Christ-Roi

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La fête du Christ-Roi A (2017 A.D.)

Triomphalisme catholique ou « joie du salut » ?

(Ezech 34, 11 s ; 1 Cor 15, 20- 28 ; Mt 25, 31- 46)

(par P. P. Madros)

« Elle fut instituée par le Pape Pie XI le 11 décembre de l’Année sainte 1925, comme une arme spirituelle contre les forces de destruction à l’œuvre dans le monde, qu’il identifiait avec la montée de l’athéisme et de la sécularisation.

L’année 1925 était aussi le seizième centenaire du premier concile œcuménique de Nicée, qui avait proclamé l’égalité et l’unité du Père et du Fils, et par là même la souveraineté du Christ. »

 

Des catholiques qui protestent!

Nous avons appris la contestation de Nanterre! Le système « laïc » pousse à tout remettre en question, ou plutôt tout ce qui est chrétien et en particulier catholique : la crèche, le crucifix, le calendrier et les fêtes chrétiens, une croix au-dessus d’une statue de Jean-Paul II (Si c’était un autre « Jean-Paul » pas de problème !)… Mais respect, honneur et révérence pour le ramadan, la hanoukah juive…Ici, nous supposons aussi que des Catholiques, ouverts, tolérants, accueillants, auraient des réserves contre cette fête qu’ils qualifieraient de « triomphaliste ». Le Christ-Roi, humm ! Et le respect des autres ? Car, contrairement au fameux dicton de Jean-Paul Sartre « L’enfer, c’est les autres », pour beaucoup d’entre nous, dans cette « allolâtrie » (adoration de l’autre), le paradis, c’est les autres, non seulement leurs personnes (ce qui serait acceptable même si peu réaliste), mais aussi leurs religions, leurs principes, leurs modes de vie et de faire qu’il faut toujours louer, approuver, préférer, promouvoir, et qu’il ne faut jamais critiquer ! D’ailleurs l’émigration massive, ainsi que les vagues de « réfugiés » (mot latin signifiant « fuyards ») nous prouvent que ce sont eux qui fuient l’enfer ou le purgatoire des « cultures » non chrétiennes.

Bref, clarifions nos idées ! L’ordre donné par Jésus d’évangéliser toutes les nations ne ressemble en rien à une conquête militaire. Le « règne du Christ » n’est pas de ce monde (Jn 18, 36). Il n’entend écraser personne. Et « Lui servir, c’est régner ». Servir ? Non, Lui n’est pas d’accord. Il nous a déclaré (Jn 15, 9 s) : « Je ne vous appelle plus mes serviteurs, mais mes amis » (Le Coran dira le contraire (sourate 51 :56) : « JE n’ai créé les hommes et les démons que pour m’adorer, me servir » (double sens du verbe ‘abad en arabe, hébreu et araméen عبد، עבד).

Un chant « vieux jeu » : « Victoire, tu règneras ! »

Il paraît que les catholiques français ou francophones ne savent plus ou n’ont jamais appris le chant :

« Victoire, tu règneras ! Ô Christ, tu nous sauveras !

Rayonne sur le monde qui cherche la vérité,

ô Croix, source féconde, d’amour et de liberté ! »

Il n’y a jamais de contradiction entre la royauté du Christ et le respect des autres. Et si nous, les chrétiens, ne voulons plus le Christ (par « adoration » pour les autres !), alors quel autre choix avons-nous ? Plus question de Barabbas ! On est d’accord ! Mais alors : Bouddha, Mahomet (sera-ce l’avenir de l’Europe, au moins démographiquement ?), Confucius, Moon, Joseph Smith… ? La foi chrétienne est formelle : c’est Jésus, et lui seul, qui est l’incarnation du Verbe de Dieu, l’incarnation du Dieu-Amour.

 

Ezéchiel : Dieu est le Berger (34, 11 s)

En nous proposant cette lecture pour ce dimanche, la liturgie entend appliquer ce texte au Christ Roi parce que Berger, et Roi-Berger parce que Créateur (Jn 1, 1 ss).

