Visite de la co-cathédrale

1. Rez-de-chaussée

En entrant dans la co-cathédrale, l'attention du visiteur est immédiatement attirée par la vue impressionnante du maître-autel principal, éclairé par les faisceaux de lumière provenant du vitrail situé directement derrière. Ce vitrail, avec ses couleurs vives et sa disposition artistique distinctive, représente le Christ dans sa Résurrection.

Le sol de la co-cathédrale et les marches menant aux autels sont en marbre blanc en forme de diamant et originaire de Livano (Italie). Les matériaux noirs entre les dalles de marbre sont des insertions de calcaire bitumineux provenant du désert de Judée, communément appelés pierres de la mer Morte.

Station 1 : Plaques commémoratives

Ces plaques honorent les bienfaiteurs dont les généreuses contributions ont permis au Patriarche Valerga de réaliser sa vision et son ambition de construction d'une co-cathédrale dédiée à la gloire de Dieu. Deux plaques commémoratives, situées de chaque côté de l'entrée principale, ont ainsi été placées en leur honneur.

Station 2 : Confessionnals

On trouve trois confessionnaux ornés, fabriqués à la main, à l'intérieur de l'église. Deux se trouvent à gauche de l'entrée principale, tandis que le troisième est situé de l'autre côté. La plupart des objets en bois de l'église ont été fabriqués à la main et importés d'Italie. À l'origine, il y avait un quatrième confessionnal, mais en 1964, il a été retiré pour faire place à une plaque commémorative (station 14).

Station 3 : Plaque commémorative

Une plaque illustrant les armoiries d'un bienfaiteur. Elle est l'oeuvre de Henricus Richardus.s.

Station 4 : Plaque commémorative

Une plaque commémorative en l'honneur de Mgr Barlassina, Patriarche latin de Jérusalem pendant vingt-sept ans (le plus long mandat depuis la restauration de la fonction).

Station 5 : Autel du Coeur Immaculé de Marie

Cet autel est composé d'un riche marbre offert par le Baron Haussmann, fils spirituel de Mgr Valerga. Le tableau de la Vierge Marie qui surmonte l'autel est issu de la célèbre école d'art italienne de Murillo, et rend bien la beauté sereine de Marie. L'autel est encadré par des statues en bois de ligne honorant les saints Cyrille et Méthode. Des images en relief en marbre de David, Saint-Jean, Élie et Isaïe se trouvent sur le devant de l'autel.

Station 6 : Statue de St. Pierre

Saint Pierre, majestueusement assis sur son trône, est représenté tenant les clés du Royaume des cieux. Cette statue est une réplique exacte de celle de la basilique romaine. Les prières offertes ici bénéficient des mêmes indulgences que celles offertes à Saint-Pierre de Rome.

Station 7 : Monuments commémoratifs des Patriarches

Plaques commémoratives honorant les Patriarches Piavi (1889-1905) et Gori (1949-1970). Tous deux étaient membres de l'Ordre Franciscain.

Station 8 : Autel de St. Joseph

Cet autel, placé dans la nef nord, est de style gothique classique. Il est composé d'un riche marbre et orné avec des feuilles de bronze doré. Le tableau qui le surmonte représente Saint Joseph prenant soin de l'Enfant Jésus. À cet endroit sont enterrés les Patriarches Valerga et Bracco ; le buste artistique à gauche honore Mgr Valerga, tandis que la statue à droite honore Mgr Bracco. Le nom de l'artiste italien est S. Tadolini.

Station 9 : Maître-autel

Le maître-autel est fait d'or doré, réalisé par Poussielgue de Paris. Après avoir visité le Patriarcat en novembre 1869, l'empereur autrichien François-Joseph a accordé une subvention de 20 000 francs-or pour financer l'autel. Son style néo-gothique a été conçu par des élèves d'Eugène Viollet-le-Duc, un célèbre architecte français. Dans la partie inférieure de l'autel, on peut voir trois reliefs; l'un illustrant l'Annonciation, l'autre le Mariage de Marie et Joseph et le dernier représentant la Visitation de la Vierge. Ils sont encadrés par les armoiries de l'empereur, avec deux aigles. La section centrale de l'autel représente les douze apôtres ; quant au tabernacle, il est mis en valeur par une image dorée de l'Agneau. Sur l'ambon, situé à droite de l'autel, les paroles de l'Écriture sainte sont proclamées, et l'Esprit de Dieu parle à "ceux qui ont des oreilles pour entendre".

