Amitié, famille et hospitalité

(Gn 18, 1-10 a; Lc 10, 38-42)

(par P.P. Madros)

l’Evangile d’aujourd’hui (Lc 10, 38-42): l’hospitalité et « les grandes amitiés »!

Elles commencent à Béthanie, de l’araméen Beit ‘anyya ענייא בית, la « maison des pauvres »; or, « un ami fidèle est un refuge constant; qui le trouve a découvert un trésor » (Siracide 6, 14). Un enfant, délaissé par sa génitrice, chantait: « Une maman, c’est la tendresse; une maman, quelle richesse! »

Jésus, à l’œil pur, donc au corps éclairé, « aime » Marthe et Marie ainsi que leur frère Lazare. « Tout est pur pour les purs! » « Honni soit qui mal y pense! » Rien de mauvais, rien de pathologique! Jésus ne cache pas son affection pour le brave copain et ses deux sœurs. Rien de secret; rien de louche! Une fois de plus, pureté ne signifie pas puritanisme. Sans cérémonies, sans péripéties, Jésus se présente et s’installe. Contrairement aux rabbins de son époque (paraît-il), il serre la main des deux sœurs amies. Il est le bienvenu ou, mieux, comme on dit en hébreu « il est béni, lui qui vient » au nom du Seigneur ברוך הבא . Il est « le Béni » par excellence, étant le Messie. C’est en répondant par l’affirmative à la question du grand-prêtre à propos du Messie béni que le Nazaréen se fera condamner à mort. Comme les frères Dupont ou Dupond, « je dirais même plus »: il est, comme Verbe de Dieu, le Seigneur, le Béni, le Saint, béni soit son Nom, formule rabbinique si chère aux Juifs orthodoxes en parlant de l’Eternel הקדוש ברוך הוא, fidèlement reproduite par la formule « islamique »: « Il se bénit et s’élève » tabaaraka wa-taala تبارك وتعالى . Mais Juifs et Musulmans ne sont pas d’accord avec nous: pour eux, Jésus n’est qu’un homme; et pas nécessairement « béni » dans beaucoup de textes talmudiques…

Jésus initie l’ère des belles amitiés: innocentes et désintéressées. Jusqu’à ce jour, elles sont inconcevables en général dans la mentalité sensuelle du désert arabique. Probablement, les pharisiens et les rabbins du temps de Jésus s’éloignaient des femmes, sauf de leurs mères, sœurs, filles ou épouses. Celles-ci arrivaient en dernières, ne vous en déplaise, puisque leur parenté ne venait pas du sang généalogique et qu’elles étaient malheureusement candidates à la répudiation, pour un oui ou pour un non (d’après Hillel) ou « pour une cause honteuse, comme l’adultère » (pour Chammaï). Toujours est-il qu’on ne trouve nulle part, en parcourant l’Ancien Testament hébreu, des cas « d’amitié » entre hommes et femmes qui n’aboutissent pas au mariage.

Précisément, ce modèle d’amitié de bienveillance, entre hommes et femmes, a marqué l’excellence de la civilisation chrétienne et a accéléré le progrès des nations qui ont accueilli le Christ et reçu l’Evangile, en contraste avec les autres peuples qui, jusqu’à maintenant, se posent mille problèmes, établissent mille tabous, restrictions et handicaps, confinant les « femelles » à la maison, avec mille et un complexes, non sans hypocrisie. Dans la « vie apostolique », la sainte convivialité semble avoir commencé « pendant la fraction du pain » et les agapes fraternelles, c’est-à-dire à « l’église », où hommes et femmes, en toute pureté, priaient les uns à côté des autres sans arrière-pensées ou « pensées stupides » « dumme Gedanken », comme diraient les Allemands. Sous influence chrétienne, certaines synagogues en Occident ou même en Terre Sainte voient une assistance mixte. Pour les mosquées, il faudrait attendre quelques siècles, sauf peut-être aux Etats-Unis.

Attention! Cela ne signifie pas que les chrétiens sont purs, et les autres non! Ceci veut simplement dire que Jésus nous a donné une nouvelle manière, transcendante et splendide, de regarder l’autre sexe comme « égal, semblable », selon l’esprit de la Genèse, mais aussi comme « temple du Saint Esprit », dans la fraternité entre les deux sexes qui n’ont pas seulement une fonction conjugale et procréatrice mais aussi d’harmonie, de coexistence et de complémentarité, dans l’entraide.

