Homélie

Le 25ème dimanche A 2017 A.D.

Oui, vivre c’est le Christ: « Christ pour tous »! 

(par P. P. Madros)

Les pensées de Dieu: aussi sublimes que réalistes! (Is 55, 6 s)

A Jérusalem, nous sommes bien placés, non seulement pour comprendre le grand prophète hagiopolite Isaïe (que nos concitoyens n’ont pas hésité à scier, paraît-il), mais aussi que les desseins divins sont très hauts, trop élevés, pour notre « comprenoir » humain: « comme le ciel s’élève au-dessus de la terre ». Avec la « sublimité » des pensées et des commandements divins, nous voyons facilement qu’ils visent uniquement notre bien, même quand ils semblent peu commodes ou déroutants: « Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas… », seule voie de la vraie félicité et de la sécurité.

Mais, à propos des desseins inscrutables de Dieu pour la Terre Sainte,   jusqu’ici, nous, habitants de cette patrie bénie par le Seigneur, nous trouvons très difficile à saisir (et beaucoup plus à accepter) la situation religieuse de la Capitale de la Résurrection, jamais reconnue comme « capitale du Christianisme », et jamais revendiquée comme telle! Nous ne comprenons pas davantage la « politique » de Jésus (de « polis πόλις », ville) avec « sa Ville », celle « du Grand Roi », Jérusalem, probablement l’une des cités les plus « occupées, dominées, écrasées et détruites » de l’histoire! Puis, la situation dramatiquement et tristement minoritaire des « christifideles » « des fidèles du Christ » dans sa propre capitale, jusqu’au péril d’extinction, laisse songeur! Saint Sophrone, lui aussi ignoré ou oublié bien souvent, semble nous répéter ce qu’il disait lors de l’arrivée triomphante des Sarrasins: « C’est à cause de nos péchés »! Les Lamentations émettent le même message. Bien sûr, il ne faut pas tomber dans l’excès du masochisme ou du « meaculpisme » (expression du P. Samir Khalil). L’idée de Jérémie peut s’amplifier légitimement: les péchés du monde chrétien ont contribué, en quelque sorte, à travers les siècles, à l’humiliation de la ville sainte et au petit nombre de ses habitants chrétiens.

Cependant, un roi de Jérusalem, David, nous transmet aussi un peu de la divine révélation sur le péché! Quelque grand et grave qu’il soit, il est toujours dépassé et éloigné, « au diable », par la miséricorde de Dieu (Ps 103 (102), 11- 12) : »Autant les cieux s’élèvent au-dessus de la terre, autant Sa bonté est grande pour ceux qui Le craignent. Autant l’orient est éloigné de l’occident (note peu biblique: donc, inutile de vouloir les rapprocher!), autant Il éloigne de nous nos transgressions ».

L’ex pharisien de Tarse: « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Phili 1, 20 s)

Toujours à Jérusalem, Christ est mort pour tuer la mort et nous donner la vie! Facile de comprendre ceci spirituellement, le péché étant « la mort de l’âme ». Le péché vient de l’égoïsme: le sacrifice de Jésus nous redonne la vie, par l’amour. Cela fait du bien de répéter que, dans les langues saxonnes, « amour » et « vie » sont le même mot (« love-life », « Liebe-Leben », « leven-liefde »…). En Bible, Dieu est « Etre-Vie » et « Amour » (Ex 13; 1 Jn 4, 16). Une toute première conclusion, presque hors sujet: il ne faut pas séparer l’amour de la transmission de la vie! Allez convaincre les couples contemporains, surtout occidentaux! (pardon!). Allez persuader quelques « religieux » belges, peu catholiques, qu’il ne faut pas laisser pratiquer chez eux l’euthanasie, appelée en arabe « la mort par miséricorde »!