Les quatre statues qui encadrent l'autel sont l'œuvre du sculpteur parisien Désiré Froc-Robert. Elles honorent Saint Louis, portant une couronne d'épines, Sainte Hélène avec la Croix, ainsi que Saint Jacques et Saint Jean Baptiste. Située immédiatement derrière l'autel, une peinture représente le Christ accomplissant la loi mosaïque de la circoncision et recevant le sublime nom de Jésus. Ce tableau est l'œuvre d'un artiste belge, J.B. Huysmans, qui l'a offert à l'église. La tenture située à gauche du maître-autel montre la Vierge Marie et l'Enfant Jésus et a également été offerte par Napoléon III en 1857. Cette tenture n'est pas une peinture, mais plutôt une démonstration d'un art délicat dans lequel des fils multicolores sont soigneusement tissés entre eux afin de représenter la Vierge et l'Enfant. Le tableau situé à droite de l'autel représente Saint Pierre et Saint Jean guérissant le paralytique et a été réalisé par le peintre belge Du Jardin (1876). Couronnant l'autel principal, un vitrail de cinq mètres de haut, à trois panneaux et aux couleurs remarquables, illustre le Christ ressuscité. 

Les stalles des chanoines dans le sanctuaire sont en noyer de Beyrouth et ont été fabriquées par Stefary Primi de Smyrne. La chaise du président située à gauche de l'autel a été honorée par la présence du Pape Paul VI lors de sa visite de la co-cathédral en 1964. 

Pendant la restauration, les reliques de Saint Timothée, Saint François, Saint Antoine de Padoue et Sœur Mariam de Jésus Crucifié ont été scellées dans l'autel principal. Un plus petit autel avec une table et des colonnes en pierre rouge locale, cadeau généreux du Comte von Metternich, a été placé devant l'autel principal. 

Station 10 : Autel du Saint-Sacrement

L'autel du Saint-Sacrement est situé dans la nef sud de la co-cathédrale et est construit en pierre naturelle fine. Au-dessus de l'autel se trouve une peinture saisissante du Christ agonisant. De chaque côté de l'autel, des plaques commémorant les évêques auxiliaires enterrés ici : Mgr Appodia, Mgr Fellinger, Mgr Gelat et le délégué apostolique Bartolini.

Station 11 : Statut de la Sainte Vierge Marie 

La Mère de Dieu est la mère de tous les hommes. Cette belle statue de Marie nous aide à nous rappeler son parcours, qui a commencé par l'invitation de Dieu à collaborer avec Lui dans la grande mission de la rédemption, en portant et en élevant le Sauveur du monde. Le sculpteur, un Français nommé Fabisch de Lyon, est connu pour plusieurs œuvres d'art, notamment la statue de Notre-Dame de Lourdes.

Station 12 : Autel du Saint-Esprit

L'autel du Saint-Esprit était à l'origine nommé en l'honneur des apôtres Saint Pierre et Saint Jean. Plus tard, le Patriarche Bracco a redédié l'autel au Saint-Esprit. Fabriqué dans une riche pierre naturelle, il offre un style cohérent avec les autres autels de la co-cathédrale. Lors de sa nouvelle dédicace, une peinture a été placée au-dessus, représentant le Saint-Esprit et la célébration de la première Pentecôte avec la Vierge Marie entourée de Saint Pierre et Saint Jean. La beauté de l'autel est rehaussée par la présence de quatre chandeliers majestueux décorés d'or doré qui l'entourent. Au-dessus du tabernacle se trouve une statue du Cœur Agonisant de Jésus.

