Père Renato Santos, nouveau responsable du Centre Notre Dame Femme de Valeur

Publié le: May 03 Fri, 2019

TEL AVIV – La communauté philippine « de la Divine Miséricorde » de Tel Aviv s’est retrouvée le Samedi 27 avril 2019, pour sa fête patronale au Centre Notre Dame Femme de Valeur. A cette occasion, le Bureau Médias est allé à la rencontre du nouveau responsable du Centre, le Père Renato Santos.

Père Renato, vous voici directeur du Centre Notre-Dame Femme de Valeur depuis quatre mois pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis philippin, prêtre du diocèse de San José.  Compte tenu de l’importante communauté philippine qui est aujourd’hui en Israël, mon diocèse a un accord avec le Vicariat pour les Migrants et Demandeurs d’Asile du Patriarcat latin et c’est donc dans ce contexte que j’étais envoyé ici par mon diocèse. Auparavant j’ai été le curé de six paroisses et je suis heureux aujourd’hui de servir dans ce centre qui a pour mission de servir les populations de migrants catholiques résidants au Sud de Tel Aviv, ville où il n’y a pas –  si ce n’est à Jaffa – de paroisse catholique.

Qui est à l’initiative de ce centre et quand fut-il fondé ?

Il y a dix ans, un groupe de catholiques philippins a commencé à se réunir dans un local au Sud de Tel Aviv qu’ils ont baptisé Divine Miséricorde. Après plusieurs déménagements, la communauté a finalement commencé ses activités au Centre Notre Dame Femme de Valeur en Mars 2014  avec l’aide du Père David Neuhaus. De nombreuses organisations soutenant l’Eglise de Terre Sainte se sont montrées généreuses envers le centre pour permettre l’achat et la rénovation des bâtiments.

Grâce aux nombreux dons reçus des quatre coins du monde, notre centre possède une belle Eglise pouvant accueillir plus de 250 personnes, une chapelle, différentes salles ainsi que des appartements pour les Sœurs des Philippines (Saint Paul) qui travaillent sur place.

Quelle est la mission de ce Centre ?

La mission principale du centre est l’accompagnement spirituel des enfants de migrants. Aujourd’hui, quatre communautés fréquentent quotidiennement le centre : indienne, érythréenne, éthiopienne et philippine.

Le centre propose aux enfants de cinq à quinze ans des activités pastorales. Deux fois par mois, et ce durant une année, les enfants qui souhaitent recevoir les sacrements de la profession de foi ou de la confirmation suivent une formation au côté du P. Rafic Nahra, coordinateur de la Pastorale des migrants et responsable des catholiques hébréophones dans l’Eglise latine de Jérusalem.

Ces quatre derniers mois, dix enfants ont reçu le sacrement du baptême.

Le dimanche, quatre à cinq messes sont célébrées dans plusieurs langues pour les nombreux migrants présents dans ce quartier de Tel Aviv. Après la messe, les familles se retrouvent ainsi fréquemment pour partager amicalement un temps autour d’une boisson fraiche.

Des bénévoles organisent chaque année des camps pour les jeunes, ces camps comprennent des activités spirituelles et sportives, ce qui leurs permet de découvrir des nouveaux lieux et de s’épanouir avec des jeunes du même âge. Le dernier en date était à Beit Gemal, avec pour thème la résurrection de Jésus.

Qui sont les personnes s’occupant du centre et quelles aides recevez-vous ?

Nous sommes trois sur place, deux Sœurs des Philippines (Saint Paul de Chartres) et moi-même, nous recevons de plus de l’aide très précieuse de nombreux volontaires principalement philippins.

Financièrement, notre principale source de revenus vient des familles de migrants qui sont d’une grande générosité avec le centre mais aussi de la part de pèlerins ou de visiteurs. Ces dons permettent de faire vivre la paroisse et le centre mais nous donnent aussi la possibilité de soutenir certaines familles durant des périodes compliquées, généralement dues à des hospitalisations.

Quelle est la situation actuelle des migrants ?

Beaucoup de migrants ne possèdent pas la nationalité Israéliennes voire même n’ont pas l’autorisation  de séjourner sur le territoire, ce qui peut entrainer à tout moment une intervention des autorités locales. Des expulsions ont déjà eu lieu récemment et d’autres migrants devront, sauf changement de situation, quitter à leur tour le territoire en juillet.

Certains enfants sont nés en Israël et se battent avec leurs parents pour pouvoir y demeurer, bien que le droit du sol ne soit pas un élément pris en compte ici. Le fait qu’ils aient grandi en Terre Sainte et que certaines familles y soient implantées depuis plusieurs générations implique que des enfants et jeunes adultes parlent uniquement l’hébreu, ce qui pose un réel problème pour eux en cas d’expulsions.

Au centre, plusieurs femmes élèvent leurs enfants toute seule, il est fréquent que le père soit au pays ou dans d’autres cas plus attristants, qu’il ait quitté la mère, le centre est alors pour eux un véritable port d’attache.

En ce qui concerne leur vie spirituelle, les enfants étudient dans des écoles publiques, laïques et hébréophones, ce qui entraine une absence de contact au quotidien avec l’Eglise. Les cours de catéchèse sont donc primordiaux pour ces jeunes qui ont besoin de vivre leur foi et de la pratiquer.  Je vous invite donc à prier pour ces familles.

Irénée Julien-Laferrière