« Hébel » et « behalah »
La vie en un « souffle », l’épouvante dans la mort !  

Ecclésiaste 1, 1  « Vanité des vanités ! »
Le Psalmiste, certainement poète épique, qui a composé les psaumes 107 et suivants sur l’Exode, le séjour au désert, la monarchie et la chute du royaume hébreu, fait un admirable jeu de mots:  » Le Seigneur fit passer les jours (des Hébreux) comme un souffle (« hé bel ») ainsi se consumèrent leurs années dans l’épouvante »(« behalah »).

Le même « Hébel » , littéralement « souffle », inaugure le Livre de l’Ecclésiaste. Mot à mot : « souffle des souffles, et tout est souffle ».  Au fond, le divin « souffle » dans les narines d’Adam n’a pas beaucoup évolué: l’âme en hébreu et en arabe est « NFS » : « Nefech », « nafs » , souffle, respiration, comme étymologiquement le grec « pneuma », esprit. Le souffle est si fragile. Il s’arrête. Fini!
Cette vie est « vaine », fragile, éphémère (étymologiquement, du grec: pour une journée). En un souffle, 84 personnes meurent violemment à Nice, l’abbé Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray, dix jeunes à Munich. En un souffle de haine antichrétienne meurent leurs meurtriers.

Éphémère mais provisoire

Nous voyons ici l’absurde, le néant et « la nausée » de l’athéisme. A cause de la mort vue comme dernier mot et destin, la vie n’a pas de sens: elle reste irrémédiablement cruelle et absurde. Seulement dans la foi et l’espérance en l’au-delà, notre existence acquiert une signification digne de notre Dieu, de notre humanité et de notre aspiration innée à l’éternité .

Violence « absurde » des terroristes?
Non! Cette violence vient d’une profonde haine religieuse, oui religieuse, contre les « infidèles », les « apostats », les « kouffaar » en arabe et en hébreu, qu’ils soient athées (Coran 9: 29 à) ou chrétiens (Coran 9: 29 b). De nouveau, non, cher Père Untel: cette violence n’est pas fruit du hasard ou du déséquilibre psychique. Elle est significative: contre le Christianisme et, près de Rouen, contre les Chrétiens, surtout les Catholiques, et contre le sacerdoce chrétien.
Des prélats occidentaux se sont déclarés « étonnés , choqués  » du meurtre du pauvre Père Jacques. Nous les chrétiens de Jérusalem et du reste du Moyen-Orient, et de l’Afrique, nous ne nous étonnons de rien depuis le martyre de saint Jacques le Majeur jusqu’à l’assassinat à Baghdad de deux jeunes prêtres irakiens avec une cinquantaine d’autres victimes catholiques dans l’église « Notre-Dame de la délivrance » (est-ce un augure pour Marseille), et ceci un dimanche après le Synode pour les chrétiens du Moyen-Orient en octobre 2010.

Notre vie ici-bas: un souffle, mais après?
Notre paradis à nous, celui du Père Hamel, est l’éternel bonheur avec Dieu, les saints et les êtres qui ont été bons sur terre, bons mais pas bêtes. Par contre, le paradis pour Adeline K (le tueur du Père) et Mouhammed  Bouhlel ( celui de Nice) et des autres hommes violents pseudo théocratiques, c’est des « houris aux yeux noirs », des « vierges » « au regard modeste », « gentilles, du même âge » (autant d’expressions coraniques, avec force détails physiques et physiologiques, non métaphoriques). Ce que beaucoup de nos chers chrétiens et confrères occidentaux ne savent pas ( et on se garde bien de le leur dire) c’est que ces hommes violents et meurtriers suicidaires ne font qu’appliquer le Coran 9: 111: « Ceux qui combattent jusqu’à tuer, dans la voie d’Allah (expression typiquement hébraïque: bishvil ») tuent et se font tuer ». Et le seul moyen de garantir son salut, en Islam, est de mourir martyr. Donc nécessairement il faut se faire tuer, et beaucoup mieux en tuant. Ceci explique l’ardeur des djihadistes et bien d’autres musulmans à tuer et à se faire tuer. C’est bien la lettre et l’esprit du Coran, des Biographies et des Traditions dites hadiths.

Tuer le sacerdoce chrétien

Des Musulmans et des non musulmans ont tué des prêtres et des évêques, aussi des diacres, au cours de l’histoire. Les révolutions française et bolchevique n’avaient pas davantage épargné les ministres de l’autel. Notre dernier martyr, l’abbé Hamel, a joint son sacrifice à celui du Christ.
Mais tuer moralement le sacerdoce chrétien: c’est encore plus fréquent, et surtout plus subtil et, partant, plus dangereux et plus diabolique.
L’Islam au septième siècle affirme solennellement le sacerdoce de l’Ancien Testament dans la personne d’Aaron, maintes fois mentionnée dans le Coran.

Dans un premier temps, il loue les « moines et les prêtres » des Nazaréens, c’est-à-dire des chrétiens (Coran 5:83), un texte que  l’assassin Adel K n’a pas lu ou plutôt l’a compris exactement comme l’enseignent les docteurs musulmans antiques, autorisés et unanimes: ce texte a été abrogé par le verset du sabre (9, 29 b) et d’autres textes médinois. En effet, ceux-ci accusent les Nazaréens d’avoir mis « leurs pontifes et leurs moines » comme des divinités, en dehors ou en plus d’Allah! Excellente raison pour les tuer.
Malheureusement, le Protestantisme, dans la plupart de ses dénominations, a supprimé le sacerdoce chrétien, en éliminant le sacrifice de la Messe, et transformant ici ses ministres en rabbins croyants aussi dans le Nouveau Testament et qui expliquent un Livre.

Beaucoup de membres du clergé eux-mêmes ont tué le sacerdoce par leurs comportements négatifs inexcusables.

Conclusion
« Tout passe », sauf le Dieu Amour et l’amour de Dieu!

P.P. Madros

Illustration : le Martyre de saint Jacques de Boeckhorst Johann, Lange Jan (dit)

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