Le 13ème dimanche A (2017 AD)

Un globe – pas un “monde”- à l’envers!

(2 R 4, 8- 16)

(P. Madros)

Note préliminaire étymologique

Tandis que le globe tourne, et pas toujours rond,  le « monde » vient du latin « mundus » et signifie « pur ». Le reste expliquera cette distinction.

Le prophète Elisée annonce la naissance d’un enfant

Les trois hôtes d’Abraham, à Mamré, avaient prédit la naissance d’un enfant, un garçon, pour Sarah, si âgée qu’elle s’était mise à rire ! Le Coran relate le même fait mais en disant : « Elle a ri, et Nous lui avons annoncé ». En tous cas, ici le disciple d’Elie, « homme de Dieu », Elisée, prédit une grossesse (qui ne sera pas « volontairement interrompue ») à une femme très hospitalière de Shunem, une   ville d’origine cananéenne, en face du mont Guilboé, échue à la tribu d’Issacar, au nord de la Terre Sainte. Arrêtons-nous un peu à son nom et à ses actes : « Elisée »  אלישעsignifie « Dieu sauve », à peu près comme le nom de « Yehochu’ah, Jésus » יהושוע« le Seigneur sauve ». Premier miracle : prophétie sur une naissance extraordinaire ; deuxième merveille : la résurrection de cet enfant après sa mort prématurée. Jésus est « la résurrection et la vie ». Jésus Enfant-Miracle (Isaïe 9, 5) ressuscite les morts et sera ressuscité !

La Shunemite

Il s’agit, s’il vous plaît, d’une « femme de qualité » ! En hébreu, une « grande femme » (pas nécessairement une femme grande de taille !). Oui, nous notons les deux mots : «îchah gdolah », littéralement « une grande humaine » ! L’adjectif « gdôlah » vient de la racine « gdl  גדל», être grand, d’où « migdal מגדל », « une tour », et aussi « megaddeleth מגדלת », la coiffeuse, celle qui « fait  grandir ou augmenter les cheveux » ! Certains y voient l’origine du nom « Magdalène, Madeleine ».

Une femme ou une dame remarquable !

D’une façon peu commune pour l’Ancien Testament et la mentalité sémitique, le mari n’est pas mentionné ! Il ne faut pas du tout conclure que l’épouse était « porte-culottes » (excusez l’expression !). Une femme bien, quoi ! Le mari : pour une fois, il n’est pas important. Or, le Talmud écrit : « La famille d’une mère n’en est pas une » (le monde arabe, encore aujourd’hui, l’entend de cette oreille misogyne). Et l’Ancien Testament, assez avare en compliments pour les êtres féminins (avec toutes les complications,  les prescriptions et les restrictions, surtout du Lévitique et du Deutéronome), administre à cette petite grande dame ce compliment ! « Normalement », les hagiographes se méfient de la femme (allez voir les Livres de la Sagesse). Et le Talmud est intarissable en négativité à leur égard ! La pudeur et la décence empêchent de citer des textes ici. Quant au Livre des Proverbes (31, 10), il s’était demandé, sans trop d’optimisme : « Une maîtresse femme (pas une femme maîtresse, attention !), une « femme forte », dans le bon sens du mot אשת-חיל, qui la trouvera ? »

En gaulois moderne, « une femme bien, ça ne court pas les rues » ! Nous nous confondons en excuses, surtout auprès de nos Mamans ! Mais, excusez toujours, comment voulez-vous « qu’elles courent les rues » si elles « ne doivent pas sortir de la maison », d’après des axiomes arabes, lugubres et macabres (mot arabe) : « Pour la femme, deux couvertures : ou bien le mari ou bien le tombeau. Mieux : le tombeau ! » Mais, si vous les envoyez toutes, plus ou moins vite dans l’au-delà, vous n’aurez personne pour vous « faire des enfants » !

En Allemagne, autrefois, les jeunes filles apprenaient une devise de trois « K » : « Kirche, Kinder, Kueche » : « Eglise, Enfants (au pluriel !), Cuisine ! »

Les Arabes ont pu faire, malgré tout, une pirouette bénéfique : « Derrière chaque Grand, il y a une femme !  وراء كلّ عظيم امرأة ». Il paraît, cependant, qu’on  doit cet éloge à la sagesse britannique qui pourtant continue, avec le flegme anglais : « Derrière chaque grand homme, il y a une femme qui lui dépense tout son argent » ! Maintenant : vous avez compris le Brexit et le célibat sacerdotal !

Soyons sérieux à nouveau : une femme bien, pas seulement une « bonne femme », parfaite, mais presque !

