Homélie

arالعربية

Le 32ème dimanche A (année 2017 A.D.)

Une drôle d’interprétation !

(Matt 25, 1- 13)

(par P. P. Madros)

Une ouverture catholique affective émotionnelle

Par rapport au Protestantisme ou à l’Islam, beaucoup de Catholiques font preuve d’une ouverture émotionnelle, sans toutefois connaître les réalités historiques et actuelles de l’autre partie, ainsi que ses véritables positions. En effet, depuis un demi-siècle, des Musulmans s’intéressent au Nouveau Testament, surtout  pour le critiquer et le trouver en défaut, ou bien pour y dénicher la confirmation de pratiques judéo-islamiques comme la polygamie.

 

Interprétation du sheikh Chaa’raoui de la parabole des dix vierges

Il s’agit d’un exemple typique d’interprétation fantaisiste, inconnue des chrétiens, en particulier en Occident. Or, le vrai dialogue consiste à « connaître objectivement » l’autre, sans se contenter d’une charité sans vérité. Les sourires, les réceptions, les repas  en commun ne suffisent pas à réduire l’hostilité, quand on ne va pas jusqu’au fond du problème, à savoir les textes « sacrés » violents et hostiles.

Bref, voici  l’explication de Chaa’raoui : « (Les vierges) qui étaient prêtes (avec de l’huile dans leurs lampes) entrèrent avec lui (l’époux)  dans la salle des noces, et la porte se referma », donc que fait-on derrière une porte fermée, sinon l’acte conjugal ? Donc nous avons ici un exemple de polygamie dans l’Evangile » !!!

Ici commence le vrai dialogue

Quand nous, Catholiques, « ne cherchons pas à comprendre », ni à savoir, nous restons loin de la réalité. Partant, la coexistence devient plus difficile, puisqu’elle se base sur l’incompréhension.

Quoi répondre ? Mais avant de le faire, signalons que l’entente donne le bienfait d’une existence plus harmonieuse ou plutôt moins problématique.

D’abord, il s’agit d’une parabole, pas du tout d’un enseignement formel de Jésus. Le mariage en question peut bien être des noces juives que Jésus évoque à ses contemporains, selon les coutumes de l’époque et du lieu.

Deuxièmement, le Coran même concède aux chrétiens de l’interpréter : « Que les gens de l’Evangile jugent selon ce qui a été révélé en Lui » (Coran 5 : 47). Ici, nous avons cité le Coran, non comme Parole de Dieu, mais comme seule autorité reconnue par l’interlocuteur musulman.

Troisièmement, les « vierges » en question ne sont pas des épouses, pas même de seconde classe. Ce sont des accompagnatrices de l’Epouse. Elles entrent, non à la chambre nuptiale, mais à la salle de célébration, ouverte aux invités, et fermée devant les vierges folles.

L’Evangile s’expliquant par l’Evangile, nous connaissons la doctrine limpide de Jésus sur l’unicité  et l’indissolubilité du mariage. Aucun besoin de rappeler cette position et ces textes.

Conclusion

Deux leçons : une interreligieuse. Elle nous enseigne que l’ignorance des véritables positions de l’autre « n’arrange pas les choses », bien au contraire ! Il ne suffit pas d’aimer et d’accueillir, il faut savoir ce que l’autre pense et fait. Par exemple, à propos de l’université islamique de Al Azhar au Caire, dont le président vient de rencontrer le Pape François, il faut savoir que cette institution n’a rien changé de ses programmes scolaires et universitaires, n’enlevant aucun texte négatif à l’endroit des « Nazaréens ».

La deuxième leçon est spirituelle et morale : Ayons toujours nos lampes allumées, dans la pénitence et la vigilance, parce que nous ne savons jamais quand l’Epoux reviendra !

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