Trouver et sauver « ce » qui était perdu!

(Luc 15)

En pleine « année de la miséricorde », voici le Seigneur qui nous donne trois paraboles, chiffre parfait, sur la clémence paternelle et maternelle de Dieu. Saint Luc, « le bien-aimé médecin », « le scribe de la douceur du Christ » (Dante), nous transmet ce message émouvant: en grec, bien sûr, mais il s’agit d’une langue qui reflète fidèlement les tournures et la mentalité sémitiques du Maître de Nazareth.

La drachme perdue!

Commençons par l’argent, pour l’expédier au plus vite! « Drachme » (monnaie de la Grèce jusqu’à l’euro) a donné en arabe « dirham », jusqu’à nos jours utilisé au Golfe. Bref, une brave femme, prise par mille et une occupations au foyer (certains hommes orientaux ne font rien sauf commander!), perd une drachme qui constitue une fortune pour l’infortunée! Elle « balaie toute la maison ». Précisément, « la Maison des Paraboles » à Taybeh, en Terre Sainte, nous illustre éloquemment la similitude dont Jésus se sert. Le dallage d’autrefois, avec ses courbes et ses points obscurs, rendait fort difficile de retrouver la monnaie ! Et la lumière laissait déjà à désirer pendant le jour, dans ces résidences dont beaucoup ressemblaient plutôt à des caves. Morale des « proverbes allongés » que le Seigneur veut nous inculquer: on n’apprécie vraiment que ce que l’on perd! Morale de la morale: en général, les peuples, « de tradition chrétienne », n’ont pas l’air de trop apprécier « la civilisation de l’amour », la liberté de conscience et de culte, l’égalité entre homme et femme, surtout dans le mariage monogame, la grâce de vivre dans un pays relativement « chrétien », l’Eglise « maison de Dieu »… Espérons qu’ils apprécient ces bienfaits avant de les perdre, avant d’être écrasés par des majorités non chrétiennes totalitaires. Mieux, prions pour que les enfants de l’Eglise ou plutôt du Seigneur qui les ont quittés « reviennent au Père », et à l’Eglise, mère, sans subir l’humiliation et l’avilissement des « bergers de cochons »! 

La brebis perdue!

Normalement, Jésus est réaliste! Cependant, dans les paraboles, note le P. Buzy, « il existe des anomalies ». Naturel, puisque le Maître veut donner une leçon, pas rapporter un fait à vérifier. C’est toujours un « machal », un exemple, une similitude, une analogie. Et les philosophes nous instruisent: « une analogie relève une similitude dans un (ou plusieurs) point(s) entre êtres simplement différents » (« secundum quid idem sed simplicter diversum »). Quitter 99 pour récupérer une seule brebis? Oui, on comprend le souci, la peine de perdre une seule brebis. Là, le Seigneur-Père, a autant de douleur que s’il en perdait plusieurs! Chacun de ses enfants compte, comme s’il était seul au monde. En fait, chaque être entre nous est unique (certains ne le savent que trop!) Nos parents le savent, mieux que nous.

Fort malheureusement, ô Seigneur, aujourd’hui c’est presque le contraire: une brebis au bercail et 90 dehors! En Italie, par exemple, la pratique religieuse a baissé de 45 à 25 pour cent, dans la dernière décade. En France, n’en parlons pas! Par contre, les brebis qui restent, remercions-en le Seigneur, le font par plus de conviction et d’engagement, même parmi les jeunes, en particulier ces beaux couples qui, par milliers, ont manifesté pour le couple, la vie, l’amour et la famille! Bref, pour le Christ!

L’enfant prodigue!

Facilement, un enfant prodigue est quelqu’un auquel les parents, « ont prodigué » bien des soins, le protégeant outre mesure et le gâtant! D’autres fois, c’est « la jeunesse qui n’a point vertu » qui prévaut, malgré une excellente éducation! L’église et la famille construisent; l’école (publique athée antichrétienne) et la mauvaise compagnie détruisent!

Au lieu de chercher inspiration dans les commentaires sur Luc 15 des Pères de l’Eglise et d’autres penseurs chevronnés, nous pouvons cette fois-ci nous attarder au problème gravissime de l’abandon de la foi, de la maison paternelle. Deux sortes d’abandon se signalent: abandonner l’église à cause des exigences des Dix commandements et du mariage chrétien. Le Pape vient de traiter la question, avec le maximum de miséricorde et de compréhension dans la « Joie de l’amour ». Abandonner la foi et l’église pour des « motifs intellectuels » qui se résumeraient ainsi : la foi chrétienne n’est pas raisonnable; elle est contre la science. Donc, l’athéisme et l’agnosticisme passent pour « intelligents », la foi pour « stupide »!

Le Dr Gray vient d’analyser ce dernier phénomène qui s’avère même chez des tout jeunes! « On » leur inculque, de toutes parts, que « l’Eglise s’oppose à la science » qu’elle est « obscurantiste », inquisitrice et rétrograde.

« Mentez mes amis mentez; il en restera toujours quelque chose » (Voltaire)

Ce philosophe anticlérical, devenu presque modèle pour tant de jeunes (qui ignorent, entre autres choses, sa position sur l’esclavage), n’a pas tort dans cette méchante invitation. Les gens sont crédules! Vous racontez n’importe quoi, vous trouverez des adhérents! Mais l’Eglise a pauvre presse! On lui casse constamment du sucre! Quoi? L’Eglise contre la science? Mais vous radotez! Rien n’est plus contraire à la vérité historique! Les premières universités ont été fondées par l’Eglise: celle d’Oxford par les Franciscains, s’il vous plaît! C’est les moines, l’Eglise en général, les clercs, qui ont fait pendant des siècles toute espèce de recherches, d’inventions et de découvertes, dans beaucoup de domaines de la science, de la littérature, des arts, surtout de la musique et de la peinture. Le cinéma? Invention d’un prêtre allemand… Quelques noms au hasard, sans ordre ni logique ni chronologique: Copernic, Cervantes, Occam… Le chanoine Francis Ripley a écrit avec raison: « Nul ne peut décrire adéquatement la contribution du sacerdoce chrétien, catholique, à la civilisation ». Ensuite, il donne une trentaine de noms d’évêques et de prêtres savants et inventeurs, en soulignant que la liste n’était pas exhaustive. De nos jours, nous avons au Vatican « le Conseil Pontifical pour la Science ».

Morale: la nécessité d’enseigner la véritable histoire de l’Eglise et d’informer sur son rôle dans les sciences.

Conclusion

La miséricorde divine est infinie et le discours sur elle interminable. Un peu comme le Père clément, prions pour le retour des enfants prodigues, désormais trop nombreux. Attendons-les avec patience; accueillons-les avec affection!  

(par P.P. Madros)

 

 

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