Méditation de S.B. le Patriarche Pierbattista Pizzaballa: Quatrième dimanche de Pâques, Année C

Par: Pierbattista Pizzaballa - Publié le: April 29 Fri, 2022

Méditation de S.B. le Patriarche Pierbattista Pizzaballa: Quatrième dimanche de Pâques, Année C Available in the following languages:

8 mai 2022

Quatrième dimanche de Pâques, Année C

 

Les premiers dimanches de Pâques nous ont fait écouter les passages de l’Evangile relatifs aux rencontres du Seigneur Ressuscité avec ses disciples.

Aujourd’hui, nous commençons à voir à quoi ressemble la vie nouvelle de l’humanité ressuscitée, quelle est la vocation des croyants que le Seigneur rend participants de cette vie nouvelle.

Le passage que nous écoutons aujourd’hui est tiré du chapitre 10 de l’Évangile de Jean, un chapitre dans lequel l’évangéliste rapporte le discours de Jésus sur le bon pasteur.

Il y a une première partie (Jn 10, 1-18), dans laquelle Jésus décrit la physionomie du bon pasteur ; il y a un intermède (Jn 10, 19-24), qui rapporte la réaction des juifs à ces paroles, qui s’interroge sur l’identité de Jésus : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »

Les versets que nous lisons aujourd’hui sont la réponse de Jésus à cette question et, comme cela arrive souvent, Jésus renverse la question.

Et il dit tout d’abord que pour le connaître, pour savoir vraiment s’Il est le Christ, il faut faire partie de son troupeau (« mes brebis », au verset 27 ; « mon Père me les a données », v.29). Il n’existe pas de connaissance qui puisse rester à l’extérieur, de connaissance intellectuelle, de savoir qui n’implique pas la vie, de connaissance qui ne compromette pas ; la connaissance de Jésus passe par l’amour, par une relation de confiance et d’abandon, par le fait de marcher à suite avec une humble obéissance ; c’est ainsi, en effet, et il en est de même pour la relation de Jésus avec le Père (Jn 10,18).

Restant dans la métaphore du berger et des brebis, Jésus utilise quelques expressions : deux disent les dispositions et les actions des disciples envers Lui, et les deux autres disent ce que Lui fait pour eux.

Les disciples font essentiellement deux choses : ils écoutent et suivent (« Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. », v. 27).

Ecouter et suivre sont les deux actions principales de tout disciple et de celui qui choisit une vie nouvelle et ils sont profondément liés l’un à l’autre : on suit dans la mesure où on écoute.

Le pasteur fait deux autres choses, qui sont aussi fondamentales : il connaît et donne la vie (“Je les connais”, v.27 ; “Je leur donne la vie éternelle”, v.28). Il a avec les siens une relation de profonde intimité, de sorte qu’avec chaque disciple il y a une relation personnelle. Et cette relation se réalise exclusivement grâce au don gratuit de sa vie.

Ces versets montrent les implications existentielles de cette relation.

La vie nouvelle, qui naît de la relation avec le Seigneur, a des caractéristiques précises : être une communauté convoquée (« ils écoutent ma voix », v.27). L’appel du Christ les a conduits dans une nouvelle relation avec Lui (« Je les connais ») ; une relation qui à son tour conduit à un nouveau mode de vie (« elles me suivent »). C’est une communauté donnée (« Je leur donne la vie éternelle, v.28), la vie nouvelle du Royaume leur appartient ; et une communauté sûre (« jamais elles ne périront », v.28).

Non pas la sécurité de ceux à qui l’on promet que rien d’ennuyeux ou de dangereux n’arrivera jamais, mais la sécurité de ceux qui savent que leur vie est entre de bonnes mains.

Ici, Jésus dit donc que cette vie ne sera jamais perdue (Jn 10,28).

Jésus a été le premier à faire cette expérience dans sa relation avec le Père : Il s’est confié à Lui, Il L’a écouté, et sa vie n’a pas été perdue ; Il est passé par la mort, mais le Père ne l’a pas abandonné dans sa puissance, et lui a rendu sa vie. Jésus a fait l’expérience que la relation avec le Père est une relation sûre et fidèle.

Et c’est cette relation qu’il veut maintenant donner à ses disciples, qui sont donc appelés à écouter le Seigneur et à Le suivre dans cette expérience de confiance, pour qu’ils passent à travers la mort et découvrent, avec étonnement, que non seulement leur vie n’est pas perdue, mais qu’elle devient éternelle, vraie.

Dans les deux versets de l’évangile d’aujourd’hui, par deux fois les mains sont mentionnées, celles de Jésus (Jn 10, 28) et celles du Père (Jn 10, 29) : dans les évangiles de Pâques les mains apparaissent souvent.

Ce sont des mains qui ont tout reçu, qui ont traversé la mort dont elles portent des signes glorieux. Et maintenant, précisément à cause de cela, elles sont capables de tout garder, sans rien perdre de ce que le Père a déposé.

 

+ Pierbattista