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L’Ascension et le 7ème dimanche de Pâques A (année 2017 A.D.)

« Mythe » de l’Ascension et réalité de la décadence !

(Ac 1, 1- 11 ; Mt 28, 16- 20 ; Ac 1, 12- 14 ; 1 P 13- 16)

(par P.P. Madros)

Franchement…

Que de doutes dans nos têtes, parfois, quand nous lisons les textes évangéliques sur l’Ascension de Jésus ! Attention : le cardinal Newman nous rectifie : « Mille difficultés ne font pas un seul doute ». Notre bon sens et celui de la foi éclairée et éclairante ne nous permettent pas de douter de Jésus ! Sa personnalité unique, sa doctrine inimitable et splendide (base de « la civilisation de l’amour » et des « droits de l’homme »), son comportement aussi doux qu’irréprochable désarment tout objecteur et récalcitrant. On a beau haïr Jésus : on ne peut que l’admirer !

Revenons à « l’histoire » de l’Ascension ! Ici, nous faisons « l’avocat du Diable » ! Elle est « de la petite bière » en comparaison avec sa résurrection, non seulement attestée par ses apôtres, jusqu’à « en mourir » martyrs, mais aussi confirmée par son tombeau vide, son cadavre introuvable et même, paraît-il, par des preuves tangibles, par exemple dans le saint Suaire de Turin. Il y a plusieurs vidéos sur You-tube qui expliquent la singularité du phénomène de la résurrection. Votre serviteur avoue n’y avoir rien compris ou presque, ayant toujours été une nullité en physique et mathématiques…

L’occasion est bonne pour avertir d’éventuels « apostats » qui passeraient volontiers à d’autres « religions » sous prétexte de l’invraisemblable dans l’Ascension de Jésus. Pas question, pour autant, de devenir musulman : l’Islam croit en l’ascension de Mahomet, attestée seulement par un verset problématique dans le Coran 17, 1, et, chose étrange, le texte n’est pas du tout cité dans les inscriptions anciennes du Dôme du Rocher, censé être le site de l’évènement. Pas davantage question, pour un chrétien à l’eau de roses, de revenir au Judaïsme où Hénoch et Elie se trouvent installés au ciel, le premier enlevé mystérieusement, l’autre emporté dans un chariot. Il ne faut pas trop poser de questions sur le destin du chariot après avoir déposé Elie qui ne s’était pas gêné de tuer les prophètes de Baal, « par zèle pour le Seigneur des armées ».

L’homme moderne ne devrait plus formuler d’objections contre l’Ascension de Jésus depuis qu’il y a eu des hommes et des femmes envolés dans des Zeppelins, des Montgolfier, des avions et aujourd’hui jusqu’à la Lune ou Mars…

Enfin, l’Ascension corporelle de Jésus n’est presque rien en comparaison avec la hauteur, la sublimité et la transcendance de Sa conduite et de Ses enseignements. Il suffit de considérer un « Aimez vos ennemis » pour comprendre que vous vous trouvez déjà, avec Lui et grâce à Lui, « au plus haut des cieux » !

 

Suivons de près Saint Luc dans Actes 1, 1- 14

Le « bien-aimé médecin » s’adresse à un personnage de poids : «Ô Théophile », « ami de Dieu » : enfin un « …phile [1]» honorable, « excellent » (cf  Luc 1, 3), bon, aimable et au-dessus des soupçons ! Luc a choisi une personnalité notable pour lui transmettre le message sur Christ. Il met cette connaissance et cet « atout » au service de l’Evangile !

« J’ai consacré mon premier livre… » : le troisième évangile. Et, pour ne pas avoir de malentendus, il y a un seul Evangile, annoncé par quatre évangélistes. Une autre vidéo prétend que « le Vatican a caché » les « évangiles » apocryphes, surtout gnostiques ! Il n’en est rien. Le texte intégral se trouve non seulement dans les bibliothèques (aussi des universités catholiques) mais aussi  dans des publications d’auteurs et de commentateurs catholiques, par exemple sous le titre « La bible que Dieu n’a pas écrite ! » Et l’Eglise n’a rien à cacher, même si ces  livres-là (« évangiles, actes, lettres, apocalypses…) ont été libellés « apocryphes », mot grec qui signifie « cachés » !

« J’ai consacré mon premier livre à tout ce que Jésus a fait et enseigné » : inutile de chercher une imitation du Christ et de sa doctrine, ainsi que de sa conduite, dans toute l’histoire avant et après Lui ! Cette affirmation ne relève pas d’un fanatisme triomphaliste mais d’un réalisme objectif fondé sur une comparaison honnête.

« Il était apparu à ses disciples (après sa mort et résurrection) pendant quarante jours » : l’équivalent du temps où il avait jeûné.

« Il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père y avait promis », la descente de l’Esprit Saint. Dans le monde arabe et oriental, et dans le dialogue avec les musulmans, il est capital de relever  qu’il ne s’agit nullement ici d’une prophétie sur Mahomet pour la bonne raison que Jésus a demandé à ses disciples  « de ne pas s’éloigner de Jérusalem » (ils ne sauraient y rester six cents ans !) et la promesse du Père, et du Fils, c’est l’Esprit-Saint qui ne tarderait pas : une dizaine de jours, à la Pentecôte (Actes 2, 1 s).

