Le 19ème dimanche C
Fête du saint curé d’Ars

Foi, vigilance et délivrance
(Sag 18, 6-9; Hé 11, 1-2,8-19; Lc 12, 32-48)

Cette année, la fête du saint curé d’Ars se caractérise par une profonde émotion à cause du martyre d’un curé français égorgé par des islamistes soit de naissance, soit par »conversion », soit enfants de mariages mixtes désastreux pour la foi chrétienne et la vie. Saint Jean-Marie Vianney : un confesseur remarquable. Parmi les saints, Maxime le confesseur excelle. Or, rapprochement fortuit, un certain Maxime Hauchard, (de « Maxime », il ne lui reste que le nom) français de souche, passé à l’Islam, est l’un des  » convertis » djihadistes qui recrutent les militants-guerriers de l’Etat Islamique, dont au moins l’un des meurtriers du Père Jacques Hamel, Abdel Malik, ex adopté par la famille française Petitjean.
Au fond, chaque martyr est un confesseur: il professe sa foi par son sang aussi. L’Eglise ayant manifestement beaucoup de martyrs, un peu trop nombreux (en moyenne, un toutes les cinq minutes, et le 90 pour cent en pays musulman), elle a toujours besoin de confesseurs et, pourquoi pas, d’un peu de tranquillité et de répit!

Foi, vigilance, délivrance
Ces trois mots essaient de résumer le contenu des trois lectures, mais pas selon l’ordre. En effet, la première, de la Sagesse, parle de la délivrance de la nuit pascale hébraïque, vite devenue prototype et symbole du salut spirituel de toutes les nations en Christ, à travers le passage dans l’eau du baptême.
Malgré l’élévation théologique, morale et philosophique de ce Livre, rejeté du canon hébreu et, ensuite, protestant, l’on note quand même une certaine négativité contre les ennemis impies, en l’occasion le peuple pharaonique païen et persécuteur. Nous n’en sommes pas encore au « Père », pardonne-leur » que les chrétiens crient après chaque attentat et chaque génocide! Même à une cinquantaine d’années de la Nouvelle Alliance, l’auteur inspiré de la Sagesse ne semble pas pouvoir séparer « le salut des justes » d’une nécessaire « ruine des ennemis ». Il ne faut pas lui en vouloir: nous les chrétiens, on est bon, on est bon enfant et bon prince. Au fond, il n’écrit rien de faux: il en fut tout simplement ainsi: délivrance des Hébreux et catastrophe et noyade des Égyptiens.

Pourtant, il y a une tentation subtile pour nous : celle de NE nous considérer sauvés QUE si d’autres sont perdus, de n’être
heureux QUE si d’autres sont malheureux, de n’avoir raison QUE si d’autres ont tort; bref de NE vivre que si d’autres meurent. Une autre tentation aussi forte: celle de NE jamais aimer les autres QU’en nous haïssant nous-mêmes, de ne jamais accueillir les autres QU’en trahissant notre foi ou dénigrant notre Église. Deux extrêmes aussi blâmables: « L’enfer, c’est les autres », « Le paradis, c’est les autres »: la première devise dénote une haine mortelle, la seconde un amour aveugle et suicidaire.
D’aucuns pourront dire: « Avec ce commentaire, vous ne donnez pas l’essentiel de la première lecture, et vous êtes à côté de la plaque! » Eh bien, normalement et généralement, les prédicateurs catholiques commentent magnifiquement les textes bibliques sur l’Exode et son symbolisme, soit dit sans flatterie. Maintenant, être  » à côté de la plaque » nous arrive parfois, nous les curés, mais nos intentions sont toujours bonnes!

Hébreux 11: 1-19: la foi d’Abraham
Nous avons plus que jamais besoin de foi! Bien que rédigée en grec où le mot  » pistis » signifie confiance et crédibilité ( ou vice versa), la lettre aux Hébreux suppose,dans la tête de l’écrivain sacré, le terme hébreu « emounah », littéralement  » fermeté, solidité ». Oui, la racine sémitique et cananéenne « aman » signifie initialement: être ferme, solide, bien établi, d’où « Amen »!, « C’est du solide! » Voir aussi le jeu de mots en Isaie 7, 13 :  » Si vous ne croyez pas (littéralement: si vous ne vous établissez pas sur du ferme), vous n’allez pas être en sécurité (littéralement: vous n’allez pas tenir bon ». Notre arme pour la sécurité, même en France et en Allemagne, c’est, déclare l’archevêque de Rouen, « la prière » qui vient de la foi. Il faut absolument y ajouter la ferme connaissance qui éclaire l’amour et vice versa.

Donc, la foi, cher homme contemporain et cher jeune, n’est pas un acte absurde où non seulement on ne voit rien et on ne comprend rien, non, la foi surtout chrétienne ( sans offenser d’autres confessions) se fonde sur du solide, du ferme, de l’indéniable même historiquement: la vérité de l’existence de Jésus de Nazareth et la véracité de ses témoins-martyrs d’apôtres et de disciples, avec un coup de pouce de la grâce de l’Esprit Saint. Vous pouvez raisonnablement douter de l’identité d’Homere, jamais de celle de Jesus-Christ!

Fidélité et vigilance (Lc 12, 32- 48)
Jésus a toujours été d’une droiture, d’une intégrité et d’une clarté uniques. Il nous dit à peu près ceci: vous avez une mission, il faut bien l’accomplir; vous avez un devoir, il faut vous en acquitter d’une façon aussi parfaite que possible: en deux mots: « Soyez parfaits! » Pensant toujours à notre salut final et fin connaisseur comme nul autre de notre nature humaine, tour à tour faible et méchante, il nous fait peur! Attention, les enfants! Si vous vous laissez aller ( à la paresse, la débauche, la luxure, l’insouciance, le matérialisme…), vous allez mal finir. Le Maître, le patron, reviendra, et vous serez jetés dans les ténèbres extérieures, ou, si vous êtes Français,  » dans les oubliettes »: cela ne sera pas gai et pas davantage réparable ou passager!

Conclusion
Dans les guerres civiles, les attentats imprévus de terreur, nous sommes moins sûrs que jamais et plus certains d’être pris au dépourvu! Un ministre nous dit laconiquement de nous habituer aux attentats. Le Seigneur, seul Sauveur, nous demande d’être toujours prêts!

(Par P. P. Madros )

 

image_print
Designed and Powered by YH Design Studios - www.yh-designstudios.com © 2017 All Rights Reserved
X