Beit Sahour : le lieu de l'annonce de l'ange aux bergers

Par: Beatrice Guarrera - Custodia.org - Publié le: January 04 Mon, 2021

Beit Sahour : le lieu de l'annonce de l'ange aux bergers Available in the following languages:

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,

Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime

C'est par ces mots qu'un ange annonça aux bergers la naissance du Sauveur, selon l'Évangile de Luc (Luc 2,8-20). Ils furent les premiers à atteindre Bethléem et à adorer l'Enfant Jésus couché dans une crèche. Le 29 décembre, la Custodie de Terre Sainte rappelle cet épisode évangélique par une célébration au sanctuaire qui se trouve aujourd'hui dans le village de Beit-Sahour, à trois kilomètres au sud-est de Bethléem, sur le site identifié par la tradition comme le champ des bergers.

Habituellement, une centaine de personnes participent à la solennité de l'apparition des anges aux bergers, mais en raison des restrictions liées à la pandémie de Covid-10, cette année, seul un petit groupe de fidèles a pu y assister. " Le curé de l'église latine de Bethléem, le Père Rami Asakrieh et quelques autres membres de la communauté locale nous ont rendu visite pour la messe ", a expliqué le Père José María Falo Espés, gardien de la fraternité franciscaine du champ des bergers. "Nous étions également une petite communauté d'une trentaine de personnes le 24 décembre, avec la messe de minuit présidée par le nonce apostolique en Israël et en Palestine, Mgr Leopoldo Girelli."

Ce fut une nuit de Noël différente au sanctuaire de Beit Sahour, où les années précédentes des groupes de pèlerins alternaient continuellement pour célébrer dans la chapelle et dans les grottes naturelles. "Cette année, nous n'avions que quatre messes réservées pour une centaine de personnes, composées de religieux et religieuses locaux et de groupes de chrétiens qui vivent en Terre sainte", poursuit le Père José.

Le sanctuaire avait été fermé de mars dernier jusqu'à la fin du mois de mai, alors que maintenant il a des horaires réduits (de 9 heures à midi), et il est fermé les vendredis et samedis pour respecter les dispositions locales. Malgré l'absence de pèlerins, la vie à Beit Sahour continue : "Aujourd'hui, notre communauté est composée de trois frères. Nous ne savons pas quand nous pourrons à nouveau ouvrir toute la journée comme avant la pandémie, mais en attendant, nous poursuivons notre vie de fraternité et notre travail pour que tout soit prêt lorsque les gens recommenceront à visiter le sanctuaire et à prier." Leurs journées sont rythmées par l'accueil des rares fidèles, le travail dans le jardin et le couvent, et les moments de prière.

"L'espoir que tout le monde a placé dans le vaccin est un véritable espoir que nous puissions revenir à une vie normale", déclare le gardien du couvent franciscain de Beit Sahour.

Le site est une destination de pèlerinage depuis des siècles et les grottes naturelles étaient certainement utilisées dans le passé par les bergers comme abris. Certaines découvertes archéologiques (poteries de la période hérodienne et pièces de monnaie remontant à l'époque des premiers procurateurs romains et de la première guerre judaïque) prouvent que le haut plateau était déjà habité à l'époque de Jésus. Saint Jérôme parlait déjà du champ des bergers au IVe siècle, l'appelant Migdal Eder, la "tour du troupeau". L'évêque Arculf, au VIe siècle, rappelle la présence des sépultures de trois bergers dans une église existante, détruite avant l'arrivée des croisés, mais qui continuait à être un lieu de pèlerinage.

La zone a été achetée par les Franciscains au début du XXe siècle, mais ce n'est qu'en 1951-52 que le Père Virgilio Corbo a effectué des fouilles archéologiques systématiques. Les vestiges d'une ferme datant du premier siècle et d'un monastère byzantin, florissant entre le quatrième et le huitième siècle, ont été mis au jour.

En 1954, les Franciscains, avec la contribution de bienfaiteurs canadiens, ont construit la chapelle Sanctorum Angelorum ad Pastores, conçue par le célèbre architecte Antonio Barluzzi. La forme particulière de la coupole vise aujourd'hui encore à rappeler à tous les pèlerins la tente des bergers, qui furent les premiers à recevoir la nouvelle de la naissance du Sauveur.