Mgr Pizzaballa échange sur les défis des chrétiens en Terre Sainte avec les paroissiens de Pesaro

Publié le: November 16 Fri, 2018

Mgr Pizzaballa échange sur les défis des chrétiens en Terre Sainte avec les paroissiens de Pesaro Available in the following languages:

ITALIE – Le dimanche 11 novembre, l’Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, a rendu visite aux fidèles de Pesaro dans la région des Marches (Italie). Après avoir célébré la messe à la cathédrale Sainte Marie de l’Assomption Mgr Pizzaballa a tenu une conférence intitulée : « Terre sainte hier et aujourd’hui. Le sens du pèlerinage et la situation actuelle de l’Eglise en Terre Sainte ».

 

L’événement a été organisé par la paroisse des capucins de Saint François de Pesaro en partenariat avec Mme Marina Venturini et M. Alberto Tosi.

La présence de Mgr Pizzaballa à Pesaro est due à la profonde amitié qui unit la communauté locale à la Terre Sainte, où tous les ans, depuis quinze ans, se rendent en pèlerinage des fidèles de cette région. C’est pour fêter ce petit jubilé, et en préparation du prochain pèlerinage qui se tiendra après Noël, que l’idée est venue d’inviter Mgr Pizzaballa à Pesaro.

La messe, célébrée dans la cathédrale en fin de journée, a été présidée par l’Administrateur Apostolique et a vu la participation nombreuse des fidèles qui ont répondu avec enthousiasme à l’événement en remplissant la cathédrale de Pesaro. Parmi eux, les dames et les chevaliers du Saint-Sépulcre, l’ordre équestre dédié au soutien de la Terre Sainte depuis des siècles.

Une rencontre s’est tenue dans la soirée également dans la cathédrale. C’est le Père Marco Di Giorgio, curé de l’église Saint-Louis et guide depuis quinze ans de pèlerinages en Terre Sainte qui a animé la soirée. Avant de répondre aux questions de l’assemblée, Mgr Pizzaballa a offert un aperçu géopolitique du Proche-Orient, où l’Église de Terre Sainte est présente et active depuis deux mille ans, puis a rappelé les caractéristiques historiques, religieuses et politiques un peu complexes de la région.

C’est précisément dans ce contexte si plein de contradictions que s’inscrit la mission du Patriarcat latin, c’est-à-dire, comme il l’a lui-même précisé, le diocèse catholique de Terre Sainte qui s’étend sur un territoire comprenant plusieurs pays : la Palestine, la Jordanie, Israël et Chypre.

Parmi les questions est apparue celle de l’ambiguïté de la place des citoyens chrétiens en Terre Sainte. Mgr Pizzaballa a décrit avec précision la réalité complexe qui caractérise ce territoire dans lequel l’élément religieux absorbe souvent l’élément civique. Il est donc concrètement difficile de sortir des paradigmes sociaux sur lesquels est construite l’identité des citoyens. Dans cette logique, l’arabe, qu’il soit palestinien ou jordanien, est majoritairement musulman, tout comme les Israéliens ont un lien indéfectible avec le judaïsme. Au lieu de cela, le chrétien au contraire a insisté Mgr Pizzaballa rompt ce lien, et abandonne cette logique. Citant saint Paul, l’Administrateur Apostolique a rappelé qu’avec le Christ, « il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre », parce que l’Église est inclusive et ne fait pas de distinction ethnique.

Après cette intervention, a été abordée la question de la petite mais fervente communauté catholique de langue hébraïque présente en Israël, composée de Juifs convertis et de citoyens de langue hébraïque présents sur le territoire israélien, puis celle des relations entre les autorités israéliennes et l’Église catholique de Terre Sainte ou encore celle de la position du Patriarcat sur la question palestinienne.

Mgr Pizzaballa a répondu également très clairement aux questions concernant la demande de la municipalité de Jérusalem aux Eglises et communautés religieuses de payer les taxes commerciales, ou celle de la relation complexe avec les autres confessions et communautés religieuses, en particulier avec les frères orthodoxes.

Enfin, une question a été posée sur l’accueil des migrants et sur le moyen pour l’Eglise et les chrétiens en général de résoudre la question de l’Annonce à des migrants en majorité musulmans. A cela, Mgr Pizzaballa a répondu avec une extrême simplicité, appelant à la juste mesure. « Dans les relations humaines, si tu pars de la foi l’amitié s’arrête, mais si l’amitié nait dans une commune humanité, on peut instaurer les meilleures relations. L’Annonce commence là. »

Filippo De Grazia

Les chrétiens arabes forment moins de deux pour cent de la population. Ils partagent avec les musulmans la culture arabe sur laquelle s’est appuyée l’Islam à sa naissance.