Vivre, c’est le Christ! L’apôtre des « Gentils » (or, trop de chrétiens sont revenus au « paganisme » des nations!), ne fait que reprendre un logion de Jésus lui-même: « Je suis (déjà le « Je suis » de l’Eternel) la voie, la vérité et la vie »! Dans toutes les langues et les versions, cela signifie, en bon gaulois, qu’il n’y a pas de vraie vérité, pas de vie vivante, pas de voie qui mène en dehors de Jésus! Vous allez dire: « Et les autres « fondateurs de religions »? Et « le respect des autres » (obsession des chrétiens, surtout catholiques,  jusqu’à contrarier ou supprimer parfois notre Christianisme pour leur faire plaisir)?  Et c’est un apologiste (charisme qui arbitrairement n’est plus à la mode) philosophe Justin de Naplouse, toujours en Palestine, qui vous répond: « Tout ce qu’il y a de bon et de vrai dans les autres « religions » n’est qu’un rayon du Soleil qu’est le Christ » (aussi Clément d’Alexandrie, Protepticus IX).

Il ne s’agit pas seulement du Christ, maître, modèle, et « principe » de notre vie spirituelle, dans l’intimité de nos cœurs. Vraiment, le Christ est le fondement ou plutôt la source de la vie humaine harmonieuse, y compris de la vie sociale, familiale, conjugale, civile, politique, locale et internationale. Que voulez-vous de plus beau que sa prédication et son exemple dans le rejet absolu de la violence, surtout celle théocratiquement pratiquée au nom de Dieu? Que voulez-vous de plus beau que l’égalité entre homme et femme: dans la nature, le baptême et le mariage chrétien? Que voulez-vous de plus comme « valeur de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu », non seulement comme créature mais comme « enfant de Dieu »? Que voulez-vous comme meilleure définition du Dieu infini comme « Amour »? Que voulez-vous de mieux que l’élimination de la lapidation, de la peine de mort pour apostasie, de l’ablation de la main des (petits) voleurs (les grands s’arrangent toujours pour échapper aux sanctions, et même aux taxes)? Que voulez-vous comme rêve et comme réalité meilleurs que la Résurrection du Crucifié? Quelle maman souhaitez-vous plus belle que Marie, la Vierge-Mère? Que voulez-vous de meilleur que l’équilibre christique et évangélique unique rendant à « César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu« , qui permet aux chrétiens de vivre avec tous les régimes, contrairement à d’autres qui ne peuvent ni vivre ni laisser vivre, sans écraser les autres,  se renier ou s’avilir?

En Occident, on a voulu imposer, d’une façon peu démocratique, le laïcisme, « faisant volontiers couple avec l’Islam » (Mauro Faverzani). Ne « voulant plus du Christ et de l’Evangile », est-ce que le Coran, avec polygamie et guerre sainte, est plus « conforme » (comme le souhaitent certains dirigeants ou le font croire) aux siècles de lumière, surtout à la dignité de la femme et à la sécurité personnelle et nationale?

« Trop de bonté, mais où se trouve la justice? » (C’est un alexandrin) (Mt 20, 1- 16)

Vrai: le patron avait fixé un dinar avec chaque groupe d’ouvriers: il est certes libre! Mais quand même! Donner le même salaire à quelqu’un qui a travaillé une heure, exactement comme à celui qui a peiné toute la journée? Justice envers l’un, générosité excessive avec l’autre. Cependant, il faut compléter l’Evangile par l’Evangile: « A qui beaucoup a été donné, beaucoup sera demandé »!

Récemment, un document donnait trop de privilèges aux « migrants », souvent au détriment de la foi, la tradition, l’identité et la sécurité des citoyens qui les accueilleraient. Heureusement, le Pape François a clarifié qu’il faut accueillir « avec discernement et prudence », « d’après les possibilités du pays qui reçoit les étrangers », qu’on « doit intégrer », besogne difficile s’ils ne le veulent ou ne le peuvent pas.

Conclusion

De Jérusalem, de la Terre Sainte, du reste du Moyen-Orient, nous savons par expérience que « la vie, c’est le Christ », cette « vie abondante » que l’histoire nous a fait cruellement perdre. C’est un message fort, mais sans prétention et sans dictature, que nous entendons dire et redire à un Occident qui entend ou prétend trouver la vie « en dehors du Christ! Faut-il qu’il l’apprenne encore, malgré les martyrs de la Vendée et des milliers d’autres, à ses dépens, à ses risques et périls?

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