L'autel est entouré des statues de Saint Antoine de Padoue, Saint Jean de Dieu et Saint Jean-Baptiste de la Salle, tous fondateurs d'ordres religieux. 

Station 13 : Autel de Notre-Dame des Douleurs

Cet autel comporte une peinture de la Vierge Marie avec une épée perçant son cœur, en souvenir des souffrances qu'elle a endurées. Une peinture plus petite de la Vierge Marie est située devant le tabernacle et est incrustée de petites pierres ornementales colorées.

Station 14 : Plaque commémorative

Cette plaque a été placée en reconnaissance du centenaire (1864-1964) de la fondation de la Confrérie dédiée au Saint Nom de Jésus. Elle est la réplique du monument du Jardin de Gethsémani sur le Mont des Oliviers, représentant l'agonie du Christ.

Station 15 : Lustres

Le centre de la co-cathédrale est éclairé par trois magnifiques lustres, qui se détachent sur le bleu du plafond. Ils ont été fournis par la Lieutenance Belge des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Sépulcre. Lors de la rénovation de la co-cathédrale, ces lustres sont devenus électriques, renforçant ainsi l'ambiance et la beauté du lieu en illuminant le maître-autel, les peintures du plafond voûté et les vitraux, le tout dans une harmonie artistique.

Station 16 : Chaire

La chaire, située à droite de l'allée principale, a été fabriquée à la main par la famille Poussielgue et financée par des bienfaiteurs parisiens. Sa section centrale est entourée d'une série d'écussons nommant les bienfaiteurs, dont le baron Havelt, un ami généreux du Patriarche Valerga. La beauté du dessin original a été rétablie lors de la restauration de la co-cathédrale.

2. Vitraux

La co-cathédrale est dotée de vitraux d'une beauté stupéfiante; tous ont été fabriqués à la main par la société Lorin de Chartres (France). Le verre ancien est taillé à la main et assemblé au plomb d'une manière qui démontre de manière évidente les compétences artistiques des artisans. Les vitraux fournissent à la co-cathédrale un éclairage naturel brillant qui renforce le caractère sacré des célébrations spirituelles et la sérénité du lieu.

Les vitraux de cinq mètres de haut, à trois panneaux, ont été installés par le Patriarche Bracco en 1876 et détruits en 1948 pendant la guerre israélo-arabe. Heureusement, pendant le projet de restauration, il a été possible de commander à la société Lorin de nouveaux vitraux artisanaux pour les remplacer.

Du point de vue du centre de la co-cathédrale, la vision du Patriarche Valerga est clairement évidente ; on peut admirer la combinaison de la brillance frappante des vitraux et la majesté du maître-autel, tous deux mis en valeur par les peintures de Pacelli sur le plafond voûté.

Station 17 : Vitrail nord

Ce vitrail situé à gauche, dans le transept nord, illustre la Crucifixion du Christ. Le décor de fond contribue à faire vivre l'agonie du Seigneur.

Station 18 : Vitrail est

Placé au-dessus de l'autel principal, ce vitrail illustre la Résurrection et le Christ ressuscité. La robe rouge vif portée par Jésus symbolise la grandeur de la Résurrection.

Station 19 : Vitrail sud

À droite, ce vitrail illustre la Nativité avec la Vierge Marie et l'Enfant Jésus, entourés de rois et de bergers des champs. Ce magnifique vitrail utilise une combinaison étonnante de couleurs vives pour illustrer la gloire de l'Incarnation.

Station 20 : Portail ouest

Au fond de la co-cathédrale se trouve un vitrail en forme de rosace, de cinq mètres de diamètre, avec en son centre l'Agneau mystique, entouré des quatre évangélistes. Ce vitrail, qui fait face à l'ouest, brille dans une belle harmonie de couleurs grâce à la lumière du soleil de l'après-midi. Il s'agit d'un don du Dr J.H. Fassbender de Dusseldorf (Allemagne).

