Cénacle sacerdotal à Jérusalem : des prêtres se réunissent et prient ensemble

Par: Cécile Leca/ lpj.org - Publié le: November 06 Sun, 2022

Cénacle sacerdotal à Jérusalem : des prêtres se réunissent et prient ensemble Available in the following languages:

JERUSALEM - Depuis le 29 septembre 2022, prêtres diocésains et religieux de tout le diocèse de Jérusalem sont invités à partager un moment ensemble le dernier jeudi de chaque mois - une initiative qui ouvre les portes à un dialogue renforcé entre les membres du clergé.

Ecouter. Le mot autour duquel est construit le Synode du Pape François, un mot qui a été immédiatement traduit par "des prêtres à l'écoute des laïcs". Mais qu'en est-il des "prêtres à l'écoute des prêtres" ? C'est l'idée de ce "Cénacle sacerdotal", une initiative récente du P. Benedetto Di Bitonto, prêtre du Patriarcat latin de Jérusalem.

"L'idée principale est de favoriser la prière entre prêtres. Parfois, nous sommes tellement occupés à travailler avec d'autres, à les aider à prier et à se rapprocher de Dieu... qu'il ne nous reste plus de temps à consacrer à notre prière personnelle." Assis dans une petite pièce dans l'église de Saint Siméon et Sainte Anne, le P. Benny s'explique. Cette idée, cela fait un an qu'il y pense, après avoir lu un livre sur le sacerdoce suggérant d'organiser des "cénacles" pour les prêtres. Il a finalement décidé d'essayer cette année, après en avoir discuté avec Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, puis avec le P. Piotr Zelazko, Vicaire patriarcal pour le vicariat Saint-Jacques. "Je crois vraiment que si nous, prêtres, ne consacrons pas suffisamment de temps à notre rencontre personnelle avec Jésus, notre vie spirituelle s'étiolera et nous n'aurons plus rien à offrir aux autres."

Moment de prière partagée, en langue latine

L'objectif de ce cénacle est aussi de créer une communauté ; quelque chose qui manque parfois dans la vie des prêtres. "Si vous n'appartenez pas à un ordre ou à une congrégation, vous passez la plupart de votre temps seul. Je pense qu'il est important de prier ensemble, en tant que frères prêtres", explique le P. Benny. "C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à tous les participants de porter l'étole. Ils n'en ont pas besoin pour prier, mais dans ce cas particulier elle agit en tant que symbole : nous sommes ici pour prier en tant que prêtres, et en union avec tous les autres prêtres du monde, en particulier ceux qui, quelle qu'en soit la raison, ne peuvent pas prier."

Le programme du cénacle est simple : Liturgie des heures puis Adoration, suivie d'un repas fraternel. "Je voulais mettre en place un moment un peu convivial après la prière, pour nous permettre de discuter et d'apprendre à nous connaître", explique le P. Benny. "Bien sûr, l'initiative a commencé il y a un mois, donc nous n'avons pas encore formé une véritable communauté : pour l'instant, personne ne se sent suffisamment à l'aise pour partager ses difficultés ou parler de questions plus personnelles... mais j'espère que cela viendra à l'avenir."

Pendant la prière, les prêtres ont aussi la possibilité de se confesser.

"Trouver du temps pour prier, surtout avec d'autres prêtres, peut être très difficile", déclare le P. Tiago Rangel Cardoso, un prêtre appartenant à la congrégation Notre-Dame de Sion d'Ain Karem, participant de ce deuxième cénacle sacerdotal. "Consacrer quelques heures pour adorer le Christ ensemble est une grande opportunité pour nous tous. Ce cénacle m'a également permis de rencontrer d'autres prêtres que je ne connaissais, car la plupart d'entre nous sont répartis dans tout le diocèse et n'ont pas l'occasion de se rencontrer très souvent."

Pour le P. Cristóbal Vilarroig, légionnaire du Christ étudiant un doctorat à l'Ecole Biblique et Archéologique de Jérusalem (EBAF) et vivant au Centre Notre Dame de Jérusalem, cette rencontre de jeudi était la toute première. "Elle m'a apporté un temps de silence dont j'avais bien besoin", dit-il. "Je suis toujours impliqué dans tellement de choses... Ce temps entièrement dédié au Seigneur m'a permis de me reposer et de me recentrer sur ma relation avec Lui."

Ce cénacle sacerdotal se déroule dans la maison de Saint Siméon de Sainte Anne, non loin de la vieille ville de Jérusalem.

"Des vies bien remplies, avec de nombreuses tâches à accomplir, c'est notre quotidien", convient le P. Alberto Pari, un Franciscain de la Custodie de Terre Sainte qui est dans le pays depuis seize ans. "Nous n'avons pas beaucoup d'occasions d'avoir un temps de silence, de prière et de partage, surtout en tant que prêtres. Alors, quand j'ai entendu parler de ce cénacle, j'ai sauté sur l'occasion. Ce n'est pas facile de se rendre disponible pour ce temps, mais ça en vaut vraiment la peine. Et j'espère que d'autres prêtres viendront à l'avenir ; en tant que Franciscain, la plupart des prêtres que je connais sont... des Franciscains. J'aimerais beaucoup en rencontrer d'autres grâce à ce cénacle".

Secrétaire général de la Custodie et directeur de l'institut Magnificat, le P. Alberto est également responsable de la communication et du dialogue interreligieux.

"Prier ensemble et partager du temps entre prêtres est une chose précieuse pour moi aussi", conclut le P. Mauro Evangelista, étudiant à la Custodie, et venu pour la première fois. "J'espère que je pourrai venir aux prochaines rencontres."