L'espoir l'emportera : Quand le football permet la rencontre entre deux mondes

Publié le: June 24 Mon, 2019

JERUSALEM – Dans la semaine entre la fête de la Pentecôte et la fête de la Sainte Trinité, les enfants du Centre Sainte-Rachel qui accueillent des jeunes catholiques de différentes origines et hébréophones ont joué deux matchs de football contre les enfants de la paroisse latine de Beit Hanina.

Sur le terrain de football ensoleillé, des enfants de cinq à quatorze ans pleins d’énergie et vêtus de maillots blancs, bleus et oranges se sont retrouvés avec l’envie de donner le meilleur d’eux-mêmes pour «  assommer » l’adversaire. Le premier match a eu lieu entre les plus jeunes enfants, âgés jusqu’à neuf ans, qui étaient organisés en deux équipes mixtes. Dès que l’entraîneur-arbitre a sifflé le coup d’envoi, les jeunes athlètes ont commencé à courir sans se ménager, avec pour seul but la victoire ! La force du sport et la vivacité des enfants ont surmonté toutes les barrières linguistiques et ont permis aux petits de s’organiser rapidement, dans un jeu harmonieux et passionnant, qui s’est terminé après quarante-cinq minutes par un beau score nul de 2-2.

Dans la deuxième partie, les équipes de garçons plus âgés devaient se faire face,  en étant divisées selon l’origine : les garçons de Beit Hanina contre ceux du Centre Saint Rachel. Compte tenu de l’âge des joueurs, de leur langue et de leurs origines différentes, il était possible de percevoir une tension différente animant les joueurs, qui étaient habités par une certaine fierté et le désir de défier et de prouver qu’ils étaient les meilleurs. Le match était un peu plus « enflammé » entre les joueurs et envers l’arbitre, et il s’est terminé avec un score de 3-1.

Qui a gagné ?

Nous ne vous le dirons pas ! Cela restera un secret dans notre cœur et dans le cœur de nos enfants.

Mais nous pouvons vous dire que, le même après-midi,  les vrais gagnants ont été l’espérance, la joie et l’attitude d’accueil, fruit du désir de rencontre, cultivé en silence et avec ténacité pendant plus d’un an. Sur ce terrain de football, il n’y avait plus d’enfants arabophones ou hébréophones, séparés par une histoire qui les a précédés et dont ils portent souvent le fardeau. Il n’y avait que de jeunes joueurs heureux d’avoir la chance de vivre une nouvelle expérience et d’être ensemble.

Précisément, à la veille de la Pentecôte, notre évêque Pierbattista Pizzaballa nous a exhorté à  construire ces ponts : « Si nous sommes conquis par l’amour du Christ, alors nous pouvons contribuer à la construction de nouveaux modèles de coexistence. Je suis convaincu que notre Église a une vocation et une mission particulières, au sein de l’unique Église du Christ répandue dans le monde : témoigner qu’il est possible de vivre et de construire des relations de paix même au milieu de conflits, de tensions et de divisions de toutes sortes, même quand il semble que parler d’espérance soit un slogan ».

Oui, il est possible de construire des relations de paix, même à partir d’un simple ballon et d’un terrain de football. Nous voulons y croire fermement, espérant que ces petits deviendront les hommes de demain, des hommes conquis par l’amour du Christ !

Source : Catholic.co.il