Méditation de S.B. le Patriarche Pierbattista Pizzaballa : Sainte Trinité, C

Publié le: June 09 Thu, 2022

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12 juin 2022

Sainte Trinité, année C

Jn 16:12-15

Pour nous aider à entrer dans le mystère de la Sainte Trinité, la liturgie nous offre un passage de l’Evangile de Jean (16,12-15) dans lequel Jésus parle fondamentalement de l’Esprit Saint.

Mais en parlant de l’Esprit, Jésus ouvre un aperçu des relations qui se vivent au sein de la Trinité ; il ne parle donc pas seulement de l’Esprit, mais il dit aussi quelque chose de lui-même et du Père.

Et à cet égard, la première chose que nous apprenons est que l’Esprit ne parle pas pour lui-même, mais dit tout ce qu’il a entendu (Jn 16,13). C’est une indication importante.

Dans les relations trinitaires, on vit ainsi : chacun n’est pas un individu singulier, qui se trouve au centre de son propre horizon. Ainsi, personne ne parle de soi-même, ni par soi-même, ni de ce qu’il décide, pense ou veut.

Au contraire, chacun ne partage et ne donne que ce qu’il a reçu à son tour.

Il doit être très beau de vivre ainsi ; capable ainsi de se dire non pas soi-même, mais un autre ; capable de parler d’un autre, de dire ce que l’autre pense, dit, veut, désire, réalise.

C’est la vie de la Trinité : une vie où personne n’a besoin de s’imposer, parce que c’est l’autre qui le fait pour moi, qui me protège et garantit mon existence.

Le deuxième élément se trouve dans l’adjectif possessif « mon », qui revient plusieurs fois au cours de ces quelques versets.

C’est aussi une indication intéressante, parce que Jésus semble dire qu’à l’intérieur de la Trinité rien n’est possédé définitivement par personne. Il n’y a rien de définitivement « mien » ou « tien ».

Jésus dit donc que ce qui est du Père est aussi du Fils ; et ce qui est du Fils est “pris” par l’Esprit afin qu’il puisse appartenir à tous, aux disciples.

Dans l’Évangile de Jean, ce concept revient plusieurs fois.

Par exemple, quand il est dit : « Jésus leur répondit : ‘Mon enseignement n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé ’ (Jn 7, 16) ; et plus loin il dit que « la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé » (Jn 14, 24).

C’est-à-dire que nous trouvons souvent cet échange, cette appartenance mutuelle, cet échange, de ce fait, il est toujours difficile d’établir ce qui appartient à l’un ou l’autre.

Ou plutôt, il est de plus en plus clair, d’après les paroles de Jésus, que le Père et le Fils sont unis par une vie unique, par un seul plan de salut pour l’homme.

Jésus peut donc aller jusqu’à dire que celui qui L’a vu a effectivement vu le Père (Jn 14, 9).

Tout cela signifie simplement que la vie dans la Trinité est essentiellement une vie d’amour, et rien d’autre.

Et dans l’amour, il n’y a pas de possession personnelle dont l’autre puisse être exclu ; il n’y a pas de propriété privée qui enrichisse l’un plus que l’autre. Sinon, ce ne serait pas de l’amour.

Non seulement tout appartient à tout le monde, mais chacun appartient complètement à l’autre et vit de l’autre.

La bonne nouvelle est que ce style de vie n’est pas seulement à l’intérieur de la Trinité : l’Esprit veut vivre en nous comme le début d’une vie vécue également dans l’amour et le don mutuel, où il n’est plus nécessaire de prendre possession de quoi que ce soit, car nous sommes tous également et extrêmement riches du don de l’autre, dans ce que nous recevons et dans ce que nous donnons.

+Pierbattista