Le 27ème dimanche A (année 2017 A.D.)

Pas de justice, mais des cris !

(Isaïe 5, 1- 7 ; Phili 4, 6- 9 ; Matt 21, 33- 43)

(P.P. Madros)

L’iniquité et l’injustice (Is 5, 7)

Un double jeu de mots d’Isaïe décrit la divine déception par « la  vigne du Seigneur des armées », le peuple hébreu, qui ne donne que des raisins sauvages ! Voici les deux splendides allitérations : Dieu attendait « Mishpat משפט du droit » et voici « mishpah משפח iniquité » (« effusion de sang » ?) ; pas de « Sedaqah צדקה justice» mais « Se’aqah cri צעקה » !

Les cris de qui ?

Certes, il s’agit des cris et des gémissements des victimes de la violence et de l’injustice, hier et aujourd’hui. Pourtant, il est des cris que nous n’entendons pas : ceux des enfants non nés, tués par leurs propres parents. Nous le voyons désormais sur nos petits et grands écrans : les victimes des guerres, internationales et civiles ; celles des attentats. Il ne faut pas que ce spectacle devienne « normal » ! Pas question d’écouter un ex ministre qui exhortait le pauvre peuple français « à s’habituer » à de tels attentats jihadistes !

Les cris… des bourreaux aussi !

Ah ça, oui ! La victime crie, mais, depuis Adam et Eve, le bourreau aussi gesticule et vocifère ! Tout d’abord, pour couvrir son délit ! Dans le vacarme, personne ne comprend plus rien : qui a fait quoi ?! Tout le monde gémit  et devient « Jérémie » ! Mais, plus fort encore, le bourreau se fait passer pour la victime ! Il se plaint : « On me persécute ! On me diffame ! On me hait ! Je suis victime de diverses phobies[1] ! Ma « religion » est vilipendée ! » De fait, avec ou sans propagande de côté islamique, il semble bien qu’après divers attentats jihadistes en Angleterre, « le seul souci des Anglais ait été : comment combattre l’islamophobie » ! Il paraît qu’en France aussi, après les attentats de la capitale, surtout celui de Charlie hébdo, des personnes passèrent à l’Islam, après avoir constaté la négativité par rapport à cette religion et à ses adeptes[2]. Pour faire acte de justice, disons tout haut que les réactions des Occidentaux, aussi athées que chrétiens, après les divers attentats, n’ont jamais été violentes ni haineuses ! Contrairement aux milieux non chrétiens, les Occidentaux n’ont jamais crié « Mort à… ! Vengeance pour… » Sont-ils toujours paralysés par le « politiquement correct » ou neutralisés par une secrète « islamophilie » complice, décidément antichrétienne ? Toujours est-il que la paranoïa des bourreaux et de leurs défenseurs ne saurait se justifier !

« Tout ce qui est beau, tout ce qui est gentil » ! (Phili 4, 6- 9)

Très sympa, ce que saint Paul nous propose : « tout ce qui est noble, beau, digne de louange ». Sa conclusion s’impose : « Et le Dieu de la paix sera avec vous ! » D’accord ! Plutôt : le Dieu de la paix sera en nous, pas nécessairement autour de nous ! Cher apôtre, un peu de réalisme, s’il vous plaît ! Quand quelqu’un est honnête, poli, gentil, courtois, doux, humble, droit : il est apprécié et aimé par beaucoup, mais aussi haï et persécuté par d’autres ! Voyez Jésus et vous-même ! Conclusion : la paix interne de bien faire et d’avoir fait le bien : personne ne peut nous l’enlever : Des critiques, des persécutions, des vexations : tout cela reste externe ! Et nous méritons la béatitude ou la félicitation : « Bienheureux les persécutés pour la justice », cette justice dont Isaïe déplorait, si éloquemment, l’absence !

 

Le Fils est le dernier Envoyé : pas de blague ! (Matt 21, 33- 43)

La parabole des vignerons homicides, mise par la Liturgie en rapport avec « la vigne du Seigneur » chez Isaïe, nous enseigne beaucoup de choses. L’une d’elles gagne une importance de premier plan dans « le dialogue interreligieux ». Malgré le « rapprochement », « l’ouverture, l’accueil, la tolérance, le respect… » (presque toujours de la part des Catholiques exclusivement), il ne faut pas arriver à contredire, à trahir le Christ et l’Evangile pour faire plaisir aux non chrétiens. Jésus est le dernier Envoyé, le dernier prophète, pour la bonne raison qu’il est l’incarnation du Verbe de Dieu. Donc, il n’y a pas de vraie prophétie ni de vraie révélation après lui.

Conclusion

Nous n’avons pas le droit de pratiquer l’injustice avec le Seigneur pour plaire aux hommes !

[1] Le grand penseur israélien Ghideon Levi analyse ce phénomène.

[2] Un article d’un journaliste musulman Zouhir Louassini pleurniche dans ce sens.

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