Portraits de sœurs en Terre Sainte, chapitre 5 : les Oblates de l'Assomption

Par: Cécile Leca/ lpj.org - Publié le: November 24 Thu, 2022

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TERRE SAINTE - Elles portent du bleu, du noir, du marron ou du blanc... Elles travaillent dans des bureaux, des écoles, des institutions, des églises... Elles portent des croix autour du cou, un anneau autour du doigt, des voiles sur la tête... Elles sont les pierres vivantes de l'Église Mère, les âmes qui œuvrent discrètement pour faire rayonner l'Église. Parti à la rencontre de dix petites congrégations féminines de Terre Sainte, lpj.org vous invite aujourd'hui chez les Oblates de l’Assomption, qui font partie de la grande famille de l’Assomption.

Sœur Joséphine, l'une des trois Oblates qui vivent et travaillent actuellement en Terre Sainte.

Fondés en 1865, les Oblates de l'Assomption sont des sœurs missionnaires dont le charisme est axé sur l'unité des chrétiens. Elles sont arrivées en Terre Sainte en 1935 à la demande des Pères Assomptionnistes, pour s'occuper d'une maison de pèlerins à Jérusalem. Présentes là-bas jusqu'en 1956, elles sont revenues en 2003, cette fois à Saint-Pierre en Gallicante. Succédant aux religieux de l'Assomption, elles aident maintenant les Pères à prendre soin du Lieu Saint. 

Plus de 150 ans de service missionnaire

La congrégation des Oblates de l'Assomption a été fondée au Vigan (France) par le P. Emmanuel d'Alzon et Mère Emmanuel-Marie de la Compassion. Elle a vu le jour non seulement pour assister les Pères Assomptionnistes dans leur mission en Orient, mais plus particulièrement pour travailler dans des lieux que, du fait des différences culturelles, seules les femmes pouvaient pénétrer et atteindre.

En mai 1865, les six premiers membres de la congrégation s'installent à Nîmes (France). On choisit une cofondatrice, Marie Correnson, qui devient novice à l'âge de 25 ans et prend le nom de Sr. Emmanuel-Marie de la Compassion. Trois ans plus tard, cinq Oblates sont envoyés en Bulgarie ; elles sont les premières d'une longue série...

Aujourd'hui, les Oblates de l'Assomption sont actives dans plus de vingt pays et dans divers domaines de travail et d'activités : éducation, catéchisme, pèlerinages, dialogue interreligieux, pastorale, médias, jeunesse… Elles travaillent également dans des dispensaires, des orphelinats, des églises, des maisons de retraite, et bien d’autres endroits encore. 

Lorsque Sr Jeanne-Thérèse est absente, Sr. Joséphine la remplace à la boutique de Saint Pierre en Gallicante.

La famille de l'Assomption

Comme mentionné plus haut, les Oblates de l'Assomption sont liées aux Pères Assomptionnistes, fondés vingt ans avant elles par le P. Emmanuel d'Alzon. Parce que le XIXème siècle est marqué par les Lumières, la révolution industrielle, deux guerres mondiales, ainsi que le socialisme, le communisme et d'autres mouvements politiques, le P. d'Alzon, sentant que Dieu n'avait plus la place qui lui était due dans le monde, décide de créer deux congrégations pour restaurer Son règne. 

Aujourd’hui, la famille de l'Assomption est composée de cinq branches différentes : les Religieuses de l'Assomption (fondées en 1839 par Mère Marie-Eugénie de Jésus), les Assomptionnistes et les Oblates, les Petites Sœurs de l'Assomption (fondées en 1865 par le P. Etienne Pernet) et les Orantes de l'Assomption (fondées en 1896 par le P. Assomptionniste François Picard et Mère Isabelle de Gethsémani). Parmi ces branches, deux se sont séparées : les Religieuses, dont sont issues les Sœurs Missionnaires de l'Assomption (1849), et les Petites Sœurs de l'Assomption, dont sont issues les Sœurs de la Charité de l'Assomption (1993).

Bien que ces congrégations ne portent pas le même nom et n'aient pas toutes le même fondateur, toutes suivent la Règle de Saint Augustin et toutes, par leur charisme, leur spiritualité et leur apostolat, partagent de nombreuses caractéristiques communes. Au fil des ans, elles ont souvent travaillé ensemble – comme en Terre Sainte, où les Religieuses de l'Assomption, puis les Oblates, sont venues aider les Assomptionnistes de Saint-Pierre en Gallicante.

