Vicariat patriarcal à Chypre

Vicariat patriarcal à Chypre
Contact information:

Fr. Jerzy Kraj, O.F.M.
Latin Patriarchal Vicar for Cyprus
Holy Cross Franciscan Monastery
Paphos Gate
P.O.Box 21964
1010 Nicosia - Cyprus
 

Tel.: +375 (22) 66 21 32;
Mobile: +357 97887910
Fax: +375 (22) 66 07 67
E-mail: [email protected]
Website: www.cypruscatholicchurch.org

Les Latins de Chypre : Histoire, culture et société

Vieille de près de mille ans, la présence des catholiques latins à Chypre s’est exercée sans discontinuité depuis 1192. Par ailleurs, si le poids démographique et le statut juridique de cette communauté ont constamment évolué au gré des différentes puissances occupantes, jusqu’à l’indépendance de l’île et sa reconnaissance officielle comme groupe religieux, sa contribution au développement économique, culturel et social de l’île est une constante. Les Latins de Chypre forment aujourd’hui une communauté respectée, reconnue par l’Etat, et dont l’appartenance à la communauté nationale dans une société à majorité grecque s’illustre entre autres par l’étendue de l’héritage, matériel comme immatériel, qu’elle a légué au peuple chypriote.
 

Si les premiers contacts des Latins avec Chypre remontent à 1126 par le biais des commerçants de Venise et de Gène, l’Histoire de la communauté latine de Chypre débute en 1192, avec l’arrivée sur l’île d’une vague de migrants catholiques romains originaires d’Europe, de Cilicie et du Levant accueillis par le roi Franc de Jérusalem. En 1196, un Archevêque latin prend ses fonctions à Nicosie, actuelle capitale chypriote, accompagné de trois évêques qui s’établiront dans les villes de Famagusta, Limassol et Pafos, entrainant l’arrivée de nombreux ordres catholiques romains qui s’installeront sur l’île tout au long des périodes franque et vénitienne (1192-1489 et 1489 à 1570). Durant cet intervalle, les Latins de Chypre représentent 15 à 20 % de la population et exercent une influence importante en tant que noblesse dirigeante.
 

 La conquête de l’île par l’armée ottomane (1570-1571) mettra fin à cet âge d’or, provoquant l’exil de milliers de fidèles latins et la dissolution officielle de leur Eglise par la Porte. Le clergé parvient tant bien que mal à maintenir une présence sur l’île, par le biais, entre autres, des monastères franciscains. Le rôle des consulats à Larnaka qui, à partir du 17ème siècle, fournissent un accompagnement aux nombreux migrants européens banquiers, docteurs, marchands de biens et commerçants contribuera au développement d’une petite communauté latine dans cette ville. Des établissements scolaires sont mis sur pied par les communautés religieuses, comme l’école Terra Santa établie en 1646 par les Franciscains, et l’école Saint-Joseph fondée par les Sœurs du même nom en 1844.
 

La politique de tolérance religieuse qui caractérise la période britannique à partir de 1878 renforce la communauté latine dont les écoles se multiplient dans les différentes villes de Chypre, permettant l’intégration des Latins à la société chypriote dans son ensemble.
 

L’indépendance de l’île en 1960 marque une étape supplémentaire dans l’émancipation de la communauté catholique romaine avec, sur le plan politique, sa reconnaissance par l’Etat comme groupe religieux et l’obtention d’un Représentant élu au Parlement chypriote.1
 

Malgré l’invasion turque de 1974, qui a fait de nombreuses familles catholiques des réfugiés, la communauté catholique latine à Chypre a continué de grandir, de prospérer et de renforcer sa contribution au développement de l’île dans tous ses aspects, notamment en matière éducative. Les écoles latines, qui ont scolarisé des dizaines de milliers d’enfants, ont toujours été vues comme prestigieuses, en plus d’être connues pour accueillir les élèves sans distinction de religion ou d’ethnie. Deux établissements latins seulement opèrent aujourd’hui sur le territoire chypriote : le Collège Terra Santa de Nicosie et l’école Sainte-Marie de Limassol.
 

D’autre part les Latins de Chypre peuvent s’enorgueillir d’avoir laissé un héritage architectural et linguistique important, en particulier durant les périodes franque et vénitienne, au cours desquelles de nombreux monuments (forts, châteaux, abbayes cathédrales, chapelles) ont été construit, et des douzaines de mots – encore utilisés aujourd’hui – ont intégré le dialecte chypriote.
 

Depuis 1847, un Vicaire Patriarcal latin2 est présent à Chypre, sous l’autorité de Patriarcat latin de Jérusalem qui possède quatre paroisses sur l’île. Le Patriarcat gère la paroisse Saint-Paul de Paphos, les trois autres étant animées par les Franciscains. Résidant à Nicosie, le Vicaire est soutenu par onze prêtres officiant dans la capitale, à Limassol, à Larnaka et à Pafos, villes qui abritent une douzaine d’églises et de chapelles latines reparties de manières équitable entre les quatre localités.
 

La communauté latine est aussi très active sur le plan associatif. De nombreuses organisations à caractère sociale, humanitaire et de charité (refuge pour travailleurs étrangers, maisons de retraite) existent aujourd’hui sur l’île, et des bulletins mensuels et bimensuel sont publiés par les paroisses et leur Représentant au Parlement.  

 

1 L’actuel Représentant du « Groupe Religieux Latin » au Parlement est Mme Antonella Mantovani

2 L’actuel Vicaire Patriarcal latin est le Fr. Jerzy Kraj