Une autre belle leçon spirituelle: en faisant la cuisine pour nos hôtes, il ne faut pas les oublier, eux! Au niveau spirituel: trop souvent, nous faisons des activités « pour le Seigneur » mais parfois nous nous noyons tellement dans ces activités que nous oublions le Seigneur, un peu comme Marthe. Cet oubli se voit dans beaucoup de nos écoles (au fond, pourquoi les avons-nous fondées?), nos établissements, surtout quand nous avons éliminé la prière et les symboles chrétiens (pour honorer les autres!) Pendant des décades, dans des écoles « catholiques » au Moyen-Orient (vague!), il y avait tout sauf le catéchisme! Donc, le plat sans Jésus!

Famille et hospitalité (Gn 18, 1-10 a)

Abraham reçoit trois hommes, mais s’adresse à eux au singulier. Drôle, n’est-ce pas? Certains chrétiens en ont fait un plat: figure de la Trinité!

Avec la permission des lectrices et des lecteurs, cette homélie se veut examen de conscience, après le Synode sur la famille et « Amoris laetitia » sur l’unité et l’harmonie de nos familles catholiques (ou chrétiennes en général) et sur l’hospitalité. Le point de départ de cette priorité dramatique est un ouvrage récent qui analyse le passage à l’Islam de onze jeunes femmes françaises parce qu’elles auraient été impressionnées et touchées par la beauté de familles musulmanes en France ainsi que de leur hospitalité. A juste titre, l’Osservatore Romano, porte-parole du Vatican, insiste sur l’importance du magistère des papes, surtout François, sur la famille chrétienne.

Nous avons donc un petit « mea culpa » (« c’est ma faute ») à battre. Comme catholiques, nous y sommes les plus grands spécialistes, puisque nous sommes les seuls à le faire. Mais cette fois-ci, « cela est juste et bon ». Ces onze jeunes (entre 26 et 36 ans) pauvres demoiselles (ça n’existe plus?) ou dames (en Islam, de dames il n’y a que les prophétesses, les femmes et filles de Mahomet) venaient, paraît-il, de familles divisées, de couples divorcés, de familles « glaciales », ou de « foyers » éteints, sans feu! Le rapport nous dit qu’elles étaient « agnostiques » (dont jamais expérimenté l’amour du Petit Jésus ou la tendresse de la Sainte Vierge) ou « catholiques », mais alors simplement de nom. Leçon spirituelle et morale: revenons à la famille chrétienne: unie, harmonieuse, indissoluble, cordiale, accueillie par la communauté et accueillante.

Si vous voulez bien, nous pouvons dire tranquillement, que ces pauvres jeunes femmes ne sont pas « tombées » sur les belles familles catholiques de France! Elles n’ont décidément pas de chance, pour parler comme les païens! Les excellentes familles, ça court les rues! Elles n’ont pas vu les informations de la « Manif pour tous »! Il est vrai que les mass médias, pertinemment baptisées « Lugenmedien » « médias des mensonges », ont sciemment diminué des trois quarts le nombre des participants, mais quand même!

Ces onze dames n’ont décidément pas rencontré des familles chrétiennes orientales, de langue arabe ou syriaque, en France.(Il semble que le gouvernement n’ait pas voulu de réfugiés syriens chrétiens sous prétexte de leur fidélité au régime) Nos mamans et nos autres hôtesses orientales chrétiennes sont pires que Marthe: elles obligent presque les hôtes à s’ingurgiter (excusez l’expression) beaucoup plus qu’ils ne voudraient! Comme s’en plaignait Harpagon: « Vous voulez les assassiner à force de mangeailles? » Et de divorce, il s’agit très peu chez nous. Nous allons revenir à ce point. Les liens familiaux chez nous, chrétiens orientaux? Très forts, parfois trop! Un prêtre avertissait une Allemande lors de son mariage avec un cousin à lui : « Fraeulein, vous épousez là toute une famille! Tout le monde vous chérira, et vous devrez ménager tout le monde! »

