M. René Troccaz, nouveau Consul général de France, fait son entrée solennelle au Saint-Sépulcre

Publié le: November 07 Thu, 2019

JERUSALEM – Le 6 novembre 2019, la communauté française de Jérusalem s’est retrouvée Porte de Jaffa, à l’ouest de la vieille ville, pour suivre l’entrée solennelle au Saint-Sépulcre du nouveau Consul général de France, M. René Troccaz. Comme le veut la tradition, une procession religieuse a accompagné le diplomate jusqu’à la basilique, puis s’est poursuivie jusqu’au domaine de Saint-Anne où le Consul a prononcé son discours d’intronisation.

La Porte de Jaffa avait des allures de petite France, en cette matinée du mercredi 6 novembre où de nombreux français s’étaient réunis à l’entrée ouest de la vieille ville pour suivre le parcours devant mener le nouveau Consul général de France à Jérusalem à la basilique du Saint-Sépulcre.

La tradition remonte à 1926, date à laquelle le ministre français des Affaires étrangères, M. Aristide Briand, signa avec le Saint-Siège des accords réglant le protocole concernant la cérémonie d’intronisation du Consul général de France Jérusalem. Outre la visite officielle au Saint-Sépulcre, l’évènement prévoit une entrée solennelle à la basilique Saint-Anne, domaine national français.

Accompagné de son conseiller aux Affaires religieuses, le Père Luc Pareydt, M. Troccaz était entouré des représentants des « gardiens majeurs » de la basilique, catholique latin, arménien-apostolique et grec-orthodoxe. Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine représentait le Patriarcat latin. En tête de procession, deux « Kawas» (gardes) de la Custodie franciscaine de Terre Sainte, coiffés d’un Fez, rythmaient la marche du son de leur canne, symbole du sabre que portaient les janissaires, garde rapprochée du sultan ottoman. Plusieurs congrégations religieuses ont participé à la marche parmi lesquelles de nombreux Franciscains.

A son arrivée au Saint-Sépulcre, au milieu d’une foule de touristes et de pèlerins observant la scène avec intérêt et étonnement, le Consul général a été accueilli par les représentants des deux familles musulmanes gardiennes des clefs du Saint-Sépulcre, les familles Nusseibeh et Joudeh, qui lui ont présenté les clefs ensemble. Devant le tombeau du Christ, le père Dubromir Jasztal, Franciscain originaire de Pologne et vicaire custodial, a prononcé, en français, le traditionnel discours en l’honneur du nouveau Consul, avant de faire entrer celui-ci dans le tombeau pour un moment privé en compagnie des représentants des Eglises gardiennes du Lieu Saint.

La cérémonie s’est terminée au domaine Saint-Anne, où le Consul a été accueilli officiellement par le recteur de la basilique, le Père Benoît Bernard. M. Troccaz a largement consacré son allocution à la présence française à Jérusalem et au rôle unique et protecteur de la France, rappelant la détermination de celle-ci à « rester fidèle aux responsabilités que l’Histoire et la diplomatie lui confèrent depuis cinq siècles à l’égard des Eglises chrétiennes et des communautés religieuses de Terre Sainte. » Un rôle protecteur qui, selon les mots du Consul, « n’est pas une commémoration tournée vers le passé, mais une mémoire vive au présent ». Le diplomate a évoqué les tensions et la violence qui affectent la région, et particulièrement la situation des chrétiens. Des évènements, a-t-il dit, qui « nous imposent un engagement sans faille dans la mission de soutien aux chrétiens d’Orient ». M. Troccaz est longuement revenu sur la situation de ces derniers, cœur de mission de la France dans son engagement en Terre Sainte, et « clef majeure pour le futur de ces pays, pour leur culture et la conjugaison des diverses identités et croyances qui les ont façonnés. »

La France entretient toujours des liens très étroits avec les communautés chrétiennes de Terre Sainte. Le rôle qu’elle joue dans cette région est une responsabilité diplomatique de l’Etat français, inscrite dans le droit international en vertu de plusieurs traités (Les Capitulations à partir de 1535, le Traité de Berlin de 1878, les accords de Mytilène en 1901 et de Constantinople en 1913). Ces communautés bénéficient de l’accompagnement bienveillant des autorités françaises, qui veillent au respect de leurs privilèges fiscaux et douaniers, tout en soutenant leurs institutions éducatives, sociales ou hospitalières qui, en plus de contribuer aux besoins humanitaires de la région, participent au rayonnement de la France et de la Francophonie.

Un rafraichissement a ensuite été proposé dans une petite salle ainsi que dans la cour du domaine. L’occasion pour les nombreux invités, prêtres, laïcs, religieuses et volontaires en Terre Sainte d’échanger dans une ambiance conviviale et francophile, tout en permettant aux membres de la communauté française de Jérusalem de partager leur expérience dans la Ville sainte.

Geoffroy Poirier-Coutansais