Abu Gosh: Le Frère Louis-Marie est nommé supérieur ad nutum de la communauté

Publié le: November 18 Mon, 2019

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ABU GOSH – Le samedi 9 novembre 2019, à la suite du décès le 6 juillet dernier du Père Charles, Père Abbé des Bénédictins du Mont-Olivet, les moines et moniales de l’Abbaye Sainte-Marie-de-la-Résurrection, domaine national français, ont reçu la visite canonique de l’Abbé général, qui a décidé de nommer un supérieur ad nutum en la personne du Frère Louis-Marie, responsable pendant les trois dernières années des relations avec le judaïsme au sein de la Conférence des Évêques de France.

L’Abbé général de la congrégation du Mont-Olivet était accompagné de deux visiteurs, le Père Abbé de Rosetrevor (Irlande) P. Mark Ephrem ainsi que l’économe général des Olivétains, Fr Andrea, pour cette visite – prévue dans le droit canon pour toutes les familles religieuses – qui s’est tenue du 2 au 9 novembre. Organisée tous les six ans, elle est l’occasion de faire le point sur la situation de la communauté, tant au plan matériel que spirituel, et de s’assurer que celle-ci est bien intégrée dans son pays de mission.

Le décès du Père abbé représente en quelque sorte la fin d’une époque, ou du moins d’une génération. Élu en 2005, le Père Charles était le dernier frère fondateur de la communauté venue s’installer à Abu Gosh en 1976. C’est pourquoi l’Abbé général a décidé de nommer le Frère Louis-Marie supérieur ad nutum, estimant qu’une période de réflexion et de transition était nécessaire avant de convoquer de nouvelles élections au cours desquelles l’un des huit frères sera désigné Père Abbé par les autres membres. Une autre possibilité pourrait  être  la « postulation » : procédure visant à faire appel à un frère « extérieur » à la communauté, pour lui proposer d’en devenir le supérieur. Une alternative rare, en raison du caractère très familial de la vie bénédictine, de même que du vœu de stabilité prononcé par les bénédictins et se prêtant assez peu au changement dans leur mode de vie.

Frère Louis-Marie Coudray a été responsable des relations avec le judaïsme au sein de la Conférence des Évêques de France entre 2016 et 2019. Il a passé plus de trente-cinq ans à Abu Gosh, au cours desquels il a appris l’hébreux moderne, parcouru longuement le pays et fait de nombreuses lectures.

C’est en 1976, dans cette localité des monts de Judée, entre la vallée du Jourdain et les plaines littorales de la mer méditerranée, que trois frères Bénédictins olivétains ont élu domicile dans ce qui est aujourd’hui l’Abbaye Sainte-Marie-de-la-Résurrection. Construite au XIIème siècle par les Chevaliers de Saint Jean l’Hospitalier, cette ancienne commanderie croisée avec église et crypte fut abandonnée aux musulmans en 1187, avant d’être offerte sept siècles plus tard à la France par l’Empire ottoman, en compensation de sa perte de l’église Saint Georges de Lydda (dans l’actuelle ville de Lod) dont s’étaient emparés les grecs orthodoxes en 1871.

Abu Gosh est un monastère composé de deux communautés, quinze sœurs contemplatives (avec à leur tête une prieure ) partageant la vie liturgique des Frères (laudes, vêpres et messe). Très appréciée et intégrée dans son environnement local, l’Abbaye a vocation à constituer une présence monastique « cordiale » tournée vers le monde juif. Le jardin abrite d’ailleurs le mémorial du Cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien Archevêque de Paris né dans une famille juive et qui a travaillé toute sa vie à créer des ponts entre juifs et chrétiens. Le monastère accueille de nombreux touristes israéliens passionnés par leur terre « trois fois sainte », sans oublier de développer des liens avec la communauté arabe dans ce village entièrement musulman. « L’Eglise doit être des deux côtés, et s’efforcer de comprendre le point de vue de tous », aime ainsi à rappeler le frère Louis-Marie, soulignant l’importance « d’entrer dans la culture du dialogue de la rencontre et du respect de l’autre ». En outre les moines sont très bien intégrés dans l’Eglise locale, dont ils participent aux événements majeurs tout en entretenant de très bons rapports avec tous.

Les Bénédictins olivétains assure depuis 40 ans, au domaine d’Abou Gosh, un rayonnement local et mondial qu’a consacré l’élévation en abbaye en 1999 sous le nom de “Sainte Marie de la Résurrection”.

Geoffroy Poirier-Coutansais