Le Conseiller de la Nonciature Apostolique visite des villages chrétiens dépeuplés en Galilée

Par: Saher Kawas/ lpj.org - Publié le: August 13 Fri, 2021

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IQRIT, BIR'IM/ Galilée - Le samedi 7 août 2021, Msgr. Tomasz Grysa, Premier Conseiller de la Nonciature Apostolique en Israël, a rencontré les habitants et les descendants de deux villages chrétiens palestiniens dépeuplés en Haute Galilée ; Iqrit et Kufr Bir'im. Les rencontres se sont déroulées en présence de l'Archevêque Yousef Matta, de l'Archéparchie catholique grecque melkite d'Acre, et de M. Sami Abu Shou Shahadeh, Membre du Parlement israélien pour la Liste Arabe Unie.

Dans les deux villages, Mgsr. Grysa a commencé sa visite par une prière à l'intérieur de l’église antique, puis a écouté les histoires de familles chrétiennes et leur bataille en cours pour retourner légitimement sur les terres de leurs ancêtres et construire un avenir pour eux et leurs enfants.

Selon l'Archéparchie grecque melkite catholique d'Acre, la visite s'inscrit dans ses priorités pastorales pour faire avancer les cas d'Iqrit et de Kufr Bir'im, dont les habitants et les descendants ont fait appel, à plusieurs reprises, au Saint-Siège à travers l'Archéparchie et la Nonciature Apostolique en Terre Sainte.

« Nous continuerons à suivre cette question importante », a écrit Sami Abou Shahadeh sur sa page Facebook. « Nous ferons de notre mieux localement et internationalement pour rétablir les droits et la justice pour les familles des villages dont la lutte a maintenu les cas à l'ordre du jour local et international ».

Droit de retour uniquement en cas de décès

Iqrit et Kufr Bir'im ont tous deux été dépeuplés en novembre 1948, lorsque les forces israéliennes ont jugé nécessaire, pour des « raisons de sécurité », que les habitants des deux villages évacuent leurs terres. Bien qu'on leur ait promis d'être autorisés à revenir « dans deux semaines », les habitants d'Iqrit et de Kufr Bir'im n'ont jamais été autorisés à revenir sur leurs terres depuis lors.

Au cours des années suivantes, les habitants d'Iqrit et de Kufr Bir'im ont été déplacés et transférés dans des villages et des villes voisines comme Jish, Rameh et Haifa ou des camps de réfugiés au Liban. Ne voulant pas abandonner leurs terres et leurs maisons, les habitants des deux villages ont porté l'affaire devant la Cour Suprême israélienne. Dans le cas d'Iqrit, le tribunal a statué en juillet 1951 que leur expulsion était illégale et a ordonné qu'ils soient autorisés à retourner dans leurs foyers. Au mois de juillet de l'année suivante, la même décision fut prise en faveur des habitants de Kufr Bir'im.

Cependant, et malgré la décision du tribunal, les forces israéliennes ont détruit Iqrit et Kufr Bir'im respectivement en décembre 1951 et septembre 1953, laissant leurs églises intactes mais légèrement touchées. Depuis, les habitants de ces villages ont tenté de regagner leurs terres, mais en vain. En 2003, les habitants d'Iqrit ont fait appel devant la Cour Suprême, mais leur requête a été rejetée. Depuis 2012, les habitants et descendants des villages retournent sur leurs terres et y installent un camp, pour être ensuite détruits par les autorités israéliennes.

De 1948 à 1967, les habitants de Kufr Bir'im se sont vu refuser la possibilité d'enterrer leurs morts dans le cimetière du village. Une exception n'a été faite qu'en 1956 pour enterrer le P. Elias Susan, l'un des prêtres du village.

« Je ne comprends pas quel est le problème dans le fait de vivre et d'être enterré ici », a déclaré Haitham Sbeit, un descendant du village d'Iqrit. « Pourquoi devrais-je revenir ici seulement quand je serai mort ? Non, ce n'est pas ce que je veux ».


Pour en savoir plus sur les cas d'Iqrit et de Kufr Bir'im, veuillez cliquer ici et ici.