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Le 28ème dimanche A (année2017 A.D.)

Dieu prépare pour les peuples un banquet, pas une banque !

(Is 25, 6- 10 ; Philip 4, 12- 20 ; Matt 22 ; 1- 14)

(P. P. Madros)

Cette homélie est mal partie, avec un jeu de mots mal torché : banquet-banque!

Pas tant que « ça » ! Saint Paul, dans la deuxième lecture, écrit à peu près ceci, aux gens de Philippes (4, 12 ss), pauvres Grecs bien malmenés, au moins financièrement, encore aujourd’hui : « Je peux survivre dans la privation et je sais vivre dans la postérité ». L’original grec « tapeinousthai ταπεινουσθαι » « s’humilier, se priver », dénote l’humilité, l’humiliation, avec non seulement la privation, mais l’initiative de l’abnégation, du dénuement, ou, au moins, l’acceptation de l’indigence. Eh bien, oui, les peuples occidentaux sont de plus en plus appelés « à l’austérité » (souvent au bienfait des migrants et des réfugiés). Ces peuples occidentaux, de tradition chrétienne, quoi qu’on dise, n’ont pas besoin de banquiers, mais de « ministres » sacrés qui offrent, tout le jour et tous les jours, « le pain de la vie et la coupe du salut », dans le banquet eucharistique ! Fermer les églises sonne le glas de nations toujours plus affamées, mais refusant la nourriture céleste, de communautés toujours plus enlisées dans la chair, rejetant le cri de l’Esprit, de couples plus divisés que jamais et de familles décimées qui ont oublié le modèle de la Sainte Famille et le Christ « lumière du monde », le Vivant « Lui qui était mort » !

La prophétie d’Isaïe accomplie à la lettre depuis vingt siècles (Is 25, 6 s)

Il ne faut pas y aller par quatre chemins ! La prédiction isaïenne inspirée, d’un prophète hiérosolymitain par-dessus le marché, n’a pas trente-six mille interprétations : « Le Seigneur des armées (célestes, angéliques) préparera pour tous les peuples (s’il vous plaît ! Pour les infortunés et impurs goyim !) un banquet » ! Elle ne peut s’appliquer qu’à la dernière Cène, au Cénacle, dans la Ville Sainte où « vont accourir (verbe hébreu nhr נהר) tous les goyîm » (Isaïe 2, 2 s) ! Et ce banquet est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours par semaine, du lever du soleil jusqu’à son coucher » (Malachie 1, 11). Il n’est jamais fermé, surtout pas les dimanches ni les jours de fête ; bien au contraire ! Le banquet ! Voici ce manque dans beaucoup de religions où Dieu aime bien les gens, mais ne mange pas « avec eux », et ne se laisse pas manger par eux !

Le P. Chevrier disait : « Le prêtre est un homme mangé ! » Il est aussi et surtout « le père de famille qui donne à manger, en temps opportun ». Heureusement que la nourriture ne vient pas de lui (autrement, il y a belle lurette que nous serions morts de faim et de soif !), mais du Christ en personne, en chair et en sang !

Un peu drôle, ce petit roi de la parabole (Matt 22, 1- 14) !

Il invite au festin des noces de son fils. Or, « banquet » chez Isaïe se dit «  משתה-שמניםboisson  de graisses », et pour dire « noces » en araméen, cette langue utilise la même racine ; chth, « michtutha משתותא », boisson !

Alors, le roi envoie ses messagers appeler les invités, lesquels se comportent mal : non seulement ne se sentent-ils pas honorés de l’invitation royale, mais ils se permettent de frapper, voire tuer, les messagers ! Folle arrogance ! Le roi, réaliste, se contente d’un palliatif : au lieu d’invités distingués et chiquement habillés, qu’on amène n’importe qui au festin et que la fête commence !

Or, continue l’évangéliste Matthieu, le roi entre à la salle du festin et remarque un homme (au singulier) qui ne porte pas la robe nuptiale ! Ne crions pas au scandale, plutôt cherchons à comprendre ! Tout de même, Sire, ces braves gens ont été « ramassés à la pelle », pêle-mêle. Vous aviez besoin de nombre, non de qualité (l’élite vous ayant joué un mauvais tour !)

Les PP. Lagrange et Durand avaient déjà vu la solution : au fond, saint Matthieu a mis ici ensemble deux paraboles différentes et distinctes. Autrefois, il n’y avait pas de paragraphes pour distinguer et différencier.

La première parabole finit avec : « Et la salle de festin se remplit de convives ».

Tout de suite, commence, sans ponctuation ni nouveau paragraphe, la deuxième parabole. L’évangéliste ne sent pas le besoin de répéter le même prélude : « Un roi fit un festin en l’occasion des noces de son fils. … Il entra voir les convives et voici que l’un d’eux (le malheureux impoli !) ne portait pas la robe nuptiale… ».

Conclusion

Avec le rite byzantin, nous pouvons chanter :

            « « Tον νυμφώνα Σου βλέπω, Σωτήρ μου, κεκοσμημένον

και ένδυμα ουκ έχω, ίνα εισέλθω εν αυτώ˙

λάμπρυνόν μου την στολήν της ψυχής,

Φωτοδότα, και σώσον με ».

« Je vois Ta chambre nuptiale décorée, ô mon Sauveur ! Mais je n’ai pas de robe pour y entrer ! Eclaire et purifie donc le vêtement de mon âme, Toi qui donnes la lumière, et sauve-moi ! » Amen !

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