Magnifique cette dame ! Plus que parfaite en tout ! Pieuse, croyante, gentille, généreuse, accueillante, avec un mari « comme il faut »  comme vertu (probablement à cause de son âge avancé !). Comme qualités, rien ne  manque à la Shunemite. Tiens, son nom n’est pas mentionné. Pourtant, une grosse lacune dans sa vie à elle, je dirais même plus : deux défauts : une grande différence d’âge entre elle, trop jeune, et lui, trop vieux. Beaucoup de mariages pareils, ou vice versa, se trouvent, même en France, paraît-il, et bien plus en Allemagne, auprès de réfugiés syriens musulmans.

Deuxième grosse lacune : pas d’enfants (comme chez beaucoup de dirigeants politiques européens contemporains).

 

Le globe à l’envers !

Dès le Livre de la Genèse, la Femme en majuscule constitue  la perfection de l’humanité, bien triste, trop dure et stérile avec Adam tout seul ! Elle « complète » l’homme qui, sans elle, serait resté imparfait et fermé à la vie ! Elle est « mère des vivants », trésor infini de tendresse et de beauté ! Le Catéchisme de l’Eglise Catholique le déclare sans équivoque : la diversité des deux sexes (autrefois, il n’y en avait que deux) assure la complémentarité et l’ouverture à la transmission de la vie. Dans cette opération splendide, c’est la femme, la mère, qui a la plus grande et la plus longue mission.

Or, d’une façon horrible, pour ne pas dire diabolique, c’est précisément le milieu « chrétien », voire catholique, qui a le moins d’enthousiasme à transmettre la vie ! Il est fort pour défendre les enfants de la pédocriminalité : là, il a raison ! Mais il n’a pas l’air de se gêner quand il s’agit de les tuer dans le sein maternel, plutôt sein que maternel.

Des « Féministes », si nous avons bien compris, nous présentent la femme idéale : « libre avec son corps », « aucunement soumise, à n’importe quelle loi » : donc que les curés ne viennent pas lui faire la leçon ! « Ni courtisane ni soumise à aucune loi « religieuse » ou morale qui pourrait lier la femme parfaite, idéale. Et la Vierge Marie : ça fait vieux jeu ! (Pardon, Notre-Dame !)

Le pauvre Paul VI a énormément souffert, ainsi que ses successeurs, de cette hostilité à l’endroit de la vie, pire : à l’endroit de la maternité qui, qu’on le veuille ou non, fait partie intégrante et essentielle de la psychologie humaine féminine, même pour les Religieuses qui, elles aussi, sont et doivent être « Mères » et « Sœurs ».

Conclusion

Le discours sur la Shunemite nous a menés très loin. Il ne reste plus de place pour les deux autres lectures. Eh bien, la Femme en vaut la peine !

Reprenant à nouveau la moitié du proverbe anglo-arabe : « Derrière chaque grand homme, il y a une Femme ». Personne ne nous interdit de l’appliquer… à Jésus lui-même ! Pour l’Evangile, c’est sa Maman, le secret de Sa grandeur, humainement parlant ! Peu de versets, mais significatifs : « Marie pondérait toutes ces choses, les gardant dans son cœur… » Avant la Passion de Jésus, il y eut le « prélude » dans le cœur transpercé de Marie qui savait déjà ce qui serait arrivé, quelque trente ans auparavant : « Et toi, un glaive transpercera ta poitrine » ou « ton cœur », avait annoncé le vieillard Siméon. Pour les souffrances de Jésus-homme, il « apprit l’obéissance, de ce qu’il souffrit ». Bien auparavant, déjà adolescent, Il obéissait à « ses parents ». Dommage que beaucoup trop de chrétiens « évangéliques » ignorent  ces passages d’Evangile et cherchent à réduire le rôle essentiel et héroïque de la Sainte Vierge et de saint Joseph que l’Ile de la Réunion appelle « le Papa du bon Dieu » !

Les écrits gnostiques, il est vrai, donnent l’impression que c’était Marie-Madeleine, « la compagne » de Jésus, qui avait contribué à Sa grandeur à Lui, ou qui avait été la favorite de son cœur. Il ne fait pas de mal de clarifier que le mot copte utilisé, emprunté au grec κοινώνος, ne signifie jamais épouse (pour la bonne raison que les Gnostiques voyaient dans le mariage un double mal) mais bien « partenaire d’idées ». En effet, les Gnostiques interdisaient le  mariage ou le décourageaient, ce qui explique leur extinction, sort que nous ne souhaitons pas pour l’Europe.

Le mois de Marie est passé. En plein juin, dédié au Sacré-Cœur, nous nous tournons vers le Cœur immaculé de Marie et le cœur généreux et amoureux de saint Joseph, dont le Petit Jésus a hérité la grandeur !

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