Un nouveau prêtre et quatre nouveaux diacres pour le Patriarcat latin de Jérusalem

Par: Sara Fornari - Publié le: September 28 Tue, 2021

Un nouveau prêtre et quatre nouveaux diacres pour le Patriarcat latin de Jérusalem Available in the following languages:

"Soyez des bergers qui ont leur cœur en Dieu. Soyez sa présence dans la communauté."

DOMUS GALILAEAE - Le Patriarcat de Jérusalem a un nouveau prêtre et quatre nouveaux diacres. En cette fête de saint Matthieu, le Patriarche Pierbattista Pizzaballa a ordonné les nouveaux ministres formés au séminaire Redemptoris Mater de Galilée.

"Que vous soyez la Jérusalem, le lieu de la présence du Seigneur. Rendez-le présent dans la communauté chrétienne. Avec vos cœurs unis au Christ, toujours orientés vers Dieu, soyez des témoins et des annonciateurs du salut. " Telle était l'exhortation, et en même temps le voeu, du Patriarche latin de Jérusalem aux cinq nouveaux ministres qu'il a ordonnés : un prêtre et quatre diacres du séminaire Redemptoris Mater de Galilée. Le rite solennel d'ordination a été célébré dans le cadre de la fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste : c'est-à-dire la rencontre avec le Christ qui change le cœur, qui transforme le péché en expérience et en annonce du salut, suivie d'une conversion qui nous affine pour être toujours des témoins du Seigneur.

Le nouveau prêtre est Samuel Francisco Tobar Maida, un Salvadorien de 34 ans, 11e d'une famille de 12 enfants, qui était diacre dans la paroisse de Rameh.

Les diacres ordonnés ce jour-là sont Samuel Costanzo et Paolo Sepich, tous deux âgés de 29 ans et originaires de Rome, même si Paolo a grandi en Israël dès son plus jeune âge. En effet, sa famille a quitté l'Italie pour être missionnaire dans ce pays. En outre, il y avait Mauricio Alberto De La Cruz Natera, 33 ans, de Colombie, et Juan José Fernández Orbe, 29 ans, d'Équateur, lui aussi fils d'une famille en mission pour le Chemin Néocatéchuménal.

Une grande assemblée de fidèles et quelques religieux se sont réunis en prière autour d'eux et avec eux. Ils venaient de différentes régions de Terre Sainte - où ces jeunes hommes ont servi ou ont été en mission. À leurs côtés se trouvaient les frères des communautés néocatéchuménales dans lesquelles ces frères achèvent leur chemin de foi, et enfin, la communauté internationale de Domus Galilaeae. Les familles des candidats et leurs communautés d'origine, quant à elles, étaient reliées par Internet depuis l'Italie, le Salvador, la Colombie et l'Équateur : en raison des restrictions en vigueur à cause de la pandémie, il ne leur était pas possible d'entrer dans le pays.

Avant tout, Mgr Pizzaballa a centré son homélie sur un passage de la première lecture, tiré du prophète Jérémie : "Je vous donnerai des bergers selon mon cœur", en soulignant que, comme toutes les réalités, le cœur a toujours besoin d'être soigné, et "surtout pour les prêtres, il est important d'avoir le cœur en Dieu". Pour cette raison, "'je vous donnerai des bergers selon mon cœur' signifie essayer d'unir son propre cœur - nous les bergers - au cœur de Dieu. Cela demande de la patience, un travail sur soi continu, tout au long de la vie. Ne jamais rien considérer comme acquis, parce qu'il n'y a pas de juste milieu : quand on s'en va, on retourne à l'entêtement du cœur méchant, selon Jérémie." D'autre part, "si votre cœur est en Dieu, alors vous saurez aussi être de bons bergers pour le troupeau qui vous est confié, toujours : si votre cœur est consacré, orienté vers Lui, avec la conscience d'être toujours devant Lui. Sinon, vous mènerez le troupeau là où va votre cœur. Plus que les mots que vous dites, c'est le cœur avec lequel vous aimez qui comptera", a-t-il résumé de manière incisive.

Une chose audacieuse est ensuite dite dans le passage de Jérémie, le Patriarche a remarqué que "Il n'y aura plus d'arche, car la présence du Seigneur sera à Jérusalem". Ainsi, vous appartenez au Patriarcat de Jérusalem. Jérusalem est avant tout notre Église, mais elle est aussi l'image de l'Église. Vous devrez donc veiller à ce que la communauté soit le lieu de la présence du Seigneur, toujours. Vous devrez être un peu de Jérusalem. Vous aurez beaucoup de choses à faire... cela n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que vous sachiez vous-mêmes être un lieu de présence du Seigneur. Le premier besoin auquel il faut répondre est précisément celui-ci : rendre le Seigneur présent au milieu de la communauté".

Matthieu le publicain est plus qu'un pécheur, a poursuivi le Patriarche en commentant l'Évangile : " Matthieu, cet homme haï de tous, quand on l’appelle, se lève, change radicalement de vie, et ce péché devient une annonce de salut, dans sa vie. Il doit en être de même pour vous. Vous devez devenir des hérauts du salut pour chacune des personnes que le Seigneur vous amènera. »

Cet appel et cette réalité ont été visuellement exprimés dans le rite de l'habillage de la robe diaconale, puis de la robe sacerdotale (le prêtre Samuel Tobar a été revêtu de la chasuble par le curé de Rameh, le Père Aktham Hijazin) : lorsque les ministres, debout, les bras en croix, se sont tournés vers le peuple qui les a acclamés par des applaudissements nourris. Certainement émus, mais surtout avec leurs visages rayonnants, ils ont transmis cette lumière et cette joie à l'assemblée. " Quand nous rencontrons le Seigneur, la première expérience est celle de notre péché, mais elle est suivie de la conscience du Seigneur : qu'Il est entré dans mon péché, le transformant en la conscience de la grandeur de Sa présence parmi nous ", avait observé Mgr Pizzaballa en réfléchissant sur saint Matthieu. "Eh bien, vous devez devenir des ministres de la miséricorde de Dieu. Telle est la mission de l'Église : ne pas se contenter de condamner le péché, mais dire qu'il y a quelque chose de plus grand, dont nous avons fait l'expérience et que nous voulons communiquer."

"Si donc vous êtes capables d'unir votre cœur au cœur du Christ, toujours orienté vers Dieu, si vous ferez vraiment l'expérience du salut qui a touché votre cœur, l'a changé, alors vous pourrez aussi être des diacres et des prêtres dignes, des hérauts et des témoins de la miséricorde de Dieu, pour vous et pour le monde", a conclu le Patriarche.

À la fin de la liturgie, Mgr Pizzaballa a salué les familles avec gratitude : "Malheureusement, elles doivent assister à cette cérémonie de loin, mais en esprit, elles sont ici, et nous sommes avec elles. Nous voulons les remercier, si vous êtes tous ici aujourd'hui, c'est grâce à elles : le premier don a été celui que votre famille a fait à l'Eglise ! J'imagine vos mères essuyant leurs larmes... eh bien, cela aussi est nécessaire !". Enfin, le Patriarche a exprimé sa gratitude à ceux qui se sont occupés de la formation des nouveaux ministres, en commentant que c'est "un travail jamais assez récompensé, je le sais. Nous devons vous remercier pour votre service ! Que le Seigneur continue de bénir notre Église".