Les apparences trompeuses

L’impression sur l’harmonie de certains foyers musulmans en France –chez les onze jeunes femmes en question- est, fort fâcheusement, partielle et ne représente aucunement la « famille » coranique ou islamique! Si, dans l’Hexagone, les Musulmans, au masculin, sont monogames (bien qu’au su et au vu des autorités, des milliers de polygames existent), ce fait de la monogamie n’est pas islamique mais typiquement chrétien et catholique, quoi qu’en disent les « laïcs » fanatiques! Si les maris musulmans en France ne répudient pas leurs femmes, ce n’est pas davantage le mérite de l’Islam mais bien malgré lui. D’après le Coran, le mari a le droit non seulement de battre mais aussi et surtout de répudier sa ou ses femmes, même oralement (Coran 4, 34-35; et 2, 28 s, et chapitre 33). La jurisprudence islamique, en dehors du Coran, a octroyé à la femme le pouvoir « d’arracher » ou « de déraciner » son mari خلع . Sept siècles avant l’Islam, Notre-Seigneur avait rejeté cette double injustice, du mari qui répudie sa femme (chez les Juifs) et de la femme qui éloigne son mari (chez les païens): en effet, dans ces cas, trop fréquents hélas, la partie se constitue en juge.

L’Arabie, berceau de l’Islam, détient jusqu’à maintenant le pourcentage le plus élevé et le plus invraisemblable de divorces et le nombre le plus inimaginable des membres du harem, toujours d’après le Coran qui a limité le nombre des épouses (femmes libres) à quatre mais n’a mis ni limites ni restrictions aux prisonnières de guerre ou concubines « à posséder de la main droite » (Coran 4: 3)..

Absurde phénomène pour des « chrétiennes », surtout au féminin: celui d’être « édifiées » par des familles musulmanes! Mea culpa! Nous avons souvent trahi, déformé et dégradé le mariage chrétien! « Nous n’avons pas volé » ces transitions douloureuses.

Il faut espérer que ces onze jeunes restent en France et ne partent pas, pour « tuer et se faire tuer » (fidèlement au Coran 9, 111), en Syrie et en Irak où le tiers des djihadistes féminines françaises sont des « converties »(le double des jeunes hommes passés à l’Islam et combattant « pour le calife »).

Conclusion

Nous avons constaté la différence abyssale parfois entre Christianisme et chrétienté. Gandhi faisait aussi la distinction. Paradoxalement aussi, il y a différence entre islam et certains Musulmans. En tous cas, ces faits tristes d’abandon du Christianisme devraient nous faire réfléchir et revenir à nos sources: à notre Christ et Evangile. Les familles musulmanes qui ont indûment impressionné les onze jeunes dames suscitent en nous la honte.

Mais « l’analphabétisme religieux » (Benoît XVI) de ces onze jeunes femmes est encore plus abyssal: elles ne savent rien de rien de Jésus, de l’Evangile, de la beauté du regard de Jésus précisément sur la femme. Elles n’ont jamais su que « Dieu est amour », ce que l’Islam ne dit jamais! Elles n’ont jamais su qu’elles sont « amies de Jésus », « filles » de Dieu et non Ses « esclaves » ou, pire, les esclaves de ses esclaves.

Leur ignorance est complète sur l’Islam lui-même: le Coran et ce qu’il dit de la femme; les Biographies de Mahomet, les Traditions ou hadiths…rien que sur la femme qui, d’après la Tradition hadith, est « déficiente en raison et en religion »: ignorance parfaite que peu de personnes honnêtes et courageuses peuvent guérir…

Avec les cas de plus en plus nombreux de djihadistes « convertis », voici les fruits amers et mortels, d’un côté, de l’école laïque, et, de l’autre côté, de la prédication et de la catéchèse à la légère, où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Voici les résultats du manque de théologie fondamentale qui démontre « le génie du Christianisme », et de l’absence de l’apologétique: il est nécessaire de « défendre » oui défendre notre foi et notre espérance. Saint Pierre nous le demande explicitement: faire l’apologie défense du logos de la raison de notre foi (1 P 3, 15). Mais nous faisons la sourde oreille! L’apologétique est démodée!

En reconnaissant notre responsabilité, recherchons les brebis perdues ou plutôt essayons, par la prévention, le témoignage de parole et de vie, dans la prière, de « n’en perdre aucune »!

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