Prendre soin d'un lieu saint

Saint Pierre en Gallicante est situé sur le Mont Sion, à côté de l'Abbaye de la Dormition. C'est un lieu saint qui commémore le procès de Jésus ainsi que le reniement de Pierre ("Gallicante" signifiant "chant du coq"). Depuis 1887, ce lieu est la propriété des Assomptionnistes, qui en prennent soin et gèrent l'ensemble du site. Aujourd'hui, trois Oblates travaillent avec eux pour les aider dans leur tâche et leur mission : Sr. Jeanne-Thérèse, Sr. Joséphine et Sr. Linety.

    

Les Oblates priant pendant les Vêpres, qui ont lieu tous les jours – à l'intérieur de la chapelle en hiver, et à l'extérieur en été.

"Cela fait plus de dix ans que je travaille ici", explique Sr. Joséphine. Née au Congo-Kinshasa, elle a enseigné le catéchisme dans une école de sa congrégation avant d’être envoyée à Jérusalem. "Ma tâche consiste à m'occuper de la sacristie, et notamment de préparer l’église et l'autel avant les messes célébrées par les pèlerins qui viennent ici chaque jour."

Préparation des chasubles à l'intérieur de la sacristie

Les Oblates de l'Assomption suivent une formation de trois ans (un an de postulat, deux ans de noviciat) avant de prononcer leurs vœux définitifs. En tant que sœurs missionnaires, elles peuvent être envoyées partout dans le monde au service de leur congrégation et de l'Eglise. "Je suis fière de mon apostolat, qui me permet de rencontrer des pèlerins du monde entier et de différentes confessions chrétiennes", poursuit Sr. Joséphine. "Cette diversité, qui est aussi une profonde richesse, me fait progresser dans la foi chrétienne."

Pendant l’Adoration, chaque jeudi

La supérieure de Sr. Joséphine, Sr. Jeanne-Thérèse, vient aussi du Congo-Kinshasa. Elle est à Jérusalem depuis douze ans. Avant, quand elle habitait encore son pays d'origine, elle aussi était enseignante. Maintenant, elle s'occupe de la boutique de souvenirs qui se trouve en face de l'église, où l'on peut acheter une grande variété de souvenirs locaux. Quant à Sr. Linety, née au Kenya, elle a travaillé comme enseignante en Tanzanie avant de venir en Terre Sainte en 2017.

"Quand nous sommes entre nous, nous parlons le swahili, car c'est une des langues pratiquées à la fois par les Congolais et les Kenyans," explique Sr. Joséphine. "Sinon, Sr. Jeanne-Thérèse et moi parlons français, et Sr. Linety parle anglais".

  

Sœur Jeanne-Thérèse dans le jardin de Saint Pierre, qui nécessite un soin et un entretien constants. Chaque jour, les trois sœurs aident les jardiniers dans leur tâche.

Bref aperçu

  • Nom : Oblates de l'Assomption
  • Fondateurs : † Père Emmanuel d'Alzon et † Mère Emmanuel-Marie de la Compassion
  • Acronyme : OA
  • Charisme : "Faire advenir le règne de Dieu en nous et autour de nous par l'évangélisation, le travail pour l'unité des chrétiens et le service aux personnes dans le besoin."
  • Spiritualité : "L'amour du Seigneur, de sa mère la Vierge Marie, et de son épouse l'Eglise".
  • Pays d'origine : France
  • Localisation aujourd'hui : Gabon, Mexique, Burkina Faso, Congo-Kinshasa, Côte d'Ivoire, Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Kenya, Brésil, Paraguay, Angleterre, Belgique, Bulgarie, France, Italie, Pays-Bas, Corée, Vietnam, Roumanie et Terre Sainte.
  • Habit : une jupe ou une robe avec un voile gris et un chemisier blanc. L'habit des Oblates marque leur choix de renoncement par rapport au monde et d’une vie de simplicité et de pauvreté.
  • Anecdote(s) : une seule branche de la Famille de l'Assomption est masculine. Toutes les autres ne comptent que des membres féminins.
  • Site Internet : https://soeursoblatesassomption.wordpress.com/

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