XII Dimanche du temps ordinaire, année C

Publié le: June 21 Fri, 2019

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23 juin 2019

XII Dimanche du temps ordinaire, année C

NB : Cette méditation s’appuie sur l’évangile du 12e dimanche du Temps Ordinaire car la Fête du Saint-Sacrement a été célébrée le jeudi 20 juin à Jérusalem

Reprenons le chemin des dimanches du temps ordinaire, accompagnés de l’Évangile de Luc.

Nous sommes au chapitre 9, et les versets que nous lisons aujourd’hui (Lc 9, 18-24) peuvent être divisés en trois parties : en premier lieu, nous trouvons la question de Jésus sur son identité, avec la réponse des apôtres, et de Pierre en particulier, puis vient la première annonce de la passion, et enfin les paroles de Jésus sur le style qui doit caractériser ceux qui se mettent en chemin derrière Lui.

Et il me semble que l’on peut déjà en déduire un premier élément important, à savoir que l’identité du chrétien est étroitement liée à celle de Jésus.

Jésus, en effet, pose aux disciples une question sur lui-même, sur ce que les gens et les disciples eux-mêmes ont compris de sa personne et de son mystère. Mais tout de suite après, il parle d’eux, des disciples, relisant leur vie à partir de la sienne, comme en filigrane.

Tout comme est le Seigneur est, ainsi sont ses disciples.

Il n’est donc pas possible de se connaître vraiment soi-même sans partir de la connaissance du Christ ; et plus nous Le connaîtrons profondément,  nous connaîtrons sa vie, son histoire, le sens de son existence, plus nous nous comprendrons nous-mêmes, nous comprendrons le mystère de notre propre vie, et plus nous serons nous-mêmes.

Au contraire, il n’y a pas de véritable connaissance du mystère de l’homme sans ce « miroir » qui ne peut que nous révéler qui nous sommes.

Il s’agira donc de découvrir que ce n’est pas tant le Christ qui est homme parce qu’il est semblable à nous, mais que c’est nous qui sommes vraiment humains, dans la mesure où nous trouvons et vivons pleinement notre ressemblance à Lui, notre vérité.

Ce qu’est ce mystère, alors, nous ne le savons pas. Jésus ne s’arrête pas tant pour demander aux disciples ce qu’ils ont compris de lui, mais il prend soin de le leur révéler lui-même (Lc 9,22), pour leur parler de l’achèvement de son chemin vers Jérusalem. Et l’accomplissement de son mystère est Pâques.

Et cela signifie que l’humanité de Jésus se réalise parfaitement dans sa mort et sa résurrection, cela signifie que Pâques est le sens de tout, c’est Pâques qui illumine tout le reste.

C’est pourquoi Luc représente la vie de Jésus comme un voyage vers Jérusalem, un voyage vers la Pâque.

Chaque étape de notre vie a un sens si elle est sur le chemin de la Pâque, si elle nous rapproche de ce mystère.

Une vie sans Pâques n’atteint pas sa plénitude.

C’est pourquoi, dans la troisième partie du passage d’aujourd’hui, Jésus n’hésite pas à dire qu’une vie sans Pâques est une vie perdue (Lc 9, 24).

Paradoxalement, un homme pourrait avoir tout le reste, le monde entier (Lc 9,25), mais s’il ne traverse pas la Pâque sa vie n’a aucun sens.

La vie du chrétien, donc, comme celle de Jésus, est intimement liée à la croix, non pas comprise dans son sens de la souffrance, mais plutôt de la préférence : la croix est le mode de vie qui préfère aimer l’autre à chaque choix, se reniant soi-même.

Il y a cependant quelque chose d’important à souligner : il s’agit de faire une distinction entre se renier soi-même et se perdre soi-même.

Se renier soi-même implique le libre choix de ceux qui se donnent ; et ce faisant, il ressuscite à la nouvelle vie des rachetés, parce que la croix est étroitement liée à la résurrection, elle en est la porte.

Mais si l’on choisit plutôt de ne pas se renier soi-même, de ne pas se donner, on reste en quelque sorte en deçà de la vie, on n’y entre jamais, on reste dehors, enfermé dans sa propre petite existence sans amour ; et donc perdu.