de vie éternelle ? Comment un tel pain peut-il exister ?

L’Évangile d’aujourd’hui nous dit que nous ne pouvons donner aucune réponse à cette question si nous ne nous laissons pas être attirés vers le Père (Jn 6,44). Ce pain est pas le travail de l’homme, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, il est le don de Dieu. Seul, l’homme ne peut pas comprendre le grand scandale, le grand paradoxe de ce pain, ce que résume Jésus dans le dernier verset nous lisons aujourd’hui : “Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie.” (Jn 6, 51). Ce qui fait scandale, c’est que dans la chair de Jésus, dans sa vie humaine et fragile, toute la vie de Dieu devient pain pour les hommes, nourriture d’une vraie vie. Le scandale est que le pain du ciel passe par la vie d’un homme, par sa chair: il n’y a pas de vie de Dieu, sans l’incarnation de Jésus, qui choisit de nous donner sa chair comme nourriture, comme un don. Et tout cela simplement parce que l’homme peut enfin vivre une vie qui va au-delà de la mort. En effet, celui qui mange de ce pain aura la vie éternelle (Jn 6, 51).

C’est pourquoi c’est un vrai pain (Jn 6, 32) et c’est un pain vivant : seul ce qui est vivant peut nous nourrir de la vie éternelle. La manne a nourri la vie sur terre, celle qui meurt; la chair du Christ nous nourrit de la vie du Père qui ne meurt pas.

Pour comprendre cela, il nous suffit d’entrer dans l’expérience de la foi, qui est une question d’attraction et non d’effort humain: c’est la réception de ce travail que Dieu accomplit mystérieusement en l’Homme. Parce que tous seront attirés par Dieu, tous seront enseignés par Lui (Jn 6, 45), personne ne sera exclu. L’attraction n’est pas une contrainte: personne n’est obligé de manger ce pain. N’en mangent que ceux qui se préoccupent de leur faim, ceux qui acceptent de recevoir un cadeau d’en haut, ceux qui ne sont pas satisfaits, ceux qui continuent à chercher. Chez ceux pour qui une telle attitude ne se produit pas, l’alternative est la récrimination, le murmure (Jn 6,41.43), comme le font les Israélites avant l’affirmation avec laquelle Jésus proclame le vrai pain du ciel. Ils ont le pain de vie devant eux, mais ils ne se laissent pas attirer parce qu’ils ont cessé de chercher, parce qu’ils n’acceptent pas d’être surpris.

La mormorazione è il ritornello che accompagna Israele nel deserto, quando non si ricorda che Dio provvede e quando lascia prevalere la paura della morte. Ed è il tentativo dell’uomo di capire senza ascoltare, di piegare ciò che è vero a ciò che si vede; è la resistenza all’attrazione del Padre.

Tutti, dunque, saranno attirati; e chi si lascia attrarre, mangia, e vive.

Le murmure est le refrain qui accompagne le peuple d’Israël dans le désert, quand il ne se souvient pas que Dieu pourvoit à tous nous besoins et quand il laisse prévaloir la peur de la mort. Et c’est la tentative de l’homme de comprendre sans écouter, de plier ce qui est vrai à ce qui est vu; c’est la résistance à l’attraction du Père.

Tout le monde, par conséquent, sera attiré; et ceux qui se laissent attirer, manger et vivre.

+Pierbattista