Portraits des séminaristes du Patriarcat latin : Jour 3

Par: Cécile Leca/ lpj.org - Publié le: May 04 Wed, 2022

Portraits des séminaristes du Patriarcat latin : Jour 3 Available in the following languages:

BEIT JALA/KORAZIN – Depuis 1852, environ 300 séminaristes ont été ordonnés prêtres au sein des deux séminaires du Patriarcat latin de Jérusalem, respectivement situés à Beit Jala et Korazin (Galilée). Qu’ils soient de Terre Sainte ou d’ailleurs, tous ont, au fil des années, contribué à maintenir et à faire grandir les communautés chrétiennes locales du diocèse de Jérusalem. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Mondiale de prière pour les vocations, instaurée par le Pape Paul VI chaque 4e dimanche de Pâques, et qui cette année sera fêtée le 8 mai, lpj.org vous invite donc à découvrir le profil de cinq jeunes séminaristes du Patriarcat latin, tous sur le point d’achever leur formation.

III/ Yousef Ibrahim – séminariste à Beit Jala

Bio express : 

Quand êtes-vous rentré au séminaire ?

 

Je suis entré au séminaire à l'âge de 14 ans et j'y suis resté trois ans. Ensuite, je suis retourné dans mon village, où j'ai étudié à l'école du Patriarcat latin. Deux ans plus tard, parce que j’ai ressenti l’appel de Dieu et parce que j’ai senti que je serais plus heureux en empruntant ce chemin, j'ai choisi de revenir au séminaire de Beit Jala.

Pourquoi avoir opté pour le séminaire de Beit Jala ?

Les prêtres de notre paroisse de Zababdeh venant des séminaires du Patriarcat latin, cela s’est fait assez naturellement. Mais fondamentalement, si je suis heureux d'être à Beit Jala, c’est parce qu’il s’agit d’un séminaire qui s’adresse à tout le monde, qui ne se limite pas à une seule communauté. C’est quelque chose d’important pour moi que de pouvoir m’adresser, en tant que prêtre, non pas à une communauté spécifique, mais à tous les habitants de Terre Sainte, en particulier ceux de notre diocèse ou qui font partie des communautés de la région.

Comment percevez-vous le rôle d’un prêtre ?

Pour moi, le premier rôle d’un prêtre, c’est d’être saint. Si chaque approche est différente, si chaque prêtre fonctionne différemment dans son rôle de guide, selon moi, nous devons tous chercher à atteindre, à notre propre niveau, une forme personnelle de sainteté. Notre tâche est de conduire le peuple de Dieu, ce qui implique d’être en relation avec Lui. Il est donc de notre devoir de toujours chercher à améliorer cette relation, c’est-à-dire avant tout de chercher à s’améliorer soi-même, selon la parole de Dieu.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir prêtre ?

Pour être honnête, quand je suis rentré au séminaire, je suis entré sans ressentir aucune ambition religieuse particulière. Mais avec le temps, à force d’y réfléchir, de me poser des questions, et surtout d’écouter les autres, surtout mes conseillers et pères spirituels, et bien sûr, Dieu lui-même, j’ai fini par entendre Son appel. J’ai compris qu’Il m’avait choisi, qu’Il m’appelait à me mettre à son service. C’est un peu comme à l’université, en fait ; on a beau déjà être étudiant, on réfléchit à son parcours, on hésite, on ne sait pas trop vers quoi se diriger. Puis soudain, avec le temps, ça devient clair.

Bien sûr, tout le monde, et surtout les chrétiens, est appelé à devenir saint, à entrer en relation avec Dieu. Et chacun a sa propre méthode pour y parvenir. Certains vont fonder une famille, d’autres vont devenir des religieux ou des religieuses… Dans mon cas, ça a été la vocation sacerdotale. Finalement, mon but est le même que celui de tous les autres ; la seule différence réside dans le chemin, la voie que j’ai empruntée.

Avez-vous des attentes quant à votre avenir en tant que prêtre ?

J’aimerais devenir prêtre de paroisse. Pour moi, il s’agit de la mission la plus fondamentale. Bien sûr, les autres sont tout aussi importantes et tout aussi nécessaires ; mais être curé de paroisse, c’est travailler pour le salut des autres, pour moi-même, pour entretenir ma relation avec le Christ, pour Le glorifier.