Saint Paul aux Corinthiens : Christ Roi vivant et chef de file de la résurrection universelle (1 Cor 15, 20- 28)

Même les plus grands rois meurent. Massillon avait exprimé cette idée devant la dépouille mortelle du roi Louis XIV, « le grand », le « Roi Soleil » : « Dieu seul est grand ». Eh bien, Jésus est vivant ! Même Pilate qui voulait se payer la tête de Jésus et celle des gros bonnets de l’aristocratie du Temple, avait raillé le crucifié, se fichant royalement du peuple hébreu : « Jésus Nazaréen roi des Juifs » ! Et pour une fois, le bon Dieu a pris Ponce-Pilate au sérieux !  Le Procureur romain voulait jouer un mauvais tour, faire ce que Charles De Gaulle appellerait « une vilaine plaisanterie » ! Et voici que c’était tout simplement et crument  la vérité ! Sur la croix et au-dessus du tombeau vide, Jésus règne après avoir vaincu le plus grand ennemi de notre pauvre humanité : la mort !

Tirons tout de suite la conclusion, avant d’oublier, ou de passer à autre chose : en vivant, en transmettant la vie, en faisant et laissant vivre les fœtus, les bébés, les malades, les personnes âgées, nous chrétiens nous participons à la victoire du Christ sur « la culture de la mort » ! (Ne comptez pas sur nous les curés célibataires pour vous aider dans cette mission  de procréation démographique !) Or, les peuples « de tradition chrétienne » semblent les moins enthousiastes à transmettre et à conserver la vie ! Trop de « disciples » du Vivant n’aiment pas la vie ! Et ce n’est pas la mairie de Londres qui va favoriser les activistes de la vie, en interdisant leurs vigiles devant les cliniques de l’avortement , pas plus que des « activistes » italiens anti-vie comme Pannella et Bonino !

Saint Paul continue : quand il se déchaîne, pas moyen de l’arrêter ! « De même que tous meurent en Adam, tous seront vivifiés en Christ », chef de file de l’armée de la vie (grec taghma τάγμα). Jésus nous fait revivre, non seulement au dernier Jour, mais déjà maintenant en nous faisant vaincre le péché, source de la mort spirituelle, source d’homicides et de génocides ! Le Christ Roi ne veut pas nous assujettir (personne n’est plus libre qu’un chrétien ! Il suffit de voir le monde musulman). Jésus veut que nous assujettissions nos instincts au lieu de nous laisser asservir par eux : la sensualité, l’agressivité, la violence, l’égoïsme.

Le Christ Roi parce que Juge souverain (Mt 25, 31- 46)

L’évangile de cette fête nous dit que c’est Jésus qui « reviendra en grande gloire, pour juger les vivants et les morts ». En arabe, le même verbe « hakam حكم » signifie : gouverner et juger, l’autorité judiciaire faisant partie intégrante du gouvernement. Nous pourrions, avec une boutade, dire : « Vous pouvez courir ! D’ici au Jugement dernier, on a  le temps ! Et puis, on ne sait jamais ce qui se passe après la mort ! » Jésus a une réponse inattendue : le jugement du Christ se fait maintenant et ici, partout et toujours : à l’intérieur de chaque personne, la conscience donne le verdict de Jésus ! Voici les paroles du Christ : « C’est maintenant le jugement de ce monde (grec « κρίσις krisis, crise) ; maintenant le Prince de ce monde sera jeté dehors ; et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous à moi » (Jn 12, 31- 32).

Conclusion

Ô Christ Roi, attire-nous tous à toi ! Peut-être pas tout de suite au paradis (certains parmi nous ne sont pas pressés !), mais à ta croix glorieuse et victorieuse (« quoi qu’on die ! »), ou à Toi, tout court : à ta grâce, à ton amour, à ta pensée, à ta conduite, à ta paix. Dans la nécessaire et continuelle victoire à emporter sur le péché, combat de tous les jours,  nous comptons sur la grâce de salut et de libération, obtenue « par le précieux sang », sur le Calvaire. « Grâces soient donc à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène sans cesse dans son triomphe ! » (2 Cor 2, 14).

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