3. Peintures du plafond, peintures murales et orgue

Les peintures du plafond et des murs de la co-cathédrale complètent la beauté des vitraux. Alors qu'il se préparait à Rome pour le premier concile du Vatican, le Patriarche Valerga a chargé un jeune peintre talentueux, Vincenzo Pacelli (de la famille du pape Pie XII), de réaliser des peintures pour l'église.

Station 21 : Peintures du plafond

Les peintures du plafond voûté réalisées par Pacelli présente une originalité artistique distinctive. Elles sont conformes à l'ambition du Patriarche Valerga de représenter les saints de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les premiers saints de l'Église de Jérusalem. Au centre de l'église, directement au-dessus, se trouve une peinture de la Vierge Marie avec Jésus et Abraham, entourée d'un groupe d'anges. La partie suivante du plafond représente David, Melchisédech, Abraham et Moïse, de l'Ancien Testament. Les peintures offrent une riche ornementation et une occasion de réfléchir sur les personnages ayant joué un rôle majeur dans la riche histoire de l'Église.

Station 22 : Peintures murales

Le thème des peintures murales de Pacelli est en corrélation avec le thème utilisé dans les peintures du plafond. On peut y contempler une représentation de personnages éminents mentionnés dans l'Ancien Testament, de Saints du Nouveau Testament et d'évêques distinctifs de Terre Sainte. Les peintures entre les piliers représentent des saints et des anges éminents de l'histoire de l'Église. Ces œuvres d'art distinctives contribuent à l'inspiration spirituelle que procure la co-cathédrale.

Station 23 : Orgue

L'orgue, avec deux claviers de 12 et 21 registres, a été construit par la famille Bassani à Venise. Il résonne de riches tonalités pour accompagner la messe et les services liturgiques.

4. Niveau inférieur

L'accès au niveau inférieur de la co-cathédrale se fait par l'escalier circulaire situé près de la porte sur le côté nord de l'église. 

Le Patriarche Valerga a décidé d'aménager un lieu de sépulture souterrain pour les membres du clergé du diocèse décédés. Ainsi, une excavation a été réalisée sous la section ouest de la co-cathédrale, afin de fournir un lieu de sépulture approprié.

Station 24 : Chambres funéraires

Lors de la restauration de la co-cathédrale, le lieu de sépulture du clergé a été agrandi en quatre chambres funéraires. À l'entrée, la première chambre est dotée d'un petit autel, sous lequel se trouve une saillie en pierre de "mezzi yahoudi", une composition de calcaire cristallisé. Cette pierre n'a aucune signification religieuse ou historique, si ce n'est qu'elle rappelle la difficulté que représentait la dureté du calcaire lors de l'excavation des chambres funéraires. On dit que la dureté de la pierre symbolise la roche sur laquelle l'église a été fondée. Au-delà de la première chambre se trouve une deuxième chambre ; deux autres sites funéraires plus petits se ramifient à droite et à gauche.

L'importante rénovation du niveau inférieur de la co-cathédrale tend à refléter le respect et le souvenir que l'on doit au premier clergé patriarcal. L'autel et le chemin de croix de style moderne sur les murs de la chambre funéraire sont un cadeau du Dr Geogren.

5. Extérieur

Il y a plusieurs éléments extérieurs à prendre en compte pour compléter la visite de la co-cathédrale.

Stations 25 and 26 : Plaques commémorant les visites des Papes

Plusieurs plaques commémoratives se trouvent dans la cour juste à l'extérieur de l'église. Elles commémorent toutes les visites de différents papes au fil des ans, notamment celles des Papes Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François.

Station 27 : Clocher

Le clocher, situé au-dessus de la co-cathédrale, comporte quatre cloches. Elles ont été fournies par un ami du Patriarche Valerga, originaire de Gênes, en Italie. À l'origine, les cloches étaient sonnées manuellement à l'aide de poulies. En 1970, le système devient automatique. Désormais, les puissants carillons résonnent ainsi quotidiennement au-dessus de la ville de Jérusalem.

Photos : Saher Kawas