Portraits des séminaristes du Patriarcat latin : Jour 1

Par: Cécile Leca/ lpj.org - Publié le: May 02 Mon, 2022

Portraits des séminaristes du Patriarcat latin : Jour 1 Available in the following languages:

BEIT JALA/KORAZIN – Depuis 1852, environ 300 séminaristes ont été ordonnés prêtres au sein des deux séminaires du Patriarcat latin de Jérusalem, respectivement situés à Beit Jala et Korazin (Galilée). Qu’ils soient de Terre Sainte ou d’ailleurs, tous ont, au fil des années, contribué à maintenir et à faire grandir les communautés chrétiennes locales du diocèse de Jérusalem. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Mondiale de prière pour les vocations, instaurée par le Pape Paul VI chaque 4e dimanche de Pâques, et qui cette année sera fêtée le 8 mai, lpj.org vous invite donc à découvrir le profil de cinq jeunes séminaristes du Patriarcat latin, tous sur le point d’achever leur formation. 

I/ Abdallah Dababneh – séminariste à Beit Jala

Bio express :

Quand êtes-vous rentré au séminaire ?

Je suis rentré au petit séminaire de Beit Jala à l’âge de 15 ans. J’ai grandi dans une famille très catholique. Ma mère est de confession grecque orthodoxe, mais elle s’est beaucoup impliquée dans la vie de la paroisse latine de Madaba. Quant à mon père, il nous a toujours encouragés à aller à la messe et participer aux activités de la paroisse, à nous impliquer dans son fonctionnement. Parce qu’il avait lui-même vécu une expérience similaire, c’était important pour lui que l’on cherche à connaître et à suivre la voie que Dieu voulait pour nous – peu importe la forme qu’elle prendrait.

Pourquoi avoir opté pour le séminaire de Beit Jala ?

Il n’y a aucune raison personnelle particulière. Quand je suis arrivé ici, Beit Jala était le seul séminaire dont j’avais entendu parler. Mais je pense qu’il s’agit aussi de la volonté de Dieu ; si j’avais été envoyé ailleurs, je ne serai sans doute pas celui que je suis aujourd’hui… et je crois profondément que ça, c’est Dieu qui l’a voulu.

Comment percevez-vous le rôle d’un prêtre ?

Quand j’étais petit, je voyais les prêtres comme des hommes qui rassemblaient les gens autour de Dieu, notamment par la prière. C'est quelque chose que j'ai toujours admiré - à tel point que, enfant, je m'habillais comme un prêtre pour réciter des prières à la maison. Cette fantaisie a grandi avec moi, a mûri, et aujourd’hui je comprends que ce désir que j'avais enfant, celui de rassembler les gens autour de Dieu et de les conduire vers Lui, me venait de Dieu lui-même. Un prêtre est quelqu’un qui est appelé à être un Alter Christus (un autre Christ), à conduire les gens vers Dieu en leur apprenant à Le connaître et en les sanctifiant par les sacrements.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir prêtre ?

Un jour, à l’école, le directeur des vocations et le prêtre de notre paroisse sont venus nous demander qui souhaitait rentrer au séminaire. J’ai levé la main. Beaucoup de mes camarades autour de moi l’ont fait… sauf que, dans mon cas, j’ai ressenti quelque chose de spécial. Bien sûr, je n’ai vraiment compris ça qu’après avoir passé cinq années au Petit séminaire de Beit Jala. J’ai compris que l’appel que j’avais entendu ce jour-là, à l’école, était différent de celui de ceux qui sont entrés ici puis qui ont fini par repartir. C’est un appel qui m’a dit, Dieu attend quelque chose de toi, quelque chose en plus.

Avez-vous des attentes quant à votre avenir en tant que prêtre ?

Plus le temps de mon ordination se rapproche, plus je me rends compte que ce ne sont pas mes attentes qui importent, mais le fait de laisser Dieu agir dans ma vie. La vie d'un prêtre est passionnante ; chaque jour, il y a une nouvelle surprise… et j'aime les surprises ! À l'avenir, je veux continuer à étudier ; j'aime aussi beaucoup enseigner sur Dieu, amener les gens à Le connaître aussi intellectuellement. Mais la vie dans une paroisse est également passionnante, car j'aime être proche des gens, les soutenir aussi bien dans leurs moments heureux que dans leurs difficultés.