« Réunis, les disciples l’ont interrogé ainsi : ‘Seigneur ! Est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » Quand même ! Au bout de trois ans de « séminaire », d’enseignements, de miracles, le « comprenoir » des disciples reste épais ! C’est toujours le rêve de beaucoup de Juifs qui ne reconnaissent pas Jésus comme Messie, ainsi que celui de judéo-nazaréens apostats qui auraient fondé l’Islam (d’après Gallez) ! Les pauvres apôtres, encore sans Saint-Esprit, n’ont pas encore saisi ce que Jésus avait déclaré à Ponce-Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36).

« Il leur dit : ‘Vous serez alors mes témoins à moi » : dans l’original grec, on lit « μου μάρτυρες », « de moi les témoins ». Jésus non seulement s’approprie les paroles de Dieu-Yahweh au peuple hébreu (I 43, 10 – 12) [2], mais utilise, en araméen, traduit en grec, une formule plus emphatique : « De moi les témoins ». Le témoignage apostolique et chrétien se fonde sur la résurrection du Christ, par des témoins oculaires. Le « témoignage » ou « chahadah » judéo-islamique est pour un Dieu invisible (cf. le fameux « Ecoute Israël » en Dt 6, 4 s). [3]

« Une nuée le déroba à leurs yeux » : ce n’est pas un prétexte pour que les chrétiens vivent dans les nues ! Le Père Duval chantait : « Ô vous qui cherchez le bon Dieu dans les nuages, vous risquez de manquer son dernier passage ! »

Les anges dirent : « Pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel, hommes de Galilée ? » Un commentateur français fort sympathique écrivait : « Les anges leur dirent à peu près ceci : ‘Pourquoi rester là, les gars, le nez en l’air ? Votre tâche est à vos pieds ![4] »  Excellent conseil évangélique qui va faire éviter aux apôtres un torticolis qui ne risque plus de devenir chronique ! Ils se mettent en route vers le Cénacle, lieu de la dernière Cène. La rencontre avec la Mère de Jésus, bientôt Mère de l’Eglise, prépare la descente de l’Esprit Saint. Notons la formule : « Ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement (paraît-il propriété de Marie maman de Jean-Marc) : Pierre, Jean ; Jacques… d’un même cœur assidus à la prière, avec quelques femmes et Marie, la Mère de Jésus, et avec ses frères ». Il ne fait pas mal de répéter que ce sont les apôtres qui sont en compagnie de la sainte Vierge (et des saintes femmes) et non vice versa ! Deuxième remarque, même si le texte parle des « frères de Jésus », il ne dit jamais « Marie la Mère de Jésus et de ses frères » !

Autres consignes de Jésus avant son Ascension (Mt 28, 18 – 20)

Nouvelle assertion de sa divinité, elle est parallèle à sa déclaration sur la nécessité de Lui rendre témoignage : « Tout pouvoir m’a été donné (passif théologique) au ciel ( ! Or, il n’y est pas encore monté !) et sur la terre (il va bientôt la quitter !) ». Conclusion de ce pouvoir divin : le devoir de diffuser la bonne nouvelle à tous les peuples[5], toutes les nations, y compris les détestables « goyim », afin de leur « donner le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).

 

Conclusion

Et pour notre vie spirituelle ? D’un côté, il est un peu compréhensible que nous ne soyons pas toujours « à la hauteur » de la sublimité du Christ et de l’Evangile ! De l’autre, il est absurde et cruel que des peuples « de tradition chrétienne » votent des « lois iniques », contre le couple, la vie, la nature, la morale… que d’autres peuples n’approuveraient jamais  Quelle honte !

Que le bon Dieu ait pitié de nous et qu’il nous donne la grâce de réaliser ce que nous déclarons dans toutes les messes, dans tous les rites : le prêtre ou l’évêque nous exhorte « Elevons nos cœurs ! » Et nous répondons sans sourciller : « Nous les tournons vers le Seigneur ! » Dans le rite byzantin, l’audace est plus prononcée et plus « impériale » : « Les voilà chez le Seigneur ! »

Eh bien ; ainsi soit-il !

Et bonne fête de l’Ascension, qu’elle soit chômée ou pas !

[1] Par exemple « xénophile », « ami de l’étranger », parfois aussi mauvais, dans son excès suicidaire,  que le « xénophobe », « qui a peu de l’étranger ». Ronsard, déjà au XVI ème siècle reprochait gentiment à sa Patrie : « Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers »

[2] Oracle que la branche principale de l’organisation des « Etudiants de la Bible » s’appropriera indûment pour se l’appliquer en s’appelant « Témoins de Jéhovah », dans leur réunion de Columbus, Ohio, en 1931.

[3] Il est prouvé, historiquement et archéologiquement,  à partir aussi du Dôme du Rocher, que la seconde partie de la « chahadah », témoignage-profession de foi islamique, sur « Mahomet messager d’Allah » a été ajouté plus tard, au moins après le règne d’Abdoul Malek ben Marwan.

[4] Bien que cette phrase ait été citée dans des homélies précédentes, nous la citons de nouveau, non sans délectation joviale !

[5] La traduction falsifiée des Témoins de Jéhovah rend ainsi le verset : « Faites des disciples des gens  (=de personnes) de toutes les nations ». Cette manipulation a été effectuée à cause de leur petit nombre. Dans le suite, ils ne font de la troisième Personne de la Sainte Trinité qu’un « esprit saint » deux fois minuscule !

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